samedi 7 avril 2012

Balkanisation : La RDC toujours menacée

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US Marines


L’onde de choc du «syndrome malien» va toucher plusieurs coins du continent. Elle n’épargnera pas la RDC dont la situation sécuritaire s’y prête bien. La seule façon d’éviter à la RDC l’onde de choc malienne, c’est de prendre la juste mesure de ces grands défis, de réajuster la coopération bilatérale et multilatérale, surtout avec les Etats- Unis pour mieux exploiter cette présence de l’AFRICOM en Afrique.

Car, une fois de plus, il importe sérieusement de retenir cette vérité implacable : il n’y a pas d’Etat sans armée, il n’y a pas d’armée sans une administration efficiente. Le moment est venu de sortir des situations atypiques pour relever le défi de la sécurité.

L’onde de choc du «syndrome malien» va toucher plusieurs coins du continent. Elle n’épargnera pas la RDC dont la situation sécuritaire s’y prête bien.

L’Afrique est en ébullition. Cela au regard de ces actions politiques et militaires qui se succèdent à travers le continent. La plus éclatante demeure sans conteste le coup d’Etat du 22 mars à Bamako, capitale du Mali. Il s’en est suivi la proclamation «de l’indépendance de l’Etat de Azawad», coupant ainsi le Mali en deux.

Cette nouvelle forme de balkanisation est vue par des observateurs comme une porte ouverte au terrorisme international sur le continent noir. L’Afrique centrale est visée, avec comme cible principale la République démocratique du Congo.

Le général Carter F. Ham, chef du commandement militaire des Etats-Unis en Afrique, AFRICOM, vient de séjourner à Kinshasa. Il a eu des entretiens avec les autorités militaires et politiques dans le cadre de la coopération militaire qui lie son pays à la RDC.

Approché par la presse au terme de cette visite, le commandant de l’AFRICOM a réitéré l’engagement des Etats-Unis à soutenir les efforts de la RDC portant sur la réforme du secteur de la sécurité. Pour étayer ses propos, il a cité en exemple la formation du 391ème bataillon d’infanterie des FARDC déjà déployé en Ituri, dans la Province Orientale. Volet d’un programme de coopération militaire à long terme.

Mais il est un fait que cette deuxième visite de travail du commandant de l’AFRICOM à Kinshasa depuis qu’il a pris ses fonctions en 2011, intervient au moment où l’Afrique est confrontée aux problèmes sécuritaires récurrents touchant l’intégrité territoriale de beaucoup de pays. Le dernier cas en date est celui du Mali.

Ce pays vient d’être coupé en deux après un coup de force, la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Président élu démocratiquement et arrivé fin mandat, le général Amani Toumani Touré a été renversé par une junte militaire dirigée par le capitaine Ahmadou Sanogo.

Arroseur arrosé, le capitaine putschiste n’a pas eu le temps de savourer sa victoire. Les Touaregs du Mouvement national de la libération de l’Azawad (MNLA) ont saisi l’opportunité pour progresser et réussir à s’emparer du Nord du pays.

Et allant vite en besogne, ils ont proclamé depuis hier vendredi l’indépendance de leur «Etat». Dans la foulée, il est fait état d’un soutien militaire dont a bénéficié le MNLA d’un autre groupe rebelle appelé les salafistes. Ceux-ci font partie du réseau Al Qaida. Or, qui dit Al Qaida évoque le terrorisme international qui est en train de réaliser une percée en Afrique.

Ce rebondissement vient révéler une réalité que des sceptiques se refusent de reconnaître, à savoir la balkanisation. Celle du Mali est en train d’être consommée.

LA RENCONTRE DE DAKAR

Parti de la RDC, ce mouvement de remise en question des frontières héritées de la Conférence de Berlin est loin de s’estomper. Car, ses concepteurs ne veulent pas désarmer.

L’onde du choc a atteint le Mali après avoir fait basculer la Côte d’Ivoire.
En cet instant, l’inquiétude vient de s’emparer de tous les pays de l’Afrique de l’Ouest.

Inquiétude justifiée par les remous en Algérie, avec sa partie Kabyle, et le Nigeria confronté à la guerre des religions entre musulmans et chrétiens catholiques.

A Dakar, lors du sommet de la CEDEAO tenu en marge de l’investiture du nouveau président sénégalais, Macky Sall, cet aspect du problème a été largement discuté, à en croire certaines indiscrétions.

Les mêmes sources font aussi état de la présence du général Carter F. Ham dans la capitale sénégalaise. Il aurait eu des entretiens avec les chefs d’Etat africains de la CEDEAO pour leur faire part des inquiétudes de Washington devant cette percée d’Al Qaida.

Par la même occasion, il aurait pris langue avec des responsables algériens dont le pays est également visé par le «syndrome malien», avec la Kabylie.

Toutefois, Alger, qui traîne une longue expérience dans la lutte contre le terrorisme international, a toujours coopéré avec Washington. Au regard de ce qui vient de se passer au Mali, il importe d’établir l’axe «Washington-Algérie-Nigeria» pour contrer les actions d’Al Qaida.

Il sied de rappeler que l’Algérie est victime du MNLA qui, dans sa progression, a procédé à l’enlèvement du consul et de six de ses ressortissants algériens à Gao.

Par ailleurs, il nous revient que Washington travaillerait étroitement avec la France dans ce domaine. Du fait que celle-ci aurait une bonne connaissance du Sahel.

D’où, la déclaration sans équivoque du ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé, de mettre à la disposition de la CEDEAO de la logistique nécessaire pour combattre les rebelles islamistes afin de rétablir l’unité du Mali.

RDC TOUJOURS MENACEE

Il va sans dire que la visite de travail du commandant de l’AFRICOM n’a nullement un caractère de routine. Elle procède du danger qui menace la RDC déjà fragilisée par des guerres d’agression visant sa balkanisation.

Bien plus, il est relevé des similitudes troublantes avec le Mali. A savoir : richesses, prétexte minorité, groupes armés, soutien des Etats voisins, etc.

Déjà du temps de Susan Rice, alors secrétaire d’Etat américaine, l’alerte avait été donnée pour que «la RDC ne serve pas de tremplin aux Etats parias ni devenir une terre fertile du terrorisme international».

Traînant encore le pied à disposer d’une véritable armée nationale et soumise aux pressions des pilleurs de ses minerais, la RDC demeure une cible facile. L’onde du choc l’atteindrait facilement tant que les multiples forces négatives qui écument la région ne seront pas mises hors d’état de nuire.

La seule façon d’éviter à la RDC l’onde de choc malienne, c’est de prendre la juste mesure de ces grands défis, de réajuster la coopération bilatérale et multilatérale, surtout avec les Etats- Unis pour mieux exploiter cette présence de l’AFRICOM en Afrique.

Car, une fois de plus, il importe sérieusement de retenir cette vérité implacable : il n’y a pas d’Etat sans armée, il n’y a pas d’armée sans une administration efficiente.

Le moment est venu de sortir des situations atypiques pour relever le défi de la sécurité.
[Le Potentiel]

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