dimanche 24 mars 2013

François Bozize, le MLC et la tragédie de l’Afrique noire !

Dimanche, 24 Mars 2013


Le régime centrafricain du dictateur François Bozizé Yangouvonda issu du coup d’Etat militaire du 15 mars 2003 est tombé ce dimanche 24 mars 2013 face à la dernière estocade portée par la coalition armée Seleka (Alliance en langue Sango parlée dans ce pays).

En effet, il y a 10 ans jour pour jour; ce franc-maçon membre de la Grande Loge nationale française (GLNF) comme la plupart des chefs d’Etats africains actuels renversait son proche parent de président de l’époque Ange-Félix Patassé qui se trouvait en voyage officiel au Niger.

Ni ses frères franc-maçon, ni les troupes de la Fmac (forces militaires de l’Afrique centrale), ni les sud-africains présents sur le sol centrafricain n’ont réussi à sauver le soldat Bozize qui s’est enfui ver le Congo proche en traversant la rivière Oubangui.

L’on se souvient qu’en fin d’année dernière et au début de celle-ci, plusieurs localités et villes du nord vers le sud du pays sont tombées sous le contrôle des forces rebelles, le président français François Hollande ayant refusé son soutien au régime Bozizé.

La France, ancienne puissance coloniale, avait par contre envoyé 250 hommes des troupes à Bangui pour sécuriser l'aéroport et assurer la sécurité des 1250 Français de Centrafrique. Des accords de paix signés à Libreville le 11 janvier 2013 avaient débouché sur la formation d'un gouvernement d'union nationale composé du camp Bozizé, de l'opposition et de la rébellion.

C’est arguant du non respect des dits accords par le clan Bozizé que les rebelles ont déclenché à nouveau les hostilités vendredi 22 mars 2013 et déclaré vouloir mettre en place un gouvernement de transition après la prise de Bangui.

Ce militaire né il y a 66 ans (le 14 octobre 1946) à Mouila au Gabon n’en était pas à sa première depuis l’époque de Jean-Bedel Bokassa en passant par le General André Kolingba et Ange-Félix Patassé. Spécialiste des putschs et d’exil, il a ainsi repris le chemin de la fuite là ou on l’attendait le moins : au Congo Rd de la kabilie.

Le MLC et le cas Bozize.

Personne ne pouvait s’y attendre que le dictateur déchu et sa famille prenne fuite au Congo RD de la kabilie. Et pourtant, c’est chose faite. Le Mouvement pour la Libération du Congo (MLC) du chairman Jean-Pierre Bemba Gombo devra se saisir de cette occasion pour intenter une action en justice internationale contre cet homme.

En effet, c’est pour des présumées crimes commises en Centrafrique entre 2002 et 2003 que JP Bemba croupit injustement dans les geôles de la CPI à La Haye. Plus de 6 ans derrière les barreaux, c’en est de trop pour un homme dont aucun témoin n’a jamais attesté de sa participation directe aux événements auxquelles les troupes de son mouvement à la rescousse d’Ange-Félix Patassé sont accusées.

Ange-Félix Patassé mort, Bozize déchu et en fuite; il ne reste plus qu’aux avocats conseil de JP Bemba dont Me Aimé Kilolo d’introduire une action contre l’ancien président à La Haye afin qu’il soit entendu à son tour. Toute la vérité devra être connue dans cette affaire, car c’est suite au coup d’Etat de Bozize que les troupes du MLC avaient volé au secours de Patassé.

Des témoins soudoyés de Bangui aux Associations de défense de droits de l’homme centrafricaines sous la botte du régime déchu de Bozize, ce sont autant des preuves pour démontrer la bonne collision de ces gens pour faire condamner l’ancien Vice-président congolais.

A leur rescousse, il y aura même eu ces reportages bidons de la télévision congolaise sous l’instigation de la kabilie en Centrafrique soit disant pour retrouver les victimes des massacres des troupes du MLC n’étaient que pur complot de deux régimes décries pour éliminer un concurrent assez coriace en la personne de Jean-Pierre Bemba Gombo.

