Thursday, 04 July 2013
Comment ne pas penser à ce morceau joyeux au refrain entraînant, « Indépendance Cha Cha », composé à Bruxelles (Belgique) en 1960 par Joseph Kabasele, alias Grand Kallé, et son orchestre African Jazz, pour célébrer l’indépendance, cette fierté retrouvée, cette dignité conquise à force de luttes ?
Il n y a ni de bonnes, ni de mauvaises
réponses, mais seulement des gestes patriotiques dynamiques et des
actions citoyennes hardies et ambitieuses à la hauteur des talents et
des compétences des Congolais.
Robert Kongo
Le Potentiel
Cinquante-trois ans, c’est
peu à l’échelle de l’histoire du monde. C’est en revanche une éternité
pour un peuple qui se bat pour l’amélioration de ses conditions de vie.
Le 30 juin 1960 est la date qui symbolise pour la RDC et les Congolais la libération de la domination coloniale. Ce jour-là, les Congolais avaient manifesté leur joie à l’indépendance, et l’espoir de bâtir un pays plus beau qu’avant était né.
Le 30 juin 1960 est la date qui symbolise pour la RDC et les Congolais la libération de la domination coloniale. Ce jour-là, les Congolais avaient manifesté leur joie à l’indépendance, et l’espoir de bâtir un pays plus beau qu’avant était né.
Comment ne pas penser à ce morceau joyeux au refrain entraînant, « Indépendance Cha Cha », composé à Bruxelles (Belgique) en 1960 par Joseph Kabasele, alias Grand Kallé, et son orchestre African Jazz, pour célébrer l’indépendance, cette fierté retrouvée, cette dignité conquise à force de luttes ?
Mais, après cinquante-trois ans de
marche vers la réalisation de ce rêve tant espéré , que de défis ! Des
interrogations demeurent, notamment sur la gestion des affaires
publiques, l’éducation, la sécurité des personnes et biens, la santé,
qui sont pourtant des domaines prioritaires, indispensables pour tout
développement.
La cupidité et la corruption, la
délinquance financière et la mauvaise gestion des affaires publiques, le
cynisme des dirigeants, l’absence de gouvernance responsable demeurent
un fléau. L’unité de la nation congolaise, consacrée par la
Constitution, est mise à mal par des guerres successives et des
rébellions dans l’Est du pays.
Le pays de Joseph Kasa-Vubu, père de
l’indépendance nationale ( n’en déplaise aux falsificateurs de
l’Histoire ) , est l’un des pays les plus pauvres du monde, malgré ses
immenses ressources naturelles
Selon l’étude du Programme des Nations
unies pour le développement (PNUD) publiée en 2012, la RDC arrive au
186e et dernier rang -avec le Niger- du classement de l’Indice du
développement humain (IDH).
Près des trois quarts des 68 millions de
Congolais (74%) vivent en dessous du « seuil de pauvreté
multidimensionnel » qui tient compte de l’accès aux soins et de
l’alimentation.
On s’était fait à l’idée, dès
l’indépendance, que la RDC ne serait jamais parfaite, car elle est
composée et dirigée par des humains ; des humains qui sont capables du
meilleur autant que du pire.
Mais on savait que les erreurs et les abus
du passé rappelleraient toujours aux Congolais le besoin de s’ améliorer
sans cesse, d’apporter les ajustements nécessaires, le cas échéant, et,
finalement de toujours préserver la patrie aux fins de la remettre
intégralement aux mains des générations naissantes et futures. C’est
d’ailleurs un gage de survie, de continuité et d’épanouissement pour
toute société organisée.
On s’était également fait à l’idée que
la vie nationale collective ne serait pas facile ; tant de choix à
faire, de défis à relever, de responsabilités à assumer. Mais on
espérait voir germer dans le cœur de chaque Congolais un incoercible
sentiment de profond amour pour le pays , une exigence, voire une
obligation de le chérir et de le protéger.
