Elle soupçonne Paris de soutenir Ouattara et la diffusion des médias audiovisuels français a été suspendue.
Un homme en arme devant le siège de campagne de Laurent Gbagbo le 2 dzécembre 2010 à Abidjan (© AFP Issouf Sanogo)
«Le coup d'Etat de la France a encore échoué». Le quotidien pro-GbagboNotre Voie a embouché ses trompettes anti-françaises, comme au plus fort des tensions des années 2002-2005 entre la Côte d'Ivoire et l'ancienne puissance coloniale, dirigée alors par Jacques Chirac.Jusqu'ici, la presse dite «bleue» (la couleur affichée en manchette), acquise à la cause du régime, était relativement sobre avec l'ancienne puissance coloniale, qui a veillé durant toute la campagne électorale à demeurer en retrait. Mais cette trêve a volé en éclats avec la proclamation des résultats provisoires par le président de la CEI (Commission électorale indépendante), Youssouf Bakayoko, jeudi à l'hôtel du Golf d'Abidjan. Le pouvoir ivoirien soupçonne en effet Paris de l'avoir poussé à prendre ses responsabilités pour sortir de l'impasse politique.
Jeudi soir, les autorités ivoiriennes ont fait suspendre la diffusion des médias audiovisuels français (RFI, France 24, I-Télé), accusant la presse étrangère de jeter de l'huile sur le feu. Un reproche récurrent dès que la situation se tend en Côte d'Ivoire. Le président du Conseil constitutionnel, Paul Yao N'Dré, a lui aussi reproché aux médias étrangers de jouer un «jeu dangereux». Mercredi soir, Euronews avait annoncé la victoire de Ouattara avant que la CEI ne statue.
Ce vendredi matin, à Abidjan, plusieurs journalistes français qui tentaient de tourner des images ont été menacés et empêchés de travailler.
De son côté, la télévision nationale ivoirienne passe en boucle l'allocution diffusée la veille du président du Conseil constitutionnel dans laquelle Paul Yao N'Dré annonce qu'il va proclamer les résultats définitifs de l'élection présidentielle du 28 novembre dernier.
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