dimanche 27 mai 2012

RDC : Où est «Joseph KABILA» ?

27/05/2012

Joseph KABILA - President sortant de la RDC

On casse, on brûle, on arrête, on emporte des tables, escarbots et autres biens des populations ! Qui a donné l’ordre ? Qui est le premier Responsable de ce qui se passe à Kinshasa ? Est-ce Matata ? Est-ce Kimbuta et ses Bourgmestres ? Est-ce la police ? Kabila en est-il au courant ? Qui a dit que la modernité s’impose contre le gré du bonheur collectif ? 

Dans quelle bible a-t-on trouvé la nouvelle recette somme toute âcre, pour expliquer les soubassements des visées consistant à tout ravager, sans la moindre indemnisation des compatriotes ? A tout prendre, voici le moment venu, pour Kabila, de sortir de son silence, pour barrer la route à l’avalanche du mal.

A l’Est, n’est-ce pas que, pour lancer l’opération de traque contre Bosco Ntaganda, le Raïs était là ? Au jour d’aujourd’hui, pourquoi ne le ferait-il pas, lorsqu’il s’agit de sauver le peuple, à l’Ouest, le seul qui, au moment où la communauté internationale tergiversait, a communié aux valeurs qu’il incarne au travers de toutes les révolutions de 1997 à ce jour.

L’exécution de l’ordre venu d’en haut amplifie la misère et la pauvreté dans la ville de Kinshasa. Déjà, la population qui misait sur les bonnes intentions du nouveau gouvernement Matata commence à déchanter, depuis que l’opération ‘’Kin Propre’’ est venue saper les efforts des gagne-petits, tout en les livrant à la merci des hommes en uniforme. 

Ce sont des cris de cœur lancés en direction de Joseph Kabila que les kinois et kinoises ont poussé, en fin de semaine.

A Kintambo/Magasin, à la place mère de la Victoire, dans la commune référentielle de Kalamu, à Mimosa, à Ngaliema dans les coins tels que Kinsuka Pompage et autres communes, la tension est vive. 

Il suffit d’une moindre flamme pour que la brindille qui aura ainsi progressivement pris feu, embrase toute la forêt. Où est donc le Raïs ? Lui, le champion déclaré, lors de la campagne, comme le dépositaire du salut public ?

A La Prospérité, l’on se demande quelles sont les raisons d’un tel plongeon contre les paisibles citoyens qui, depuis des années, ont, pourtant, investi eau et sang pour le triomphe de la vision présidentielle axée autrefois sur les chantiers, même si aujourd’hui, elle se cristallise autour de la révolution de la modernité. 

Sans un coup du poing sur la table, le pire risque de bien arriver à Kinshasa. Des signes précurseurs en donnent tellement le présage qu’une menace, avec ses effets généralement pervers, risque, dans ces conditions objectives, de prendre corps dans les concitoyens.

Au demeurant, c’est Kabila, l’unique connu de tous, pour avoir été élu, par deux fois, à la tête du pays, qui en rendra, un beau jour, compte devant les congolais laminés, comme des termites avides d’herbes dans une savane brûlée, par la disette. 

Heureusement qu’il n’est pas trop tard ! L’art de diriger recommande à la plus Haute Autorité du pays, dans ces genres de situation, d’agir vite, voire très vite, pour apaiser les esprits. Il y a extrême urgence !

Marcel Ngoyi
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AVEC L’IMPLICATION SUPPOSEE DES FDLR AUX COMBATS - Paul Kagame poussé à attaquer Kabila et la RDC

DIMANCHE, 27 MAI 2012



Avec la naissance du Mouvement du 23 mars (M23), cette nouvelle rébellion créée par les anciens éléments d’un ancien autre mouvement rebelle, le Conseil national pour la défense du peuple (CNDP), plus personne ne parle des éléments des Forces Démocratiques pour la Libération du Rwanda (FDLR). Et pourtant, selon plusieurs sources, ils sont toujours actifs sur terrain.

En effet, dans un communiqué de presse rendu public mercredi 23 mai 2012, les mutins du M23 dénoncent une collaboration entre les éléments des Forces armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) et les rebelles hutus rwandais, les FDLR. 

Dans leur communiqué, les rebelles congolais avouent disposer des preuves de leurs allégations par rapport à leur affirmation.

Les responsables affirment avoir vu des rebelles hutus rwandais combattre aux côtés des forces loyalistes. Selon le communiqué signé à Rutshuru, un territoire de la province du Nord-Kivu (dans l’est du pays), où se concentrent les combats entre l’armée et les mutins, le M23 «se réserve le droit de rendre publics les éléments de preuve qui attestent de la collusion permanente et solide entre les FARDC carmée gouvernementale) et les FDLR».

