
Ban Ki-moon (SG ONU) et Nicolas Sarkozy (président français) Ph : DR- ©
(AfriSCOOP Analyse) — Les Occidentaux surveillent leurs intérêts en Afrique dans les moindres détails. Et ils aiment le rappeler, de façon voilée, lors de chaque opération électorale. Surtout lors des présidentielles. La Côte d’Ivoire vient encore d’être le terrain de la perpétuation de cette sordide donne en Afrique. Au grand dam des Togolais, des Gabonais, etc….
Il n’y a que les élites africaines, essentiellement celles qui sont au pouvoir, qui n’ont pas encore compris que les « Etats n’ont pas des amis ; ils n’ont que des intérêts » !! Les Occidentaux ne se font pas prier généralement pour appliquer cette règle importante dans la définition de la géopolitique mondiale.
Dans le bras de fer en cours en Côte d’Ivoire, la communauté internationale (au sein de laquelle les voix des puissances occidentales prédominent) a choisi sans ambages son camp : celui du Rdr et de M. Ouattara. Sans chercher forcément à soupeser les griefs que brandit le Fpi à l’encontre de son principal adversaire politique…
Amnésiques, vous êtes : dirigeants occidentaux
Qu’a donc Ado de plus que Jean-Pierre Fabre, Pierre Maboundou, Me Sankara, John Fru Ndi, Jean-Pierre Bemba, Raila Odinga, Morgan Tsivangiraï, Alpha Condé, etc. ? Autant de noms de leaders d’oppositions en Afrique qui ne laissent pas indifférents tous ceux qui, à un moment ou à un autre, se sont mêlés à la lutte pour l’instauration d’une société plus juste sur leur terre natale. A diverses occasions, surtout au lendemain de joutes présidentielles (critiquées et critiquables sur le plan organisationnel), ces opposants précités ont lancé des cris d’appels au secours au reste du monde.
Pour entre autres mettre à nu les fraudes ubuesques en cours dans leurs Républiques respectives. Rares ont été les puissances occidentales qui ont accouru à leurs secours ; quand elles ne les ont pas tout simplement dédaignés. Les conséquences de ces mutismes subits, voulus et entretenus par des nations qui prétendent être les défenseurs de la Justice sur la planète sont connues.
Au Togo, en avril 2005, la répression de la contestation populaire, après la proclamation des résultats de la présidentielle la même année, a fait au moins 500 morts ! Le pays des Gnassingbé venait d’inaugurer un nouveau cycle macabre de violences électorales en Afrique, 45 ans après les « indépendances africaines ». En tout et pour tout, devant ce drame humain précité, toutes les grandes capitales de la planète diront à titre de réactions qu’elles « ont pris acte des résultats » issus de ces violences électorales venant d’une autre époque. Cette indolence des « Grands de la planète » ayant fait jurisprudence, 24 mois plus tard (en 2007), le Kenya fera pire que le Togo. A travers la seule volonté du président Mwai Kibaki de ne pas quitter le pouvoir après avoir perdu le scrutin présidentiel de cette année-là.
Le même Togo reviendra au devant de l’actu francophone d’Afrique, au début de l’année 2010. Avec une présidentielle au cours de laquelle des gendarmes togolais ont cru bon de saisir et de brûler les Pv (Procès-verbaux) de l’opposition, alors qu’elle procédait à sa propre compilation des résultats du scrutin auquel elle a pris part. M. Fabre a ameuté la planète avec toutes les forces de ses cordes vocales. Au sujet de cette injustice. Paris et ses partenaires du « monde Blanc » n’en auront que cure.
Pas loin de nous, au cours du second semestre 2009, Pierre Maboundou a tout fait pour démontrer au monde que Bongo Jr n’a jamais été élu par ses compatriotes. Ses démonstrations n’ont jamais interpellé la conscience d’un seul décideur du Nord ! Cette infortune a aussi été vécue au cours des dernières années par des hommes comme Me Sankara, John Fru Ndi, Jean-Pierre Bemba, Morgan Tsivangiraï, Alpha Condé, sans que les modèles de démocratie du globe ne s’en émeuvent.
Gbagbo a donc le droit de voir systématiquement la main de l’étranger derrière les appuis multiformes apportés ces dernières heures à M. Ouattara. Même si ces soutiens se fondent sur la vérité officielle des urnes. Même en étant défigurée par un conflit interminable, la belle « Côte d’Ivoire » continue d’aiguiser l’appétit des anciens colons. Qui d’Ado ou de Gbagbo va remporter la mise de l’étranger ? Vivement, l’émergence d’une nouvelle classe de politiques en Afrique, pour comprendre et défendre les vrais intérêts du continent noir.
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