mardi 16 octobre 2012

L’autocrate «Joseph Kabila» a peur de la démocratie

 

La honte. Plusieurs incidents peu dignes d’un Etat qui se prévaut de l’épithète «démocratique» se sont produits à travers la ville de Kinshasa durant le Sommet de la Francophonie qui s’est tenu du 12 au 14 octobre dans la capitale congolaise.

Les Kinois ont vécu une ambiance d’«état de siège» tout au long du déroulement de ce forum international. On a assisté à un déploiement inhabituel des «forces de sécurité» dans les endroits dits «névralgiques» de la capitale congolaise.

Qui menaçait qui? "Joseph Kabila" voulait-il se protéger contre une population qui n’a jamais fait mystère de sa détestation à son égard?

Le vendredi 12 octobre, une manifestation pacifique de l’opposition a été dispersée sans ménagement par des policiers lourdement armés. Plusieurs grenades lacrymogènes ont été lancées.

Le même jour, des éléments appartenant à la garde prétorienne de «Joseph Kabila» ont interdit à Vital Kamerhe, président de l’Union pour la Nation Congolaise (UNC), d’accéder aux studios de TV5 Monde. Il y était attendu pour participer à un débat.

Kamerhe dirige un parti politique pourtant agréé par le ministère de l’Intérieur. Une atteinte grave non seulement au principe constitutionnel de «pluralisme politique» mais aussi à la liberté reconnue à chaque citoyen congolais d’exprimer ses opinions (article 23 de la Constitution).

«Je ne fais qu’exécuter l’ordre reçu de ma hiérarchie», répétait, comme un refrain, un des sbires de la Présidence de la République. L’homme tentait de justifier l’injustifiable. L’opposition politique n’est-elle plus «reconnue» en République "démocratique" du Congo comme le stipule l’article 8 de la Loi fondamentale en vigueur?

Le samedi 13 octobre, des membres de la garde kabiliste ont quadrillé toutes les rues conduisant vers la résidence d’Etienne Tshisekedi wa Mulumba. Ces miliciens du régime voulaient empêcher les partisans du président de l’UDPS de se rassembler en vue de «convoyer» celui-ci jusqu’à son lieu de rendez-vous avec le président français François Hollande.

Plusieurs arrestations eurent lieu. On dénombre également plusieurs blessés. Pourquoi, alors que la Constitution promulguée en février 2006 par le même «Joseph Kabila» reconnaît l’existence de l’opposition (article 8) et garantie la tenue des réunions pacifiques et sans armes (article 25)?

Les événements décrits ici confirment que le Congo démocratique est dirigé par un hors-la-loi. Un hors-la-loi qui est en passe d’instaurer un parti unique de fait en violation de la Constitution (article 7).

Il est clair que l’autocrate «Joseph Kabila» a peur de la démocratie. L’homme est décidé, avec l’aide de ses féaux, à défendre, par la force des armes, des privilèges mal acquis par une oligarchie maffieuse.

C’est quoi donc la démocratie ?

Outre les élections périodiques, libres et transparentes, la démocratie est tout le contraire d’un pouvoir totalitaire. La démocratie renvoie à l’Etat de droit qui limite le pouvoir arbitraire de l’Etat et garantie le respect des droits humains. La liberté de réunion, d’association, d’expression et d’information sont des valeurs propres à la démocratie. Sans omettre le pluralisme politique.

«Joseph Kabila» a peur de la démocratie parce qu’il a peur de se trouver face à des contradicteurs. Il n’y a pas de démocratie sans culture de rendre compte. Une culture qui implique que l’échec d’une politique soit sanctionné par l’éviction des gouvernants défaillants.

L’occupation de plusieurs villes et localités de la province du Nord Kivu met à nu l’incurie du système incarné par "Joseph".

Après douze années de pouvoir, le "bilan" du régime totalitaire en place se résume en trois mots : brutalité, violence et stagnation. Il va sans dire que «Joseph Kabila» est disqualifié à trôner au sommet de l’Etat. Sa place devrait être dans une cellule de la prison de Makala.

N’en déplaise aux nombreux victimes qui se comportent en complices du dictateur «Joseph Kabila», celui-ci constitue non seulement un obstacle pour le progrès économique et social du pays mais aussi une réelle menace pour l’indépendance et la souveraineté nationale.

Cet individu doit être combattu. Par tous les moyens. A la violence d’Etat, l’heure est venue d’opposer une violence citoyenne.

Le salut national est à ce prix…

Baudouin Amba Wetshi
© Congoindépendant

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