A Rutshuru, fief du Mouvement du 23, on avoue avoir des «preuves irréfutables sur les positions FARDC tenues par les éléments FDLR, les unités FARDC commandées par les officiers FDLR et leur implication dans les combats en cours».

La MONUSCO rejette

Le Site www.jeuneafrique.com qui livre cette information indique que celle-ci a été rapidement démentie par la Mission des Nations pour la Stabilisation de la RDC. «Pour nous, il n’y a pas de combattants FDLR au sein des unités FARDC. Il n’y a que des soldats congolais», a affirmé le porte-parole militaire de la MONUSCO, le lieutenant-colonel Mactar Diop. 

Les combattants FDLR ne combattent pas avec un bandeau FDLR. Nous ne pouvons qu’avoir un préjugé favorable envers les FARDC, que nous soutenons».

Les FDLR sont régulièrement accusé de commettre pillages, viols et assassinats dans cette région de l’est de la RDC. Certains d’entre eux sont recherchés par les autorités rwandaises, accusés d’avoir participé au génocide de 1994.

De son côté, le gouverneur de la province du Nord-Kivu, Julien Paluku, avait dénoncé au début du mois de mai, une collusion entre les rebelles rwandais des FDLR et les mutins du M23. 

Cette affirmation avait été rejetée par le colonel Sultani Makenga qui, à l’époque, parlait des «allégations mensongères et calomnieuses». 

Pousser Paul Kagame à agir Depuis 1996, année du début de la guerre dite de libération menée par l’Alliance des Forces Démocratiques pour la libération du Congo-Zaïre (AFDL) conduite par Laurent-Désiré Kabila, le régime de Kigali a toujours été cité comme étant le soutien des insurgés. 

En 1998, le Rwanda a soutenu le RCD/Goma, et quelques années plus tard, le CNDP de Laurent Nkunda. Pour soutenir toutes les rébellions qui naissent dans le Kivu, Paul Kagame a toujours trouvé un prétexte: empêcher les rebelles des FDLR de retourner au Rwanda avec les armes. 

Mis à mal par les FARDC, s’il faut s’en tenir aux informations donner par le gouvernement de Kinshasa, les mutins du M23 agitent la même menace pour pousser le président rwandais à envoyer ses troupes sur le territoire congolais afin de combattre les FDLR. 

En attendant la réaction de Kigali au regard du communiqué rendu public par le M23, le gouvernement rwandais, par le truchement de son ministre de la Défense, James Kabarebe, conseille à Kinshasa d’amorcer le dialogue avec les insurgés. 

Par la bouche de son porte-parole, le gouvernement congolais n’entend pas parler des négociations.

Le mercredi 23 mai, Jean-Louis Ernest Kyaviro, le porte-parole du gouvernement provincial du Nord-Kivu, rappelait que Kinshasa attend la réédition des mutins et ne veut pas entendre parler de quelconques négociations. Voyons voir.
Thomas NABOR

Le jeu du Rwanda et du gouvernement de Kinshasa dévoilé


May 27, 2012

Dans ce nouveau rendez-vous vidéo, l’analyste politique congolais, Jean-Pierre Mbelu, revient sur la situation à l’Est de la République Démocratique du Congo, explique pourquoi le Rwanda de Kagamé ne cherchera jamais à trouver une solution positive à la guerre dans l’Est du pays(“Kagamé est une force négative pour notre pays”), dévoile le jeu du Rwanda et du gouvernement de Kinshasa (“exterminer notre population pour que l’espace soit vide, et ne serve que de réserves de matières premières et stratégiques pour les Rwandais et les multinationales”) et démontre comment le Rwanda, l’Ouganda, le Burundi (et leurs alliés congolais) contribuent à retarder l’unification de l’Afrique et, pour le Congo et la région des grandes lacs, à la constitution d’une véritable puissance économique.

RDC : Après le M23, voici la Coalition des Groupes Armés de l’Ituri (COGAI)

27/05/2012

CNDP - Congrès National pour la Défense du Peuple (CNDP) de Bosco Ntaganda

Des sources concordantes renseignent que quatre groupes armés de l’Ituri se sont joints au mouvement, dénommé Coalition de groupes armés de l’Ituri (Cogai). Le mouvement est piloté par un colonel dissident Matata Banaloki, alias Cobra.

Dans leurs revendications, il réclame notamment au gouvernement congolais une amnistie en faveur de tous les miliciens opérant en Ituri et la reconnaissance de ce district comme province de la RDC. Ces miliciens réclament aussi la création d’une région militaire en Ituri dirigée par un originaire de ce district.

