lundi 9 avril 2012

En marge du mandat de la CPI - Bosco Ntaganda : Rwandais ou Congolais ?




La lecture du mandat établi par la Cour Pénale Internationale contre Bosco Ntaganda, dont Le Phare a publié une copie dans sa livraison d'hier jeudi 05 avril 2012, a jeté le doute dans les esprits de nombreux Congolais, spécialement au point relatif à sa nationalité.


Les juges de cette institution, visiblement embarrassés, ne l'ont pas présenté d'emblée comme citoyen congolais. Ils ont plutôt pris la précaution de supposer cet officier supérieur être ressortissant du Rwanda.

Or, dans les fiches des FARDC (Forces Armées de la République Démocratique du Congo), Bosco Ntaganda est signalé comme officier supérieur congolais.


C'est du reste en tant que tel qu'il avait fait la pluie et le beau temps au sein de l'Union des Patriotes Congolaise (UPC), la milice armée ayant semé mort et désolation en Ituri entre 2002 et 2003, en plus du recrutement et de l'utilisation des enfants-soldats à des fins militaires.

S'il s'avère que l'ancien bras droit de Thomas Lubanga du temps de l'UPC et de Laurent Nkunda au sein du CNDP (Congrès National pour l Défense du Peuple) n'est pas un citoyen de la République Démocratique du Congo, comme le laisse croire le mandat émis par la CPI, il s'agit là d'un problème très grave.


Plusieurs questions se bousculent du coup dans les têtes des Congolais de souche. Dans le lot, il y a celle de savoir par quel tour de passe-passe Bosco Ntaganda serait devenu Congolais.

On devrait se demander aussi comment un officier à la congolité douteuse a pu se glisser aussi facilement dans la structure de commandement supérieur de notre armée.

Aurait-il trompé la bonne foi des autorités politiques, administratives et militaires congolaises au moment de son intégration, en 2009, au sein de la hiérarchie militaire des FARDC au Nord-Kivu ?


Serait-il bénéficiaire des complicités internes?

Ces questions, ainsi que tant d'autres, restent sans réponses.

Un « cheval de Troie » en RDC ?
Au-delà de la question de savoir qui a fait Bosco Ntaganda congolais, il y a celle, plus inquiétante, de la présence de ses troupes au sein des Forces de la République Démocratique du Congo.


On sait, selon divers témoignages en provenance de la partie Est du pays, que l'ossature de l'ex-mouvement rebelle CNDP reposait sur des officiers et des hommes de rang d'origine rwandophone.

Partant de ce constat, il faut craindre que notre système national de défense ne soit sérieusement infiltré par un «Cheval de Troie» du 21me siècle.


D'aucuns ont d'ailleurs toujours trouvé suspect le refus des officiers et soldats du CNDP d'être «  brassés » ou «mixés» ailleurs qu'au Nord-Kivu. Et, depuis leur intégration supposée, au sein des FARDC, ils' n'ont comme zone opérationnelle que l'Est du pays.

Est-il normal que des citoyens congolais sous le drapeau choisissent eux-mêmes le lieu de leur affectation et s'opposent à toute mutation, même celle ayant pour décideur l'Etat-major général de l'armée?

Chalupa - Ntaganda : deux poids, deux mesures ?
Pierre-Jacques Chalupa, un homme d'affaires d'origine étrangère mais naturalisé congolais, hume l'air frais de la prison centrale de Makala depuis plusieurs semaines au motif qu'il aurait usurpé la nationalité congolaise.


Et attendant le débat de fond sur ce dossier judiciaire que certains observateurs soupçonnent d'avoir un soubassement politique, l'on peut s'interroger si Chalupa, un étranger né sur le sol congolais et qui a décidé d'adopter sa seconde patrie comme sa patrie d'origine, mérite vraiment le sort qui est le sien.

Compte tenu du flou qui enveloppe désormais les origines de Bosco Ntaganda, les autorités congolaises ont le devoir d'éclairer leur opinion publique sur son véritable statut.


Tant que des zones d'ombre vont persister dans le dossier de ce dernier, nos compatriotes seraient en droit de croire qu'il y a une politique de deux poids, deux mesures, dans les affaires Chalupa et Ntaganda.
KimpLe Phare

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