vendredi 19 octobre 2012

RDC: La délocalisation du commandement militaire : une proposition à mûrir




Guerre dans l’Est de la RDC: Le Kivu, plus particulièrement sa partie Nord, est en proie à une guerre qui défraie la chronique depuis six mois. Et pour mettre fin aux exactions dont  sont victimes les populations, des propositions, non des moindres, fusent de partout.

L’option diplomatique n’ayant pas donné des résultats satisfaisants, la République démocratique du Congo devra rectifier le tir concernant les dispositifs militaires sur le terrain.

Au lendemain de la clôture du XIVe Sommet de la Francophonie qui s’est tenu  à Kinshasa, du 12 au 14 octobre 2012, les gouverneurs de province, invités par le gouvernement central  à cette rencontre ayant en partage  la langue française, se sont donné rendez-vous dans un hôtel  de Kinshasa  pour échanger autour  de la situation générale prévalant dans le pays.

A cette occasion, ils ont, entre autres, condamné  fermement l’agression  dont le pays est victime depuis le mois d’avril dernier. Saluant cette démarche des gouverneurs de province dans la mesure où elle traduit la solidarité qui devrait caractériser les forces vives de la nation et les institutions de la République à l’endroit  des compatriotes qui tombent du fait de la guerre, un observateur contacté par notre Rédaction propose la délocalisation du commandement militaire vers Goma, tout comme  la plupart  des réunions du gouvernement.

Cette proposition mérite qu’on s’y attarde. En effet, des guerres et rébellions se sont succédé depuis l’accession de la République démocratique du Congo à la souveraineté nationale. Suffisamment motivés et encadrés, les soldats des FARDC se sont vaillamment  acquittés de leur mission en boutant l’ennemi hors du territoire national.

Cependant, compte tenu  de la persistance de la rébellion, une révision de stratégie s’impose au sein des FARDC. Et c’est ici que nous rejoignons l’idée  de l’observateur qui  propose la  délocalisation du commandement de l’armée vers Goma.

Nous allons l’expliciter par un exemple probant. Durant la guerre dite de 80 jours, le président Mobutu délocalisa le haut commandement militaire vers Kolwezi, dans la province du Katanga.

Sacrée intangibilité des frontières

De Joseph Kas-Vubu à Joseph Kabila, en passant par Joseph-Désiré Mobutu et Laurent-Désiré Kabila, tous ces chefs d’Etat qui se sont succédé à la tête de la République démocratique du Congo ont juré sur l’intangibilité des frontières du pays. « C’est sacré », disent-ils.

Avec l’agression dont est de nouveau victime la République démocratique du Congo,  l’appel à la solidarité est lancé à toutes les forces  vives  de la nation. Malgré cela, la menace pèse toujours sur le pays.

C’est ainsi que tous les forums tant nationaux qu’internationaux organisés actuellement  ne  condamnent pas ouvertement le pays agresseur.

En attendant la mise sur pied d’une Force neutre internationale, la RDC doit d’abord compter sur son armée appuyée par la Monusco. 

Pour ce faire, il y a lieu de bien mûrir la proposition de délocalisation du commandement de l’armée.

Comme au plus fort de la guerre de 80 jours de l’ère Mobutu, il propose certainement que le commandant suprême des FARDC s’installe à Goma avec tout l’Etat-major général, prenant soin de ne pas laisser la capitale vide.

Si le chef d’Etat-major général  est sur le terrain en compagnie d’autres officiers généraux, ceci réconforterait davantage  les soldats qui sont au front et permettrait  à la hiérarchie militaire  de mieux peaufiner les stratégies. Car, du choc des idées jaillit la lumière, dit-on.

Nous ne disons pas que sans la délocalisation  du commandement  de l’armée, la rébellion ne sera jamais mâtée dans l’Est de la RDC. Mais, la présence du haut commandement militaire au front remonterait davantage le moral des soldats.

Donc, la proposition de notre observateur doit être bien mûrie, d’autant plus qu’elle a été fructueuse lors de la guerre  de 80 jours.



De cette manière aussi, on maintiendrait sacrée l’intangibilité des frontières de la RDC.

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