Après le Nord-Kivu où de violents combats opposent des troupes loyalistes aux rebelles du M23, les groupes armés de l’Ituri ont décidé à leur tour d’entrer dans la danse. Ils ont décidé de se coaliser au sein d’un mouvement, Coalition des groupes armés de l’Ituri (Cogai). Parmi les revendications, l’érection de l’Ituri en province. Une demande qui cache bien d’autres.

La période d’accalmie observée dans le district de l’Ituri n’aura été que de courte durée. Comme dans le Nord-Kivu voisin, le district de l’Ituri, dont les principaux leaders ont toujours revendiqué son érection en province autonome, s’est finalement joint à l’actualité. En effet, des groupes armés encore actifs dans le district ont décidé de s’unir autour d’une seule cause : la défense de leur district.

Des sources concordantes renseignent que quatre groupes armés de l’Ituri se sont joints au mouvement, dénommé Coalition de groupes armés de l’Ituri (Cogai). Sans d’autres précisions, les mêmes sources indiquent que le mouvement est piloté par un colonel dissident Matata Banaloki, alias Cobra.

Le mouvement ne cache pas ses ambitions. Dans leurs revendications, il réclame notamment au gouvernement congolais une amnistie en faveur de tous les miliciens opérant en Ituri et la reconnaissance de ce district comme province de la RDC. Ces miliciens réclament aussi la création d’une région militaire en Ituri dirigée par un originaire de ce district.

En dehors de la Force de Résistance patriotique de l’Ituri (FRPI) de Cobra Matata, les autres groupes armés qui ont signé l’acte de création de la coalition sont : le Front populaire pour le développement durable de l’Ituri d’Eneko Kila ; la Force armée pour la révolution d’un certain Kabuli ; les Forces armées d’Intégration de l’Ituri d’un certain Charité Semire.

De même que dans le Nord-Kivu où des mutins du M23 sont entrés en rébellion avec les forces loyalistes, les milices membres du Cogai sont constituées pour la plupart, indique-t-on, des déserteurs des Forces armées de la RDC (FARDC).

ANGUILLE SOUS ROCHE

La résurgence de ces nouvelles tensions dans l’Ituri a certainement une explication. Longtemps en veilleuse, le volcan de l’Ituri vient d’entrer en ébullition. Par effet domino, l’Ituri a donc décidé d’emboiter le pas au Nord-Kivu. La proximité aura été pour beaucoup dans la création de cette nouvelle dynamique.

Par contre, le moment choisi soulève bien des interrogations. Pourquoi avoir entendu pendant si longtemps pour s’engager sur cette voie ? Sur quoi la Cogai, nouvelle coalition des groupes armés de l’Ituri, fonde-t-elle sa légitimité ? Autant des questions sur ce qui passe pour «l’hydre» de l’Ituri.

Car, depuis longtemps, les guerres de l’Ituri ont eu, entre autres, pour soubassement des divergences ethniques. C’est autour de cette identité culturelle que Hema et Lendu, deux ethnies majoritaires dans le district, se sont empoignés, sans au départ inclure des aspects politiques dans leurs revendications.

Aujourd’hui, la Cogai, qui entend défendre ce district, a inscrit clairement la dimension politique dans son combat. C’est notamment lorsqu’elle revendique l’érection de l’Ituri en une province – question pourtant réglée par la Constitution de la République. En plus, la coalition réclame une amnistie générale aux milices opérant dans le district. Véritable défi au Gouvernement central.

Autant des revendications qui font penser à un combat d’arrière-garde. Il y a certainement anguille sous roche. Et, comme dans le Nord-Kivu dès les premiers jours du M23, l’on devait s’attendre à la création d’un mouvement plus vaste, bien organisé qui, plus tard, devait se muer en une rébellion – telle qu’on en a connu bien avant dans cette partie de la République.

Ces interrogations en appellent également d’autres. Qu’est-ce qui fait finalement la spécialité de l’Ituri ? Pour autant qu’il est avéré aujourd’hui que les guerres à répétition dans l’Est ont toujours eu des ramifications dans le contrôle et l’exploitation des ressources naturelles de cette partie de la RDC.

Dans un document intitulé : « Le conflit en Ituri », Koen Vlassenroot et Tim Raeymaekers effleurent le problème. Ils rappellent qu’au-delà de vieux ressaisissements ethniques entre Hema et Lendu « la guerre de l’Ituri est une illustration parfaite du glissement vers un nouveau type de conflit dans lequel des armées nationales, des mouvements de libération et des idéologies politiques sont remplacés par des seigneurs de guerre, des réseaux économiques informels et des commandants d’armées rapaces ou cupides»

Comme problématique à leur analyse, ils sont partis de l’hypothèse que « l’irruption de la violence en Ituri doit être comprise comme le résultat de l’exploitation par des acteurs locaux et régionaux d’un conflit politique local profondément enraciné autour de l’accès à la terre, aux ressources économiques disponibles et au pouvoir politique ». 

