mardi 23 octobre 2012

"Joseph Kabila" soutenu par la Chine, la Grande Bretagne et les Etats-Unis?

"Joseph Kabila" répond aux applaudissements de quelques féaux emmenés au Palais du peuple lors de l’ouverture du Sommet de la Francophonie le 13 octobre dernier à Kinshasa.

Envoyé spécial de l’hebdomadaire franco-belge "Le Vif/L’express" au sommet de la Francophonie qui s’est tenu du 12 au 14 octobre derniers dans la capitale congolaise, le journaliste belge Olivier Rogeau relate dans un "papier" intitulé "Coulisses et impact de la grande messe kinoise" ce qu’il a pu apprendre durant son séjour à Kin.
 
Il dit avoir emporté la conviction selon laquelle "Joseph Kabila reste fermement soutenue par l’Europe (la Grande Bretagne), les Etats-Unis et la Chine". Le journaliste s’est gardé d’étayer sa thèse. Une thèse à nuancer.
 
Parlant de l’organisation matérielle du sommet de la Francophonie, l’envoyé spécial du "Vif" note que le président congolais a pu donner un "autre visage" du Congo à travers le lifting subi par le Palais du peuple et certaines artères de la capitale.

Et d’ajouter que "sans être impéccable", l’organisation n’a pas été chaotique regrettant au passage que "la grande fête annoncée n’a toutefois touché que quelques Kinois privilégiés". Selon lui, la population n’a pu participer aux rejouissances du fait d’un important déploiement des policiers.

Citant les journaux kinois "inféodés à des proches du régime" kabiliste, Olivier Rogeau commence sa narration par relever que le Sommet est un "pari gagné" pour "Joseph Kabila". Celui-ci misait sur ce forum pour retrouver une "légitimité internationale" et obtenir le "soutien" de ses pairs africains.

L’objectif serait atteint à travers les résolutions stigmatisant le Rwanda et recommandant des "sanctions" à l’encontre de ceux qui commettent des "exactions" dans la partie orientale du Congo.

François Hollande vendeur d’utopie?

Rogeau écrit plus loin qu’au cours de cette rencontre internationale, "il aura surtout été question (...) du déficit de démocratie au Congo". Se reportant à une "source diplomatique" française à Kinshasa, il minimise la portée des propos tenus par le président François Hollande qualifiant d’"inacceptable" la situation, au Congo, des droits de l’Homme, de la démocratie et la non reconnaissance des droits de l’opposition.

"Notre président est très fort pour vendre de l’utopie", aurait confié la source précitée. Ce qui a emmené ce confrère belge à tirer cette conclusion : "Reste que Kabila est toujours appuyé par l’Europe - la Grande Bretagne en tête -, les Etats-Unis et la Chine".

Si les faits parlent d’eux-mêmes en ce qui concerne la Chine (contrat infrastructures contre minerais), l’article d’Olivier Rogeau est peu démonstratif en ce qui concerne le Royaume-Uni et les Etats-Unis. Le journaliste n’est pas aller jusqu’au bout de sa logique en répondant à quelques questions relatives aux personnes ou organismes qui soutiendraient le régime totalitaire incarné par "Joseph Kabila" et le "prix" payé par celui-ci en guise de contrepartie.

Que voudrait-il dire par "Etats-Unis"? Est-ce le département d’Etat? Est-ce le Congrès? Est-ce la Maison Blanche ou les milieux affairistes américains quasi-maffieux ayant acquis, grâce à des contrats léonins, l’exploitation de la très riche concession minière de Tenke Fungurume au Katanga, gérée en toute opacité?

Dans une interview publiée dans l’hebdomadaire parisien "Jeune Afrique" n°2700, Séraphin Ngwej, ambassadeur itinérant à la Présidence congolaise, parlant des "soutiens" internationaux du régime, déclarait notamment : "La situation a complètement changé. Nous traitons directement avec le département d’Etat américain".

Selon lui, les Britanniques sont devenus les "premiers pourvoyeurs d’aide" au Congo. Quelle en serait la contrepartie? Pour l’anecdote, alors qu’il dirigeait la Mission onusienne au Congo, le Britannique Alan Doss avait surpris les observateurs sur ces allées et venues incessantes sur l’itinéraire Kinshasa-Goma.

Certains de ces observateurs le suspectaient d’être venu au Congo non pas pour promouvoir la paix mais bien pour veiller sur les "intérêts miniers" de son pays.

Pour Rogeau, les pays occidentaux "défenseurs de la démocratie" en RDC "feraient peut-être bien de se préoccuper de l’état comateux dans lequel est désormais plongée l’opposition congolaise".

Issa Djema/B.A.W (avec Le Vif/L’express)
© Congoindépendant

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire