jeudi 5 avril 2012

Gangréné par la mafia : Tout se passe comme si l’Etat n’existait pas en RDC

04/04/2012

J. KABILA - President sortant de la RDC aux obseques de Katumba MWANKE

Les pertes enregistrées par le Trésor public sont énormes à la suite du retard consécutif aux tergiversations dans la mise en service de la fibre optique. Des chiffres parlent : plus de 20 millions USD de manque à gagner mensuellement au stade actuel. 

Le cumul annuel- 240 millions USD- est une intéressante cagnotte qui échappe à la République. Du fait des maffieux internes et externes. Tout se passe comme si l’Etat n’existait pas en RDC.

En plus de la fiabilité offerte sur la rapidité et la qualité des communications par la fibre optique, les maffieux se sont organisés pour faire perdre à l’Etat d’importantes ressources financières.

Or, la mobilisation des ressources financières en faveur du Trésor public devrait être la première préoccupation des dirigeants politiques. 

Partout où des fonds peuvent être canalisés vers les caisses de l’Etat, le gouvernement et ses technostructures ont l’obligation républicaine de les mobiliser et de les affecter au bénéfice des populations. 

Mais que nenni !

20 millions de dollars américains. Telle est, en moyenne, la hauteur des recettes que la SCPT pourrait engranger par mois en rendant opérationnelle la fibre optique. A ce jour, ce pactole devient une gageure alors qu’il pouvait contribuer à soulager les contraintes budgétaires récurrentes. 

Voilà que l’opérateur public ne peut le mobiliser par la faute de ceux qui estiment et continuent de faire accepter par les décideurs que la fibre optique ne peut pas être l’affaire de l’ex-OCPT. 

Et pourtant, ces ressources additionnelles pour l’Etat permettraient de relancer la SCPT dans son fonctionnement rationnel. 

Le même Etat s’en tirerait avec des taxes et autres dividendes et une ardoise sociale allégée, soulageant ainsi des centaines de familles qui trouveraient des ressources pour faire face aux exigences quotidiennes de la survie.

20 millions USD par mois. Rares sont les entreprises publiques congolaises qui réalisent pareilles recettes sur la base du fonctionnement de leur objet social. Des privés, dans le secteur de la téléphonie cellulaire sont en mesure d’aligner des chiffres qui donnent le tournis à ceux qui tentent de comprendre comment l’Etat est incapable de faire autant. 

L’ex-OCPT perd, en terme de manque à gagner, près de 240 millions USD annuellement. A travers la SCPT, l’Etat se désengage et accepte d’être le grand perdant d’un projet dont il a financé les premières étapes.

L’on rappelle que le secteur de la télécommunication a boosté le produit intérieur brut en RDC. Curieusement, il est tenu exclusivement par des privés. L’opérateur public a été mis à l’écart et se trouve aujourd’hui dépouillé de tous les moyens modernes pouvant lui permettre de faire face à l’évolution technologique. 

Plutôt que d’aider cet instrument de l’Etat, des personnalités bien identifiables ne se sont pas privées de se mettre en travers de la bonne marche de cette technologie de pointe, à savoir la fibre optique. Qu’est-ce à dire : démission ou machiavélisme ?

L’opinion est étonnée de cette attitude, pour le moins absurde, de ces personnes qui crient à tout bout de champ qu’ils sont disposés à accompagner le chef de l’Etat dans son projet de modernisation de la RDC. 

Et pourtant, ce dernier avait compris la nécessité de doter le pays de la fibre optique, un instrument moderne de communication à haut débit. Il avait instruit à plusieurs reprises les structures impliquées pour faire avancer les choses.

Le retard enregistré dans la mise en service de la fibre optique n’est pas technique. «Tout est fin prêt», déclarent des techniciens de la SCPT. Même des experts étrangers s’interrogent sur le bien-fondé de la tendance à retarder indéfiniment cette mise en service. 

La réponse est simple : les entraves actuelles servent des intérêts personnels. En toute impunité.