« Aujourd’hui, pensent-ils, la guerre est utilisée par ces acteurs comme un moyen de réorganiser l’espace socio-économique local et de contrôler la mobilité à l’intérieur et entre ces espaces ».

Ainsi, comme dans le Nord-Kivu, c’est encore et toujours autour des ressources naturelles que se justifie aujourd’hui la création d’une pseudo-coalition dans l’Ituri, soi-disant pour défendre les intérêts du district.

En fait, les vrais enjeux sont ailleurs. Ils ne sont pas ceux des populations locales, plutôt ceux des tireurs des ficelles, des multinationales tapies dans l’ombre, qui n’ont pour seule visée que l’exploitation des ressources naturelles de l’Ituri. Les revendications dont se réclame la Cogai ne sont pas identitaires. Ils sont essentiellement économiques et gravitent autour des puits de pétrole et des mines d’or de ce district.

Avec le regain des tensions en Ituri, Kinshasa aura à se battre sur deux fronts. D’un côté, il y a les rebelles du M23 qui lui réclament le respect de l’accord de Goma, et de l’autre, il y a la coalition des groupes armés de l’Ituri qui jurent de s’affranchir de la forte mainmise de Kinshasa en obtenant l’érection du district en province.

Quelle sera alors l’attitude de Kinshasa ? Le suspense reste encore entier. En attendant, le Gouvernement doit vite se ressaisir pour barrer la route aux aventuriers de tous bords qui s’évertuent depuis un temps à remettre en cause l’autorité de l’Etat.

Dans un article portant sur l’Ituri, International Crisis Group a, après avoir cerné le problème de l’Ituri, proposé des voies de sortie. Pour l'instant, notait-il, le processus de paix a surtout profité aux chefs de guerre et aux hommes politiques, sans traitement approfondi des causes profondes du conflit. 

Il est grand temps, préconisait-il, que l'ensemble des élus nationaux, provinciaux et leurs partenaires internationaux s'y attèlent, afin de prévenir toute reprise de la violence et consolider les gains de stabilité acquis pendant la transition.

Ainsi que du temps de Lubanga, l’ombre de Bosco Ntaganda plane encore sur ce qui se trame dans l’Ituri. Tant qu’il sera en liberté, Ntaganda restera un danger pour la stabilité de l’Est. A Kinshasa de s’activer pour le neutraliser le plus rapidement possible.

[Le Potentiel]

Bosco Ntaganda, le général qui défie Kinshasa et la CPI

Recherché par la Cour Pénale Internationale pour crimes de guerre, le général Bosco Ntaganda a réalisé un long et sanglant parcours dans les conflits armés de la République démocratique du Congo.


Le Général Bosco Ntaganda s'adresse à la presse, 8 janvier 2009 à Kabati, province du Nord-Kivu, RDC. REUTERS/Stringer

Qui est Bosco Ntaganda? 

Âgé de 39 ans, ce général cristallise l'attention sur lui en République démocratique du Congo. Les médias internationaux se focalisent sur celui qui est actuellement dans la ligne de mire de la Cour Pénale Internationale (CPI) de La Haye.

Egalement connu sous les noms de Bosco Tanganda, Bosco Ntangana, il a un mandat d’arrêt émis contre lui pour crimes de guerre, enrôlement d’enfants de moins de 15 ans dans ses rangs et les avoir fait participer aux combats dans le district de l’Ituri en Province Orientale, à l’est de la RDC.

Son co-accusé, Thomas Lubanga, a fait l'objet du premier verdict de la CPI qui l'a reconnu coupable le 14 mars 2012.

Bosco Ntaganda est en passe de devenir la priorité numéro un de l’actuel gouvernement congolais. Sa capture et son transfèrement à la CPI afin qu’il réponde de ses actes est l’un des objectifs affichés par les autorités de Kinshasa.
Les débuts sous Kabila père

Né à Ruhengeri (Rwanda) en 1973 de parents rwandais, Bosco Ntaganda prend goût au maniement des armes dans l'est du Congo après un passage dans l'Armée Patriotique Rwandaise (APR).

Une source bien informée indique qu’à partir de 1996 il «était présent dans l’expédition de l’APR en République Démocratique du Congo, puis adhèra à l’Alliance de Forces Démocratiques pour la Libération du Congo (AFDL) de Laurent-Désiré Kabila» qui chassa Mobutu en mai 1997 de Kinshasa.