L’amour des Congolais pour leur pays est
connu de tous. C’est tout à fait vrai. Les musiciens l’ont chanté et
immortalisé. C’est encore juste. Toutefois, cet amour qu’ont les
Congolais pour cette terre qui les a vus naître, est-il un amour vrai,
caractérisé par un patriotisme authentique ?
Un patriotisme authentique qui exprime
un civisme et une participation citoyenne, et surtout qui fait appel à
la capacité des Congolais de servir le pays sans rien attendre en
retour sinon que la fierté citoyenne d’avoir contribué au bonheur de la
nation.
Car, il n y a pas de plus grande expression de patriotisme que
de se mettre au service de son pays et que chaque personne qui détienne
une responsabilité dans la société se souvienne qu’elle est, avant tout,
au service des autres.
L’inconscience de tous a entraîné la RDC
dans le gouffre. Le manque d’éthique des dirigeants a fini par faire
plonger le pays dans une gouvernance malsaine.
Les Congolais assistent,
médusés et impuissants depuis environ quatre décennies, à une
dégradation accélérée de leurs modes de vie et à un effritement prononcé
de cette liberté arrachée par les vaillants combattants dans la lutte
pour l’indépendance.
DEFENDRE ET PROTEGER LA DIGNITE DES CONGOLAIS
Si les Congolais veulent réellement
donner au pays un regain d’énergies citoyennes, ranimer la fierté
patriotique commune, retrouver cette liberté reçue en héritage et
transformer cette ère difficile en une ère agréable, ils doivent s’y
investir immédiatement et massivement dans ce qui constitue la raison
existentielle de leur patrie : défendre et protéger la dignité des
Congolais ; une dignité dont la valeur est inaliénable et universelle.
Le philosophe Kant ne nous a-t-il pas enseigné que la dignité de l’être
humain est sacrée ?
Il y a des pratiques à abandonner, à
éradiquer : les ambigüités dans les choix politiques, la course effrénée
vers l’argent et le pouvoir, l’iniquité du système judiciaire,
l’extrême concentration de la richesse dans des mains pas trop
nationalistes, la centralisation à outrance de l’administration.
Il y a
aussi des choses à cultiver et à faire grandir irrémédiablement : la
souveraineté nationale, l’unité nationale, le dialogue national ainsi
que l’émergence d’une économie au service du peuple et de la nation.
Le Congo-Kinshasa est aujourd’hui
humilié, pourtant craint et respecté dans les années 60-70 ! Il est
devenue l’un des maillons faibles du continent. Il appartient aux
Congolais de réveiller son esprit de grandeur et définir ses priorités
d’avenir pour gagner la bataille du XXIe siècle.
Pour ce faire , il va falloir poser les
bases d’un Congo nouveau en rénovant le présent dévasté par les
incohérences (provoquée et entretenues par les Congolais eux-mêmes )
pour le rendre apte à regarder l’avenir avec sérénité, et arrimer le
quotidien à la promotion d’une société égalitaire et respectueuse du
rêve des pionniers de l’indépendance.
Ainsi, les Congolais auront
réveillé dans la conscience nationale les idéaux de grandeur endormis
depuis trop longtemps et trop profondément dans la mémoire collective.
UN DEVOIR POUR TOUS
A défaut de pouvoir changer le passé, il
serait sage de s’en inspirer et de s’engager ensemble à construire le
futur. Ce chantier collectif fait appel à toutes les strates sociales
congolaises. Un devoir pour tous.
Des politiques, qui doivent avoir une
vision du pays la plus claire et la plus imaginative possible, et qui
doivent définir les normes d’une réelle démocratie, pas n’importe
laquelle, une démocratie qui fera enfin décoller cette refonte du
système politique initiée au début des années quatre-vingt dix et qui
est porteuse de grands espoirs pour la nation.
Des acteurs de la finance, qui doivent
revisiter le système économique, revoir son mode de fonctionnement.
