Trente-six heures sur place. Deux longs entretiens avec Laurent Gbagbo à sa résidence. Une rencontre de trente minutes avec Alassane Ouattara à l’hôtel du Golf. Sans oublier deux séances de travail avec Youn-jin Choi, le représentant spécial de l’ONU. Thabo Mbeki n’a pas ménagé sa peine, et pourtant, au final, sa médiation semble être un échec.
Au départ, l’ex-président sud-africain avait une feuille de route. Il devait expliquer à Laurent Gbagbo que, pour l’Union africaine, il y avait un vainqueur à l’issue de la présidentielle du 28 novembre, celui que la Commission électorale avait désigné - à savoir Alassane Ouattara -, et qu’il fallait donc en tirer les conséquences. Mais le président sortant n’a rien voulu savoir. Il s’est retranché derrière la décision du Conseil constitutionnel, qui le donne gagnant.
Thabo Mbeki a bien essayé d’organiser une rencontre entre les frères ennemis, mais les deux hommes ont refusé. Confidence du médiateur sud-africain : « C’est le dialogue de sourds. Tous deux sont dans une logique d’affrontement ». Pour l’heure, l’Union africaine passe la main, et cède la place à la Cedeao, l’organisation sous-régionale. Celle-ci se réunit ce 7 décembre au Nigeria, et pourrait envoyer à son tour un émissaire, mais cette fois avec de vrais moyens de pression.
Tous les regards tournés vers Abuja
Selon une source digne de foi, la Cédéao devrait adopter ce mardi 7 décembre une position très ferme sur la Côte d'Ivoire. Dans l'arsenal des mesures envisagées, outre une nouvelle condamnation de l'élection de Laurent Gbagbo, les chefs d'Etat de la Cédéao envisageraient d'imposer des sanctions.
Cette organisation devrait également nommer un émissaire pour une médiation de la dernière chance. Le nom de l'ancien président Nigérian Oléségun Obasanjo est cité dans les milieux diplomatiques. La communauté des Etats d'Afrique de l'ouest est sous la pression de Washington et des Nations unies.
On sait que le Conseil de sécurité va tergiverser, à cause des chinois et des russes.
De source diplomatique, le secrétaire général de l'ONU, compte donc sur l'implication de la Cédéao dans ce dossier pour faire ce que son organisation ne peut pas faire, c'est à dire, éventuellement, envisager une opération militaire.
Selon une source diplomatique, le président nigérian, Goodluck Jonathan est sous double pression des Américains et des Européens pression pour qu'il fasse preuve de fermeté.
L’ONU rapatrie son personnel « non essentiel »
Dans son discours d’investiture, Laurent Gbagbo n’avait pour sa part pas hésité, sans la nommer directement, à mettre en cause l’ONU , estimant en substance qu’il y avait une ingérence insupportable de sa part, contraire au principe de souveraineté nationale.

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