Très vite, Bosco Ntaganda se retourne contre Laurent-Désiré Kabila en rejoignant le Rassemblement Congolais pour la Démocratie (RCD), mouvement politico-militaire pro-rwandais à Goma, dans la province du Nord Kivu à l'est du Congo, qui va en guerre contre le nouveau président congolais.

Soutenu par le Rwanda et l’Ouganda, Bosco Ntaganda participe à l’aventure militaire d'août 1998 pour renverser Laurent-Désiré Kabila. Un fiasco, même si Kabila père sera assassiné quelques années plus tard, en janvier 2001 —son fils Joseph Kabila lui succède—.

La naissance du Terminator

De grande taille et taiseux à volonté, Bosco Ntaganda est supposé être un ressortissant du Rwanda, d’après le mandat d’arrêt de la CPI.

Il fait parler de lui dans le maquis de l'Union des Patriotes Congolais (UPC) de Thomas Lubanga, le mouvement rebelle proche du gouvernement rwandais, en tant qu'adjoint du chef d’état-major général et responsable des opérations militaires des Forces Patriotiques pour la Libération du Congo (FPLC), sa branche armée.

Il sera nommé par la suite chef d’état major général, reconnu pour sa bravoure, mais aussi pour sa gâchette facile. Ce qui lui vaudra le surnom de Terminator et le sobriquet de Maréchal.

«En tant que commandant suprême du FPLC/UPC, Bosco Ntaganda va réorganiser la milice de Thomas Lubanga et se lancer à cœur joie dans des massacres avant de disparaître dans la nature», raconte une source confidentielle.

«En 1999, il quitte la ville de Goma (Province du Nord-Kivu) pour l’Ituri en Province Orientale où il signe le premier crime visible contre les gardes du corps du professeur Wamba dia Wamba (ancien cadre du RCD). On le sait intraitable et sans pitié», selon la même source.

A l’éclatement du RCD en plusieurs factions, Bosco Ntaganda se retrouve aux côtés de Wamba dia Wamba, Mbusa Nyamwisi et John Tibasima au sein du RCD/Kisangani, la branche pro-ougandaise du mouvement.

L’un de ses exploits est d’avoir réussi à sortir le professeur Wamba dia Wamba et son équipe de Kisangani pour Bunia, chef-lieu du district de l'Ituri.

Selon plusieurs sources concordantes, Bosco a joué au malin en faisant passer le professeur Wamba dia Wamba pour une femme, de pagne vêtu, malade qu’on amenait à l’hôpital.
L’homme des expéditions punitives

Bosco Ntaganda se rend en Ouganda pour une formation militaire de perfectionnement.

Il se fait coincer par les services spéciaux ougandais avant de revenir en Ituri où le conflit interethnique entre Hema et Lendu (ethines rivales dans le district de l'Ituri) gagne en intensité.

Au sein de l’UPC de Thomas Lubanga à majorité Hema (proche des Tutsi rwandais), Bosco Ntaganda organise les ripostes foudroyantes contre les Lendu.


«En juin 2002, ayant flirté avec son pays d’origine, le Rwanda, le président ougandais Museveni le fait arrêter avec Thomas Lubanga et l’expédie comme cadeau à Kinshasa, renseigne un connaisseur du dossier. Bosco Ntaganda est relâché le 26 août 2002 en échange de trois otages congolais (le professeur et homme politique Ntumba Luaba, sa secrétaire et le journaliste Nicaise Kibel’Bel Oka).»

Ce mois d’août 2002, l’UPC prend le contrôle de la ville de Bunia après les violences interethniques.

Lors de représailles de l'UPC et ses alliés contre des populations locales en Ituri, un massacre perpétré à Songolo fait plusieurs centaines de morts et portés disparus. Le rôle de Bosco Ntaganda dans ces opérations ne serait pas négligeable.

Mai 2003, l'UPC reprend le contrôle de la ville de Bunia après l’avoir laissé entre les mains de l’armée ougandaise. Bosco Ntaganda est de toutes les expéditions punitives contre les populations civiles dans la région.

«Il serait aussi à l'origine de la liquidation de Floribert Kisembo, chef d’état-major de l’UPC, raconte une source digne de foi. Il ne fallait pas qu'il y ait de témoin gênant. C’est ainsi que Kisembo aurait été assassiné.»

Un général kamikaze à la retraite

Quand l’UPC de Thomas Lubanga commence à perdre de son influence, Bosco prend ses distances et crée le Mouvement révolutionnaire du Congo (MRC) où il fera encore parler de lui en 2005.

