Le président sortant, Laurent Gbagbo, est arrivé en tête du premier tour devant l'ancien Premier ministre Alassane Ouattara. Un second tour devra donc départager les deux hommes, qui se vouent une haine réciproque...
Les Ivoiriens vont devoir de nouveau se rendre aux urnes. En effet, l’actuel président, Laurent Gbagbo, est arrivé en tête du premier tour de l'élection présidentielle, qui s’est tenu dimanche dernier, mais il n’a pas recueilli la majorité absolue.Par FRANCE 24 (texte)
François PICARD / Tatiana MOSSOT / Willy BRACCIANO , envoyés spéciaux en Côte d'Ivoire (vidéo)
François PICARD / Tatiana MOSSOT / Willy BRACCIANO , envoyés spéciaux en Côte d'Ivoire (vidéo)
Avec 25,24% des voix, l’ex-chef d’État Henri Konan Bedié est éliminé, même si son parti, le PDCI, demande un recomptage des bulletins de vote. D'ailleurs, des centaines de partisans de l'ancien président se sont rassemblés ce jeudi devant le siège du PDCI pour contester les résultats, selon l’envoyé spécial de France 24, Willy Bracciano. Henri Konan Bedié a d’ailleurs annoncé qu’il envisage de déposer un recours.
L’enjeu de ce second tour est de savoir quel candidat va bénéficier du report de voix. À priori, c’est Alassane Ouattara qui devrait obtenir les faveurs d’Henri Konan Bedié, les deux hommes étant alliés depuis 2005 au sein du Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP). Mais il n'est pas évident que les électeurs d'Henri Konan Bédié suivent une éventuelle consigne de vote, tant les différends sont vivaces entre militants et cadres des deux camps.
Après la proclamation des résultats, aucun débordement n’a été constaté, que ce soit à Abidjan, la capitale, ou à Bouaké (centre), le fief de l'ex-rébellion des Forces nouvelles (FN), qui contrôlent le nord du pays depuis le putsch raté et la guerre de 2002.
"Une inimitié ancienne et profonde"
Malgré ce calme relatif, le pays est en effet sous tension, car le second tour va voir s’affronter deux hommes liés par "une inimitié ancienne et profonde", selon Vincent Hugeux, grand reporter au magazine "l’Express".
"Laurent Gbagbo n’a jamais pardonné à Ouattara, alors Premier ministre de Houphouët-Boigny, d’avoir avalisé, sinon ordonné, son emprisonnement au début des années 1990", affirme-t-il sur l’antenne de France 24. De plus, l’actuel président, au pouvoir depuis 2000, considère toujours Ouattara "comme l’inspirateur et le financier de la rébellion, qui, en septembre 2002, a failli lui coûter son fauteuil".
Comme prévu, l’ex Premier ministre enregistre ses meilleurs résultats dans le nord du pays, dont il est originaire et où les soldats s'étaient soulevés contre le pouvoir de Laurent Gbagbo, en 2002.
Le Conseil de sécurité de l'ONU a exhorté les candidats de cette élection, six fois repoussée depuis 2005, à "maintenir un environnement calme et pacifique et à accepter les résultats", tout en appelant les supporteurs des deux camps à éviter "toute provocation ou violence".



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