15/10/2012

Kabila et Hollande, lors du sommet de la Francophonie à Kinshasa, samedi. P. CHIASSON / AP / SIPA
DIPLOMATIE - A Kinshasa, Hollande a effleuré la complexité de la politique en RDC...
De notre envoyé spécial à Kinshasa
La diplomatie est un exercice d'équilibriste. Surtout en terrain miné. Critique à l'égard du régime de Joseph Kabila, François Hollande a tenu à rencontrer les figures de l'opposition congolaise lors de son déplacement en RDC. «Il nous a d'abord demandé de nous exprimer librement, explique Samy Badibanga, député à l'Assemblée congolaise. Nous lui avons exposé la façon dont les élections se passent, l'état de déliquescence de l'Etat, la corruption, le manque de gouvernance. A la fin, il nous a surtout conseillé de rester unis.»
«Il n'y a que les Congolais qui savent ce qu'il se passe ici»
En quelques heures, le chef de l'Etat français a pu se rendre compte des divisions qui règnent au sein de l'opposition. En juin, Samy Badibanga, comme 35 autres députés, a été radié de l'UDPS par Etienne Tshisekedi, qui leur avait interdit de siéger dans cette Assemblée «illégitime». Invité à discuter avec Hollande dans l'après-midi, Tshisekedi a lui minimisé la portée de la visite du président français. «Je n'attendais rien de Hollande sur la situation au Congo. Il n'y a que les Congolais qui savent ce qu'il se passe ici», a expliqué à la sortie l'homme qui se proclame toujours président.
Cette rupture entre les deux camps a obligé l'Elysée, qui travaille sur ces entrevues depuis cet été par l'intermédiaire du Quai d'Orsay, à organiser les rendez-vous avec l'opposition en deux fois. «D'une certaine façon, Hollande prend acte de la rupture entre les deux stratégies politiques. Maintenant, c'est à nous de travailler à la réconciliation», analyse de son côté Medard Mulungala, président de l'Union nationale pour la majorité républicaine, une formation qui appartient à la vingtaine de partis d'opposition (sur les quelque 80 que compte la galaxie politique congolaise). Un éclatement favorisé par le système électoral à un tour. «Oui, le Président a évoqué l'importance de l'unicité et évoqué le système électoral. Mais ce n'est surtout pas à nous de donner des leçons, notre système a également des défauts», confie un proche du chef de l'Etat.
Matthieu Goar
20Minutes.fr
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Une élection contestée qui fragilise Kabila
Après un scrutin «entachée d'irrégularités», comme le rapportent les organisations internationales, Joseph Kabila a été réélu en novembre 2011. Ce scrutin avait été suivi de violences qui avaient provoqué «au moins» 33 morts, selon l'ONU.
Depuis, Etienne Tshisekedi conteste la légitimité de Kabila. «C'est moi qui suis au pouvoir au Congo. Ce sont les autres qui sont opposants», a-t-il déclaré à la sortie de son entrevue avec Hollande.

Kabila et Hollande, lors du sommet de la Francophonie à Kinshasa, samedi. P. CHIASSON / AP / SIPA
DIPLOMATIE - A Kinshasa, Hollande a effleuré la complexité de la politique en RDC...
De notre envoyé spécial à Kinshasa
La diplomatie est un exercice d'équilibriste. Surtout en terrain miné. Critique à l'égard du régime de Joseph Kabila, François Hollande a tenu à rencontrer les figures de l'opposition congolaise lors de son déplacement en RDC. «Il nous a d'abord demandé de nous exprimer librement, explique Samy Badibanga, député à l'Assemblée congolaise. Nous lui avons exposé la façon dont les élections se passent, l'état de déliquescence de l'Etat, la corruption, le manque de gouvernance. A la fin, il nous a surtout conseillé de rester unis.»
«Il n'y a que les Congolais qui savent ce qu'il se passe ici»
En quelques heures, le chef de l'Etat français a pu se rendre compte des divisions qui règnent au sein de l'opposition. En juin, Samy Badibanga, comme 35 autres députés, a été radié de l'UDPS par Etienne Tshisekedi, qui leur avait interdit de siéger dans cette Assemblée «illégitime». Invité à discuter avec Hollande dans l'après-midi, Tshisekedi a lui minimisé la portée de la visite du président français. «Je n'attendais rien de Hollande sur la situation au Congo. Il n'y a que les Congolais qui savent ce qu'il se passe ici», a expliqué à la sortie l'homme qui se proclame toujours président.
Cette rupture entre les deux camps a obligé l'Elysée, qui travaille sur ces entrevues depuis cet été par l'intermédiaire du Quai d'Orsay, à organiser les rendez-vous avec l'opposition en deux fois. «D'une certaine façon, Hollande prend acte de la rupture entre les deux stratégies politiques. Maintenant, c'est à nous de travailler à la réconciliation», analyse de son côté Medard Mulungala, président de l'Union nationale pour la majorité républicaine, une formation qui appartient à la vingtaine de partis d'opposition (sur les quelque 80 que compte la galaxie politique congolaise). Un éclatement favorisé par le système électoral à un tour. «Oui, le Président a évoqué l'importance de l'unicité et évoqué le système électoral. Mais ce n'est surtout pas à nous de donner des leçons, notre système a également des défauts», confie un proche du chef de l'Etat.
Matthieu Goar
20Minutes.fr
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Une élection contestée qui fragilise Kabila
Après un scrutin «entachée d'irrégularités», comme le rapportent les organisations internationales, Joseph Kabila a été réélu en novembre 2011. Ce scrutin avait été suivi de violences qui avaient provoqué «au moins» 33 morts, selon l'ONU.
Depuis, Etienne Tshisekedi conteste la légitimité de Kabila. «C'est moi qui suis au pouvoir au Congo. Ce sont les autres qui sont opposants», a-t-il déclaré à la sortie de son entrevue avec Hollande.
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