mardi 28 mai 2013

Dialogue régional global : Paul KAGAME au dessus de la mêlée

28/05/2013


David Cameron et Paul Kagame

Le Président Tanzanien, Jakaya Mrisho Kikwete, a fait sensation en plaidant pour un dialogue régional global, en vue d’une résolution durable de la crise en RDC, lors du 21ème sommet de l'Union africaine à Addis-Abeba.

Yoweri Museveni a lâché une phrase, en jouant à la prudence : « On discute avec ceux qui veulent discuter et on isole les autres ». Au cours d’une interview accordée à Rfi, Louise Mushikiwabo s’est montré très vexante.

« C’est quand même aberrant ! », a-t-elle qualifié les propos du Président Jakaya Kikwete car, pour elle, ce dernier ne pouvait penser, un seul instant, que le Rwanda devrait s’asseoir à la table des négociations avec les Fdlr.

Pour cause, aux yeux du régime de rwandais « Jusqu’à présent, les Fdlr c’était le diable en question », avant d’ajouter que ceux qui en appellent à un dialogue avec cette force négative ne savent pas de quoi ils parlent.

De l’avis de plus d’un analyste, le point de vue exprimé par le gouvernement de Kigali, à ce sujet, est vraiment incompréhensible. Il va aux antipodes des princes de pacification de la région des Grands Lacs inscrits dans l’accord d’Addis-Abeba.

Accord qui a été paraphé par onze Chefs d’Etats membres de la Communauté pour le développement de l'Afrique australe (Sadc), dont le Rwanda et l’Ouganda, en présence des témoins venus du monde entier.

En optant pour le refus du dialogue avec ses opposants, Paul Kagame veut montrer à la fasse du monde qu’il est au dessus de la mêlée. Il ne peut ni respecter ses engagements devant la communauté internationale, ni militer pour la restauration de la paix et la sécurité dans la région. Il peut donc défier tout le monde.

Le 21ème sommet de l'Union africaine, ouvert au lendemain des célébrations des 50 ans de la création de l'Oua, s'est clôturé ce lundi 27 mai à Addis-Abeba en Ethiopie.

A l’issue de celui-ci, l’organisation panafricaine a abordé diverses questions relatives, notamment à la paix sur le continent et à la sécurité dans la région des Grands Lacs.

Elle s’est également prononcée en faveur d’un transfert à la justice kényane de la procédure engagée par la CPI à l’encontre du Président Kenyan, Uhuru Kenyatta, poursuivi pour «crime contre l’humanité» suite aux violences post électorales de 2007.

Ce, après avoir prix la décision de créer prochainement une Force spéciale d’intervention rapide. Une force composée des soldats disponibilisés par les pays désireux d’intervenir chaque fois que cela sera nécessaire pour rétablir la paix sur le continent.

La question relative à la sécurité dans la région des Grands Lacs à fait objet d’une réunion qui s’est tenue, en marge du sommet, aux premières heures de la journée de dimanche.

Six Chefs d’Etats de la région, ont pris part à cette rencontre, en présence du Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon et de Madame Nkosazana Clarice Dlamini-Zuma, Présidente de la Commission de l'Ua.

C’est à l’issue d’un âpre débat que la Président Tanzanien, Jakaya Mrisho Kikwete, a fait sensation en plaidant pour un dialogue régional global, en vue d’une résolution durable de la crise en Rdc, a annoncé la Rfi.

En plus des pourparlers en cours à Kampala entre le Gouvernement congolais et le M23, il a ainsi défendu l’idée d’une ouverture des négociations entre les Gouvernements rwandais et ougandais et leurs rébellions et oppositions respectifs, notamment les FDLR pour le Rwanda, les ADF-NALU et la LRA pour l’Ouganda.

Réactions des intéressés : seul Yoweri Kaguta Museveni a lâché une phrase le jour même, en jouant à la prudence : « On discute avec ceux qui veulent discuter et on isole les autres ».

Alors qu’on gardait encore, à l’esprit, l’image d’un Paul Kagame qui n’a voulu prononcé aucun mot à ce sujet, ses laboratoires s’activaient à préparer une bombe. Celle qui a explosé de la bouche de sa Ministre des Affaires étrangères.