240 millions USD annuels représentent en effet une part non négligeable du budget de l’Etat. Et dire que c’est un minimum que la fibre optique est capable de produire. Cet apport à la création des richesses à l’intérieur des frontières nationales. 

La reforme de la SCPT amorcée avec le concours du Copirep ne propose pas que la fibre optique échappe à cette société d’Etat. Les maffieux tapis dans les instances de décision ne l’entendent pas de cette oreille au point d’imaginer la création d’une société privée en charge de la gestion de la fibre optique.

«Congo-câble» imaginée par l’ex-ministre du Portefeuille faisait la part belle aux privés. Une obsession pour certains dirigeants congolais pour qui les privés ont droit à tout au détriment de l’Etat et du peuple congolais dont la souffrance n’émeut plus. 

L’impression qui se dégage est que l’Etat refuse de posséder et rentabiliser une source de revenus, en la sous-traitant par des privés.

C’est inacceptable, voir criminel, au regard de l’expérience de la Gecamines. Les statistiques démontrent que la production du cuivre a atteint plus de 500 000 tonnes. Et pourtant, la part qui revient à l’Etat ne peut qu’énerver tout Congolais épris de patriotisme. 

Il n’est pas question que l’Etat perde le contrôle de cette source des recettes.
Masquer la fraude

Le contrôle de la fibre optique par l’opérateur public est le gage d’un suivi en temps réel des flux de télécommunications entrant. Le Trésor public perd en effet « deux cents » USD sur chaque appel international pris pour appel local par des maffieux bien organisés à travers des sim-box. 

L’autorité de régulation n’y voit que du feu ou ferme les yeux. Selon des statistiques fiables, la fraude à ce sujet est évaluée à plus de 5 millions USD mensuels ! Comment peut-on alors prendre des initiatives qui faciliteraient cette fraude pour l’éternité ?

En son temps, la commission sénatoriale sur les PTT avait démontré que la fraude est savamment organisée. L’Etat est perdant sur tous les tableaux. De l’attribution des licences au paiement des taxes, le Trésor public congolais est classé aux abonnés absents. 

Ajouter à cela la fraude à travers les sim-box, l’heure est venue pour juguler cette fraude voire sanctionner tous ceux qui y sont impliqués d’une manière ou d’une autre. Notamment, les initiateurs de ces entreprises de prédation contre les intérêts de la Nation.

UNE AFFAIRE DE SECURITE NATIONALE


Le piège tendu par les maffieux pour la gestion de la fibre optique fragilise la nation. La maitrise des communications est un élément fondamental pour la sécurité d’un Etat. 

En tentant de dépouiller l’Etat de la gestion de cet instrument moderne, ces personnalités participent à un projet visant la disparition de la RDC comme Etat. 

La maitrise des flux de communication est un atout que l’Etat ne peut laisser à la portée de n’importe qui. C’est même un attribut de la souveraineté qui risque de ne plus relever de la compétence exclusive de l’Etat d’autant plus que le projet «Congo-Câble» offre un droit, non seulement de regard, mais aussi une possibilité d’influer sur des questions sécuritaires du pays. Inacceptable !

LA RDC A BEAUCOUP INVESTI


Pour son adhésion au consortium Wacs, la RDC a déboursé 25 millions USD. La construction du point d’atterrage de Moanda a coûté un prêt de 12 millions USD. 

L’assistance de la Chine, quant à elle, s’élève à 221 millions USD. Le financement de la fibre optique relève donc de l’Etat congolais. 

Quelle serait donc la part des privés au point de les associer au festin ?

Les privés qui se servent déjà sur les communications internationales et autres devraient-ils étendre leur sphère d’influence jusqu’à ravir sans coup férir même les portions régaliennes qui reviennent d’office à l’Etat?

Cette question devrait interpeller en cette veille du 14ème sommet de la Francophonie qui a besoin des connexions à haut débit. Le retard enregistré dans la mise en service de la fibre optique pénalise donc à plusieurs titres la RDC et sa population. 

Il faut faire de cette affaire une question d’intérêt national et une priorité des priorités pour enfin apporter le soulagement aux usagers.

[Le Potentiel]
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