Une tragédie africaine noire…

Lorsqu’en 1962 au lendemain des indépendances africaines, l’agronome et écologiste français René Dumont (13 mars 1904 – 18 juin 2001) publiait son livre L'Afrique noire est mal partie 1962 suivi de L'Utopie ou la mort ! en 1973, les esprits tordus et mal intentionnés l’accusait de tous les maux.

Cet homme connu pour son combat pour le développement rural des pays pauvres et son engagement écologiste prédisait ce qui se réalise aujourd’hui. Plus de 50 ans que la majorité des pays africains aient accédé à leur souveraineté internationale, l’Afrique noire est toujours plus que mal partie...

A quoi donc a ou aurait servi cette souveraineté si ce n’est qu’à une succession des coups d’Etat militaire à travers le continent, à l’installation des régimes dictatoriaux et prédateurs qui ne se soucient en aucun cas du bien-être de leur populations.

Cette situation ubuesque avait donné l’occasion à un certain Nicolas Sarkozy d’insulter l’Afrique et les africains lors de sa fameuse allocution du 26 juillet 2007 à l’Université Cheikh Anta-Diop de Dakar au Sénégal. Connu sous le nom du discours de Dakar, l’ancien prédisent français aujourd’hui rattrapé par les histoires de la corruption sous la plume de son conseiller Henri Guaino reconnaissait «que la colonisation fut une faute» tout en insinuant que le «drame de l'Afrique noire venait du fait que l'homme noir africain n'est pas assez entré dans l'Histoire. […]

Le problème de l'Afrique, c'est qu'elle vit trop le présent dans la nostalgie du paradis perdu de l'enfance. […] Dans cet imaginaire où tout recommence toujours, il n'y a de place ni pour l'aventure humaine ni pour l'idée de progrès».

L’écrivaine et psychanalyste française Marie Darrieussecq le fait bien remarquer dans Le Huffington Post, édition online du 29 mars 2012 sur ce discours insulte à l’Afrique : «Le comble est que ce discours de juillet 2007 a été prononcé à l'Université Cheik Anta Diop : précisément le chercheur qui a inauguré l'historiographie du point de vue africain.

Il est incroyable de devoir rappeler à des responsables politiques de haut niveau qu'il existe une Histoire africaine, écrite différemment, avec de nombreux auteurs africains ou européens qui l'exhument et la déploient.

Demandons-nous plutôt pourquoi une certaine Europe a tant besoin que l'Afrique n'ait pas d'Histoire..."Un mépris fait de tant d'ignorance", écrit Mamadou Diouf, "les plus désolants clichés de l'ethnologie coloniale", écrit Boubacar Boris Diop, tous deux sénégalais, "héritage intellectuel obsolète, vieux de près d'un siècle", écrit Achille Mbembe, camerounais...

Autant d'auteurs bien vivants qui ont réagi immédiatement au discours de Dakar, qui n'ont besoin de nul Européen pour venir leur expliquer l'Afrique, et qu'on ne peut soupçonner de réduire leur vision à une lecture victimisante.

Ils ont été nombreux aussi à dénoncer ce Président de la République française venu sur le sol africain exhorter les jeunes à se "décider" pour la démocratie, sans dire un mot de la Françafrique, de ses scandales, de la collusion des intérêts politiques et pétrochimiques, de son soutien aux "satrapes" dans un "système de corruption réciproque" (Mbembe).

Quant à la phrase "je ne suis pas venu vous parler de repentance" - n'est-ce pas à l'ancien colonisé d'en décider ? »

N’en déplaise donc aux thuriféraires dictateurs africains, à Nicolas Sarkozy et tous leurs semblables; l’Afrique noire et l’homme noir sont bel et bien rentre dans l’histoire. Ils sont même en marche vers un grand avenir radieux pourvu qu’on leur laisse de décider SEULS de cet avenir et qu’on se le dise !

Roger DIKU Kapotho
Congoone

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