Au cours d’une interview accordée à Rfi, Louise Mushikiwabo s’est montré très vexante. « C’est quand même aberrant ! », a-t-elle qualifié les propos du Président Jakaya Kikwete car, pour elle, ce dernier ne pouvait penser, un seul instant, que le Rwanda devrait s’asseoir à la table des négociations avec les Fdlr.

Pour cause, aux yeux du régime de rwandais « Jusqu’à présent, les Fdlr c’était le diable en question », avant d’ajouter que ceux qui en appellent à un dialogue avec cette force négative ne savent pas de quoi ils parlent. Bref, une fin de non recevoir sans ménagement.

On ne pouvait pas s’attendre a une autre attitude du Rwanda. Bien avant cette sortie de Mushikiwabo, Paul Kagamé en personne s’était confié à Jeune Afrique pour tourner en bourrique l’actuelle dynamique pour la paix dans les Grands Lacs.

Au sujet de la perspective d’une brigade d’intervention à déployer à l’Est de la RDC et des drones de surveillance des frontières dans la région, le Président rwandais a estimé que cette initiative est tout simplement « absurde ». Pour lui, la crise dans les Grands Lacs est une affaire politique interne à la RDC et qui doit se régler politiquement.

Sur la même lancée, Paul Kagamé a de nouveau rejeté la responsabilité de son pays qui est accusé unanimement de soutenir le M23, renvoyant à nouveau cette rébellion à la responsabilité du Gouvernement congolais.

On comprend, dès lors, que le Rwanda se retient de contribuer sincèrement au règlement de la crise dans les Grands Lacs, affichant une arrogance pour le moins déconcertante.

Kigali voudrais, en effet, faire croire que la crise actuelle date de l’année dernière suite à la rébellion du M23, alors que l’Est de la RDC et l’ensemble de la région des Grands Lacs sont à feu et à sang depuis bientôt 20 ans, si l’on doit partir du génocide rwandais dont les conséquences se font ressentir, non pas au Rwanda, mais en RDC. Idem pour la crise politique en Ouganda qui a déversé ses rebelles en RDC.

C’est le lieu, ici, de poser cette question à Paul Kagamé : les FDLR, la LRA, les ADF-NALU et autres opposants rwandais et ougandais en exil ou en détention en Ouganda et au Rwanda sont-ils tous des problèmes politiques internes à la RDC ?

En attendant de trouver une réponse, on se souvient que malgré sa commisération pour le Rwanda, Susan Rice avait, lors d’une intervention faite à Kigali en novembre 2011, tenu les propos suivants au sujet de la situation politique et des droits de l’homme au pays des mille collines : « La vitalité économique du Rwanda a fait avancer le pays. Les progrès sociaux sont sensibles.

Mais la culture politique du pays reste relativement fermée. Les restrictions sur la presse perdurent. Les activistes de la société civile, les journalistes et les opposants politiques du gouvernement craignent souvent de s'organiser paisiblement et de s'exprimer. Certains ont été harcelés. D'autres ont été intimidés par des visiteurs nocturnes. Et quelques-uns ont tout simplement disparu.

L'approfondissement et l'élargissement de la démocratie peuvent être les prochains accomplissements de ce grand pays et de ses remarquables citoyens. Au Rwanda, le développement économique et l'ouverture politique peuvent se renforcer mutuellement. Tel est le grand défi du développement du Rwanda. »
Défier tout le monde

De l’avis de plus d’un analyste, le point de vue exprimé par le gouvernement de Kigali, à ce sujet, est vraiment incompréhensible. Il va aux antipodes des princes de pacification de la région des Grands Lacs inscrits dans l’accord d’Addis-Abeba.

Accord qui a été paraphé par onze Chefs d’Etats membres de la Communauté pour le développement de l'Afrique australe (Sadc), dont le Rwanda et l’Ouganda, en présence des témoins venus du monde entier.

En optant pour le refus du dialogue avec ses opposants, Paul Kagame veut montrer à la fasse du monde qu’il est au dessus de la mêlée. Il ne peut ni respecter ses engagements devant la communauté internationale, ni militer pour la restauration de la paix et la sécurité dans la région. Il peut donc défier tout le monde.