«Nommé général de brigade par le pouvoir de Kinshasa au même moment que ses pairs miliciens de l’Ituri tels que Germain Katanga, Kisembo et Gérôme Kakwavu, Bosco Ntaganda était le seul à n’avoir pas célébré l’événement», indique Le Pacificateur, un journal de la région.

Il n’est jamais venu chercher ses galons. Le général Bosco Ntaganda a tout de même sous ses ordres près de 3.000 militaires, issus à majorité du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) de Laurent Nkunda, un mouvement rebelle créé pour la défense des minorités tutsi en RDC.

Dans le CNDP, le Terminator Bosco Ntaganda entre en dissidence contre son chef Laurent Nkunda. Une source militaire affirme qu’il a joué un grand rôle dans la neutralisation de ce dernier aujourd'hui réfugié au Rwanda.

Après avoir installé son autorité dans le Nord-Kivu et parmi ses troupes, Bosco Ntaganda s’est occupé des «transferts». Transferts des matières premières à une clientèle d’hommes d’affaires rwandophones, pour ne pas dire Tutsi dans la région. Ce que le président Joseph Kabila a qualifié dans un récent discours d'«officiers affairistes». Bosco Ntaganda est dans le lot.

Bien après Laurent Nkunda et avant lui Jules Mutebusi, Bosco Ntaganda a porté le drapeau de sa communauté, les Tutsi du Congo. L’heure est venue pour lui de passer le témoin à un autre. Un nouveau mouvement rebelle vient de naître, le M23. 

Dirigé par un proche de Bosco Ntaganda pour permettre à ce dernier de se retirer du devant de la scène médiatique et militaire. Oublié mais pas arrêté!

A présent, le général des brigades des Forces armées de RDC Bosco Ntaganda est en fuite non loin de la frontière congolaise avec le Rwanda, sa base arrière pour ne pas dire son pays d’origine.

La pression autour de son arrestation et son transfèrement à la Cour pénale internationale s'accentue plus que jamais, mais il est visiblement un kamikaze, prêt à mourir armes à la main plutôt que de se rendre aux autorités de Kinshasa, confie un ancien du CNDP.

«Bosco Ntaganda serait prêt à se loger une balle dans la tête si l’étau se resserre davantage sur lui, il n’acceptera jamais d’être cueilli».

Jacques Matand, de Kinshasa
SlateAfrique

Le Colonel Daniel MUKALAYI craque en prison et menace de cracher le morceau sur l’affaire Chebeya !”


 

“(…)Affaire Chebeya
Le Phare, sous le titre « Retombées de l’affaire Chebeya, le colonel Mukalayi tente de se suicider » révèle que le colonel, condamné à mort dans l’affaire de l’assassinat de Floribert Chebeya a tenté de suicider, en fin de semaine dernière, dans sa cellule de la prison central de Makala. 
Le journal qui cite l’avocat de cet ex-officier de la Police nationale congolaise, explique que Daniel Mukalayi est déçu par les propos du ministre des Médias et porte-parole du gouvernement, Lambert Mende qui aurait dit que les assassins de l’activiste des droits de l’homme ont été condamnés lors d’un procès équitable. 
Il semble, écrit le journal, que Daniel Mukalayi n’accepte pas d’être traité d’assassin de Floribert Chebeya et s’estime toujours victime d’une cabale.
(Comment comprendre ce « désespoir » ? 
Tout le monde sait que Mukalayi paie pour le crime d’un autre : John Numbi. Toute la question autour de laquelle le procès aurait dû tourner, s’il n’avait pas été mis en scène dans le but d’épargner Numbi, aurait dû être de répartir le plus justement possible la responsabilité du meurtre entre le général et le colonel. 
Une hypothèse très vraisemblable est que Numbi a donné un ordre du genre « Donnez-lui ne bonne leçon » sans avertir ses subordonnés que Chebeya, cardiaque, n’était pas en état de supporter un « passage à tabac soigné » sans en mourir – ce qui expliquerait, notamment, la mise en scène « pornographique » autour du cadavre, visiblement improvisée à la hâte par des tueurs affolés.
Numbi touchait de trop près à JKK pour qu’on prenne le risque de le mettre en cause. Mukalayi a donc servi de bouc émissaire et de « fusible » pour que rien n’éclabousse « Qui vous Savez ». 
Il n’est pas exclu – c’est même vraisemblable – qu’on lui a demandé ce service « par patriotisme et pour le bien de l’Etat » et qu’on lui a fait des promesses, telle qu’une grâce rapide, sans doute « après les élections ». 
Ne voyant rien venir six mois après celles-ci, il aura eu un geste de désespoir… NdlR Ndonzau)

RDC: Eddy Kapend, le prisonnier de la République


le 26 mai 2012.


