vendredi 29 mars 2013

Négociations de Kampala, réforme de l’armée, Monusco … – Les vérités du Dr Mukwege


Revenu au pays après avoir passé plusieurs mois à l’étranger pour cause d’insécurité, Dr Mukwege, le célèbre gynécologue spécialisé dans la prise en charge des victimes des violences sexuelles à l’hôpital de Panzi, à Bukavu, revit de nouveau dans la psychose de la peur.

En dépit des garanties reçues des autorités tant nationales que provinciales, sa situation sécuritaire personnelle reste fort précaire

Dans sa dernière sortie médiatique, il a craché des vérités sur les négociations de Kampala entre le gouvernement et le M23, la réforme de l’armée et de la police nationale, le travail de la Monusco, la présence des forces négatives au Nord et Sud-Kivu, etc.

S’agissant du deal politique en passe d’être conclu entre Kinshasa et le M23 dans la capitale ougandaise, Dr Makwege se dit scandalisé de voir les gouvernants congolais s’asseoir à la même table que des criminels fichés par les Nations Unies.

Il considère pareille attitude comme une insulte à la mémoire des millions de compatriotes ayant perdu la vie à cause des activités criminelles des forces négatives. Il est de ceux qui pensent que rien de bon ne peut sortir de Kampala.

A son avis, la place de Bosco Ntaganda, Makenga et consorts se trouve dans une cellule de la CPI (Cour Pénale Internationale).

Parlant de la réforme de l’armée, il insiste sur la mise en place d’une armée professionnelle, performante, capable de remplir ses missions de défense de la patrie. A l’heure actuelle, on est loin de cet idéal, avec des soldats loyalistes qui pillent, violent et tracassent les populations civiles.

Pour ce qui est de la Monusco, son grand regret de constater l’impuissance des troupes onusiennes lorsque des populations civiles sont brutalisées, dévalisées et tuées par des forces négatives.

Dr Mukwege pensent, comme beaucoup, que la face cachée de la guerre de l’Est est à cherche non seulement dans l’exploitation frauduleuse des minerais, mais aussi des gisements pétroliers.

Q. Vous avez été victime d’une tentative d’assassinat, qui était à la base ?

R. C’est la question que j’aimerai bien poser à ceux qui ont commis en fait cet attentat. Ils ont même tué mon domestique.

Q. Depuis votre retour au pays, vous n’avez pas des craintes?

R. Si je n’avais pas des craintes, je ne vivrais pas à l’hôpital, je serai chez moi. Tant que je ne connais pas ceux qui ont commandité cet attentat pourquoi ils l’ont fait, je dois être prudent. Je ne sais pas qui était derrière cet attentat. Je ne dois pas trop m’exposer.

Q. Le M23 est un mouvement rebelle actif au Nord-Kivu à l’Est de la RDC et il y a aussi les forces gouvernementales. Qu’est-ce que vous pensez?

R. Les forces gouvernementales, qui violent, détruisent. Il y a une grande question à se poser : Est- ce qu’ils sont vraiment une force gouvernementale, alors que le gouvernement dans ses prérogatives doit protéger les populations et si on assiste à des tels actes vis-à-vis de la population, qui sont-ils ?

Alors que ceux qui sont censés pouvoir protéger les populations sont en train de commettre des exactions sur cette même population. C’est ce qui se passait à Kiwandja, il y a 2 semaines.

Je pense qu’à mon avis, cette question pose toute la composition de ce qu’on appelle « Les Forces Armées de la République Démocratique du Congo. C’est un mélange de tout. Dans les troupes armées, un mélange d’hommes à qui on a donné une arme à 10 ans, à qui on dit avec l’arme, vous aurez de l’argent, des femmes. J’en pense …

Q. Qu’est-ce qu’il faudrait faire?

R. Il faut une armée dissuasive, car, elle n’a pas les mêmes objectifs, sans formation. Je ne crois pas au brassage de l’armée. Car, c’est un échec il faut faire une réforme de l’armée nationale. Pour former les militaires sur base de la protection de la population.

Q. Pour les rebelles du M23?

R. C’est une histoire qui se répète à chaque fois qu’on signe les accords. Il y a des négociations mais il y a toujours une partie qui signe et une autre qui continue la guerre. La RDC est membre des Nations-Unies, comment est-ce que le gouvernement puisse négocier avec les rebelles, qui ne respectent pas les droits humains, il y a une contradiction.

R. Est-ce que vous croyez aux négociations?

R. Moi, je ne crois pas. Je me suis déjà prononcé sur ça. Je ne peux pas comprendre qu’un gouvernement responsable négocie avec les rebelles. Au moment où ils sont sous la sanction des Nations- Unies un mouvement traité comme terroriste par certains Etats. Ils sont sur la liste de sanctions. La RDC est membre des Nations- Unies alors on va aboutir à intégrer encore une fois les criminels dans les territoires congolais.

Q. Qu’est-ce qu’il faut faire?

R. Je dis et je répète, on doit se référer à la loi. Surtout, la loi nationale qu’internationale.

Q. Concernant les forces onusiennes. Que dites- vous?

R. Lors de la chute de Goma, les forces onusiennes étaient impuissantes, incapables de protéger les populations. D’où, il faut leur donner un mandat solide car, ils n’ont pas pu protéger les populations, ce mandat va leur permettre d’agir.

Q. S’agit-il d’une guerre des ressources?

R. Bien sûr, s’il y avait la volonté d’arrêter la guerre, cela serait déjà fait. D’où on se focalise visiblement sur la matière pétrolière…

Q. Qui, qui serait à la base, le Rwanda?

R. Il y a des experts qui ont travaillé, d’où nous devons nous atteler à ce rapport de la Monusco, …

Q. Quelle parade face aux violences?

R. Ce sont des criminels. Ils ont commis des crimes contre l’humanité. Nous avons vu Bosco Ntaganda être acheminé à la Cours Pénale Internationale, il n’est pas le seul. Nous attendons voir la Communauté Internationale juger tout celui qui a commis de tels crimes.

Que le tribunal international fasse son travail. Que justice soit faite.

Propos recueillis par Samantha sur Al Qarra TV

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