vendredi 3 décembre 2010

Hier en présence de Ouattara et Bédié au Golf Hôtel : Soro contraint Bakayoko à livrer de faux résultats

Sa famille menacée de mort à Séguela par les rebelles, c’est un Youssouf Bakayoko vulnérable qui a répondu hier, dans la matinée, par politesse, à l’invitation de Guillaume Soro Kigbafori au Golf Hôtel, quartier général de l’ONUCI où se sont retranchés, depuis deux jours, Alassane Ouattara et Henri Konan Bédié. Le Premier ministre et Secrétaire général des Forces nouvelles (rébellion armée) voulait vaille que vaille, depuis mercredi dernier, que le président de la CEI lui fasse le point de la situation concernant les résultats du second tour de la présidentielle 2010. Selon des sources proches de la Commission électorale indépendante (CEI), Youssouf Bakayoko avait déjà été invité en ces lieux, mercredi matin, pour s’entendre dire qu’il doit y donner le résultat de l’élection. Refus poli de l’homme. Hier jeudi, aux environs de 10h, la même invitation lui a été renouvelé, cette fois avec fermeté car, aurait-il appris, la vie de sa famille serait menacée à Séguéla, en zone CNO sous contrôle rebelle. C’est dans ses conditions que Youssouf Bakayoko qui savait de toutes les façons que le délai de proclamation des résultats provisoires par la CEI avait expiré depuis mercredi à minuit, s’est rendu, affaibli, à l’invitation de Soro au Golf Hôtel de Cocody-Riviéra.
A son arrivée, grande fut sa surprise de se trouver Guillaume Soro entouré de Henri Konan Bédié et Alassane Dramane Ouattara. Pris en « otage » et séquestré de 10h à 17h, Youssouf Bakayoko est contraint par Soro et ses deux alliés de « s’expliquer sur les raisons pour lesquelles la proclamation des résultats provisoires ne s’est pas faite ». Le président de la CEI, au dire de nos sources, révèle le blocage qui sévit au sein de la commission centrale de la CEI relativement aux violences qui ont émaillé le vote dans le Nord. Il parle également des plaintes déposées par La Majorité présidentielle (LMP) à la CEI et au Conseil constitutionnel qui démontrent que le vote dans le Nord n’a été ni transparent ni démocratique. M. Bakayoko conclut, a-t-on appris, en soulignant que c’est désormais au Conseil constitutionnel que revient légalement le droit de trancher les contentieux et proclamer les résultats définitifs. D’autant que la CEI n’a pu annoncer les résultats provisoires.
Sur ce, Bédié, Ouattara et Soro répondent quasiment en chœur « qu’ils n’accepteront pas les résultats que proclameront le Conseil constitutionnel ». Soro récupère des résultats provisoires non validés par la Commission centrale de la CEI et truffés d’incorrections qu’il met automatiquement à la disposition d’Alassane Ouattara. Celui-ci les remet à son équipe dont Hamed Bakayoko qui les livre à la presse internationale appelée en catimini au Golf Hôtel. Ces journalistes et cameramen avaient été discrètement ameutés par le RDR quelques heures avant l’arrivée de Youssouf Bakayoko au Golf Hôtel. La suite est connue. Dans une parfaite campagne d’intox, la presse internationale ventile, à travers le monde, les faux résultats de la présidentielle en Côte d’Ivoire. Libéré par ses bourreaux, Youssouf Bakayoko a regagné son domicile, tout abattu et interloqué, après avoir dit ce que Bédié, Ouattara et Soro voulaient entendre. La large majorité des commissaires centraux de la CEI sont tombés des nues en apprenant l’intox des médias internationaux.


Didier Depry (ddepry@hotmail.com)

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