Défier tout le monde, Kagame l’a déjà fait et il continue sur la même lancée. L’opinion publique internationale en convient.

Ce petit dictateur du 21ème siècle a du culot. Il fait exception dans un environnement politique mondiale où tout comportement d’acteur est jugé au regard de croissance de la démocratie, des droits de l’homme et de la liberté d’opinion.

Son pays est le seul de la région, voir du Continent sinon, de la planète où le parlement est intégralement composé d’un seul courant de pensée politique.

Il n’y a aucun opposant au régime dans une assemblée législative qui compte 80 députés et 26 sénateurs. Et les opposants n’y sont pas parce qu’ils n’ont pas été capables de se faire élire mais pour n’avoir pas osé lever leur petit doigt et briguer un manda.

Surtout, puisqu’il n’est pas indiqué d’être opposant au régime de Kigali. Depuis son accession au pouvoir dans les années 1994, Kagame règne en maître absolu. Imprégné de la philosophie Machiavéliste pure, il a réussi à liquider soit politiquement, soit physiquement tout ces opposants.

Tout celui qui s’hasarde de s’opposer à lui, l’homme fort du Rwanda le pourchasse jusqu’à ce qu’il quitte le pays ou qu’il se retrouve en prison.

Et même alors, chaque jour qui passe, des stratégies sont mises en œuvre pour les réduire carrément au silence. Les derniers cas en date sont ceux de Madame Victoire Ingabire et du Général Kayumba Nyamwasa qui ont tenté de réfléchir autrement sur la gestion des affaires publiques.

La dame croupit en prison sous de lourdes charges de « négation du génocide » tandis que l’ex-général de l’armée rwandaise vit en Afrique du Sud avec la peur permanente d’être arraché à l’affection des siens à tout moment.

Idéologie du génocide

Ce qui est étonnant dans tout ça, c’est le fait que toute la « rigueur » reconnue à la communauté internationale dans la quête des droits et libertés fondamentaux des peuples semble être oubliée lorsqu’il faut regarder en direction du Rwanda.

Ce pays se croit tout permis sur son territoire et dans la région des Grands Lacs comme si aucune règle ne s’appliquait à lui, ni à ses dirigeant. Et même quand des rapports corroborés le charge d’être à la base de la précarité de la situation et de la pérennisation de l’insécurité dans l’est de la Rdc, personne ne s’en préoccupe foncièrement.

C’est en se moment là même, qu’il se fait élire comme membre non-permanent du conseil de sécurité de l’Onu.

Toutes analysées confrontées, l’idéologie du génocide serait à la base des certains privilèges dont jouit le pays de Kagame.

De l’avis de ceux qui ont la maîtrise du dossier, le général Kagame aurait réussi de mettre à son profit les retombés du massacre, en 1994, de près de 800 mille de ses frères tutsis.

A l’aide d’une forte machine de communication déployée à travers le monde, celui qui était incendiaire à réussi à se faire passé pour la plus grande victime.

Et la plupart d’acteurs des relations internationales, étant tombés dans les mailles de son filet, regardent indolents et nonchalants des bévues commises par Kagame au détriment des millions d’âmes.

Aujourd’hui que le Rwanda a, pour la énième fois, montré sa mauve foi en refusant de mettre en œuvre de l’accord-cadre, signé à Addis-Abeba, pour la paix dans l’est de la Rdc et dans la région des Grands Lacs, l’opinion attend voir la réaction de la communauté internationale.

Sinon, on se rendra compte que Kagame n’est jamais seul dans sa besogne.

D’ailleurs, on a toujours soutenu qu’il a toujours été au service de la « Coalition internationale pour la déstabilisation du Congo (Cidc) ». Cette nébuleuse constitués par certains acteurs des relations internationales pour mettre en œuvre le plan de la balkanisation de la Rdc.

Malheureusement, pour eux, les Congolais sont, plus que jamais, ensemble, mobilisés et déterminés pour faire échec à cette initiative maléfique.

[Jean-Luc MUSHI-MPAKU]
© KongoTimes

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