Comment l’ancien bras droit de Laurent Désiré Kabila a été condamné pour l’assassinat de l’ex-président de la République Démocratique du Congo? Témoignage du fond d’une cellule de Kinshasa.

Jusqu’à la mort du président de la République Démocratique du Congo Laurent Désiré Kabila (LDK), il était le respecté colonel Eddy. Aujourd’hui, c’est un prisonnier oublié.

Celui qui avait son bureau à côté de Kabila père croupit depuis une décennie dans une cellule de la prison centrale de Makala, à Kinshasa, dans l’indifférence totale.

Au pouvoir, plus personne ne veut entendre parler d’Eddy Kapend, reconnu coupable de coup d’Etat manqué et d’avoir fomenté l’assassinat du Mzee, le «vieux sage» en swahili.

C’était le 16 janvier 2001. Eddy Kapend était alors l’aide de camp et chef d’Etat major personnel de LDK dont il avait la plus grande confiance. Deux ans après, Colonel Kapend est condamné à mort lors d’un procès historique de neuf mois devant la cour d’ordre militaire, une juridiction d’exception. 

Sur les 135 inculpés, trente sont condamnés à mort, dont Kapend. Une peine capitale qui ne sera pas exécutée. Sans trembler, la tête haute et le visage fermé, le colonel qui a toujours clamé son innocence se fait alors immédiatement dégrader. Humiliation suprême pour un militaire.

Dans un enregistrement sonore exclusif que Slate Afrique a pu consulter, Eddy Kapend livre sa version des faits. Son message, enregistré le 12 mai 2006 depuis sa cellule, dure 59 minutes et s’adresse directement au fils du Mzee, l’actuel président Joseph Désiré Kabila.

«Moi Colonel Eddy Kapend, je vous parle de face Monsieur le Président de la République comme votre frère. Votre frère dans le cœur duquel vous avez enfoncé une baïonnette qui fait jaillir du sang violent devant vous pour un crime dont je ne suis pas coupable. 

Mais les raisons de cette atrocité dont je suis victime de la part du pouvoir sous votre propre commandement, je les ignores toutes ces raisons. Peut-être que vous seul, avec votre conscience, vous pouvez savoir pour quelles raisons moi je continue à souffrir alors que je suis innocent de l’assassinat du Président de la République, notre père à nous tous, Mzee Laurent Désiré Kabila.»

LDK tué par un de ses gardes du corps

Retour en arrière. Kinshasa, mardi 16 janvier 2001. Aux environs de 13h45, des coups de feu retentissent dans le Palais de Marbre, la résidence présidentielle. Laurent Désiré Kabila, au pouvoir depuis mai 1997, est la cible de cet attentat. Atteint à la tête, il succombe très vite à ses blessures.

Son meurtrier n’est autre qu’un membre de sa garde rapprochée. Un certain Rachidi Kasereka, ex-enfant-soldat originaire de la région du Kivu à l’est du pays. Son forfait commis, Rachidi tente de s’enfuir. Il n’ira pas bien loin.

Alors qu’il tente de rejoindre Georges Mirindi, son complice (ndlr : lui aussi garde du corps de Kabila, il vit aujourd’hui en exil en Suède) qui l’attend dans une voiture à l’extérieur du palais, il est blessé aux jambes. Neutralisé, il est quand même abattu d’une balle dans la tête par le Colonel Eddy Kapend. C’est la version officielle.

Le principal intéressé dément dans son message de qualité sonore parfois difficilement exploitable.«Ce n’est pas moi colonel Eddy qui ai tué Rachidi, l’assassin du président. C’est plutôt son collègue et frère, un autre garde du corps, Jean (ndlr, le nom est inaudible). Ca c’est la vérité et l’unique vérité. (…)

La part de vérité sur l’assassinat du Mzee Kabila, n’a pas été emportée par Rachidi dans sa mort. La vérité sur cette affaire est toujours vivante parmi les traîtres, les comploteurs et les complices ainsi que leurs commanditaires, tous vivants et libres!»
Les ambitions des politiques face à l’armée

Les médias congolais ne sont pas informés tout de suite du drame qui vient de se dérouler à la présidence. Le corps du Mzee est transporté au Zimbabwe. RFI évoque sur ses ondes «quelque chose de très grave» et la diplomatie belge annoncera plus tard la mort du président Kabila, au conditionnel.

Aussitôt, le colonel Kapend interrompt les programmes de la télévision nationale et prononce un discours où il appelle la hiérarchie militaire au calme et ordonne la fermeture des frontières du pays. Certains y voient là une forme «soft» de putsch militaire orchestré par Kapend. La mort du Mzee est désormais officielle.