Surtout pas de demi-mesure pour satisfaire quelques ambitions
personnelles.
Il faut prendre à bras-le-corps
l’élaboration d’une nouvelle architecture économique destinée à doter le
pays d’une classe moyenne nombreuse, entreprenante et instruite.
Les intellectuels doivent y participer, y
contribuer, eux aussi, en transmettant aux jeunes une formation solide
et authentique, car une démocratie forte et une économie saine
requièrent la contribution de citoyens instruits.
Et quant aux jeunes, porteurs de grandes
valeurs pour l’avenir de la RDC, mais souffrant d’un profond manque
d’imagination morale, ils doivent avoir l’audace de résister à l’appât
de la facilité financière que leur offre la déchéance sociale.
Qu’ils
sachent aussi que l’ascension du pays vers la rédemption se trouve entre
leurs mains.
Naturellement, la gent masculine doit
comprendre et admettre que tout cela ne se fera pas sans la
participation sensible des femmes congolaises. Elles sont
incontournables, « non-indexables » car c’est par elles que la
prospérité économique arrivera puisqu’elles ont toujours été et sont
encore les poumons du Congo.
Femmes d’action et de cœur, femmes
d’acharnement et de persévérance, elles doivent se donner pour mission
d’imprégner la pensée économique nationale d’une nouvelle sensibilité
sociale et surtout d’infuser un peu de sagesse et d’équilibre à la
politique congolaise longtemps désertée par le sens de la répartie.
TRANSFORMER LE PAYS ET ACHEVER L’INDEPENDANCE
Est-ce utopique de croire encore en un
rêve commun, en un idéal commun, en une nation commune ?
Est-ce farfelu
de croire que la RDC puisse être un pays confiant dans son avenir ?
Non, le miracle est encore possible si,
animés d’un patriotisme sincère, mais austère, d’un dévouement civique
et sans limites, les Congolais acceptent d’y consentir les sacrifices
politiques adéquats, acceptent d’y déployer les efforts sociaux requis,
acceptent d’y dépenser les énergies citoyennes nécessaires au lieu de
s’accrocher aux convictions obscurantistes, jusqu’au-boutistes et
rétrogrades ou mieux à la peur d’être dépassé par un futur incertain.
Les Congolais ont le devoir de
transformer le pays, l’obligation d’achever l’indépendance. Et pour que
cela soit possible, il faut se tenir les uns à côté des autres formant
une véritable nation unanime, tricotée à mailles serrées.
Ils doivent panser leurs « blessures
sociopolitiques » et retisser leurs fragiles liens sociaux, se libérer
de leurs peurs et vaincre chacune des résistances des uns et des autres
afin de rétablir le juste équilibre et une connexion féconde entre les
diverses couches sociales, politiques et économiques de la nation
congolaise, avoir un comportement patriotique, un respect toujours plus
grand de l’autre.
Ils doivent se donner les moyens de
leurs ambitions, et ces moyens sont entre autres : un nouveau rapport
d’équilibre entre les hommes et les femmes, des leaders forts et engagés
au côté du peuple, une démocratie citoyenne vigoureuse et authentique.
C’est alors et alors seulement que le
rêve d’un Congo plus beau qu’avant, c’est-à-dire plus humain et plus
juste, totalement libéré de l’exploitation économique, de la dictature
politique, de l’exclusion sociale, des querelles intestines, trouvera
écho en leurs âmes et consciences et conséquemment, non seulement , ils
raviront à la communauté internationale tout espoir de les réoccuper,
mais, encore et surtout, ils confirmeront au monde entier que
l’indépendance de la RDC n’a pas été un accident de l’histoire.
Que le 53ème anniversaire de
l’indépendance de la RDC réveille la conscience citoyenne des Congolais
pour trouver réponse à la question suivante : que veulent faire les
Congolais de leur beau et grand pays ? C’est de leur conscience
citoyenne que jaillira en effet la réponse.
Robert Kongo
Le Potentiel

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