La RDC pourrait bien sombrer dans le chaos de la guerre civile ou se retrouver au cœur d’un conflit régional. L’ancien aide de camp prétend avoir «sauvé les institutions {du} régime et la vie de tout le peuple congolais».

Quelques heures après le drame, en début de soirée, il reçoit dans son bureau du palais de Marbre la visite de l’ambitieux ministre de l’Intérieur Gaëtan Kakudji qui ne cache pas son dessein présidentiel.

«Kakudji, le soir après que la situation est devenue calme, il a tenté de prendre le pouvoir. Il a convoqué une réunion chez lui avec les ministres pour tenter de prendre le pouvoir. Il a même révélé ici au Tribunal que quand ils se sont aperçus qu’il n’y avait aucun militaire parmi eux, ils ont compris qu’ils ne pouvaient rien faire. 

Il a même dit ici que le testament du Président de la République disait qu’à sa mort, c’est lui qui devait être président. Et il a dit que le Colonel étant militaire, il a préféré donner le pouvoir à Joseph car il est militaire comme lui. Il m’a privé. Ca, c’est la déclaration du Ministre d’Etat. Vous le savez. 

Mais il a été élevé en dignité et il fait partie de ceux qui décident de manière occulte de me maintenir à mort et dans l’injustice de cette fosse ici à la prison de Makala.»

Le testament politique du Mzee

Kapend affirme avoir été fidèle au «testament politique secret» formulé quelques temps plus tôt par LDK, alors gravement malade. Il raconte cette scène avec précision.

«Nous sommes arrivés à la résidence du chef de l’Etat. Il nous a reçu vous et moi sur la terrasse de sa résidence. Il nous a dit : écoutez mes enfants, je suis malade et vous savez que nous avons beaucoup d’ennemis. Le pays est en guerre. 

Les impérialistes cherchent ma tête. S’il arrive que je meure, vous savez combien j’ai souffert pour le pouvoir que j’ai aujourd’hui… 

La première chose que vous devez faire si vous apprenez que je suis mort, vous Eddy qui êtes à mes côtés tous les jours, vous qui connaissez comment j’ai pyramidé la structure de cette armée, vous qui connaissez la gestion stricte de cette armée, et vous qui connaissez toutes les stratégies de défense de l’extérieur comme de l’intérieur du pays, vous devez faire en sorte que le contrôle de l’armée ne puisse pas vous échapper. 

Parce que si le contrôle de l’armée vous échappe, le pouvoir va vous échapper. Il risque d’y avoir le carnage et le massacre des populations, ce à quoi je m’oppose. 

La première chose que vous devrez faire c’est contrôler l’armée. Evitez que le contrôle de l’armée vous échappe. Et vous, Joseph Kabila, c’est vous qui succèderez à ma place. 

Vous prendrez les dispositions pour convoquer une réunion, à raison d’un ou deux membres par province de notre pays pour pouvoir décider de l’organisation quant à la gestion du pouvoir de l’Etat. Soyez stricts, soyez courageux et prenez les choses en main.»

Le 26 janvier 2001, conformément aux vœux de son père, le général Joseph Désiré Kabila est officiellement investi président de la République. Il n’a que 29 ans. La suite est connue. 

Même si de nombreuses zones d’ombre subsistent toujours sur les véritables commanditaires de cet assassinat.

Depuis sa cellule, Kapend se demande s’il n’aurait pas dû fuir pour échapper à ses «terribles souffrances».

«Donc aujourd’hui la logique serait de dire au Colonel tu as mal fait. Pourquoi tu es resté sauvé la nation et le régime? il fallait fuir comme Kakudji. Si tu avais fui comme le Général Kakudji, tu aurais été encensé, tu aurais été récompensé, élevé en dignité, en grade, en fonction et en tout pour avoir fui comme Kakudji. 

Mais parce que tu n’as pas fui, parce que tu as sauvé le régime, parce que tu as sauvé le peuple, parce que tu as protégé la population, parce que tu as protégé les institutions et tu as géré avec responsabilité et bravoure par loyauté, voilà le crime que tu as commis. Et donc, la loyauté, la fidélité, le courage, le sens du devoir, sont devenus un péché.»

«Je pense que ce n’est pas Eddy Kapend le coupable mais on ne peut lutter en faveur d’Eddy Kapend que si on trouve un autre coupable».

C’est le sénateur pro-Kabila Abdoulaye Yerodia qui confie cette équation au journaliste Arnaud Zajtman, co-auteur du film «Qui a tué Laurent Désiré Kabila?». Dix ans après, l’enquête, elle, est censée se poursuivre.

Khadidiatou Sylla

Direct.cd