mercredi 1 décembre 2010

RDC : L’hypocrisie de la communauté internationale est manifeste

image Conseil de sécurité de l'ONU


Conseil de sécurité : Embargo sur les armes en Republique Democratique du Congo, une prolongation inutile
La résolution 1952 rédigée par la France renouvelle cet embargo jusqu’au 30 novembre 2011 en raison de nouvelles attaques contre des villages à l’Est du pays. Mais s’il y a réellement embargo depuis sept ans, comment les groupes armés rebelles se ravitaillent-ils en armes ? C’est donc un embargo injuste et inutile empêchant la Rd Congo de s’acheter des armes pour sécuriser le territoire national.
Le Conseil de sécurité des Nations Unies a décidé, en sa séance de lundi 29 novembre dernier, de renouveler pour une année les sanctions contre les personnalités de la République démocratique du Congo et surtout l’embargo sur les armes imposé à ce pays depuis 2003. Par cette décision, l’organe des Nations Unies a exprimé son inquiétude de fait de nouvelles attaques armées qu’ont subies dernièrement de nombreux villages à l’Est du pays.
La Résolution 1952 rédigée par la France renouvelle cet embargo sur les armes jusqu’au 30 novembre 2011. Et ces sanctions, toujours selon le même texte, incluent des restrictions sur le trafic aérien et des sanctions financières contre les dirigeants du pays ainsi que les miliciens rwandais et des groupes de rebelles actifs en République démocratique du Congo. La Résolution reconnaît « le flux continu et illicite d’armes dans le pays, en particulier à l’Est en proie à des violences. » Elle exprime sa « grave inquiétude » à propos de meurtres et de déplacements de civils, l’utilisation d’enfants associés aux groupes armés et les viols en série de femmes dans les provinces de l’Est surtout aux mois de juillet et août derniers.

Le Conseil de sécurité a diligenté des enquêtes

Par ailleurs, le Conseil de Sécurité a donné son aval pour vérifier si de l’argent versé à des individus et des entreprises pour des minerais et des pierres précieuses importés de la Rdc va à des groupements armés qui aggravent les conflits armés dans le pays. Il faut également souligner que la résolution du Conseil de Sécurité a exposé son soutien à de nouvelles réglementations qui exigeraient que les utilisateurs de minerais du Congo vérifient l’origine de leurs importations. Ces réglementations sont recommandées par le comité des experts pour les sanctions de l’ONU sur la Rdc, lesquelles recommandations n’ont pas encore été diffusées.
Selon l’ambassadeur américain aux Nations Unies, Mme Susan Rice, ces réglementations limiteraient de façon significative le commerce illicite des minerais, qui a suscité les violences en Rdc depuis autant d’années. L’embargo sur les armes en Rdc date de 2003 et vise les multiples milices armées de l’Est, singulièrement dans les provinces du Nord Kivu, du Sud Kivu et du district de l’Ituri, dans la Province Orientale, où règne un climat d’insécurité de façon permanente.

L’hypocrisie de la communauté internationale est manifeste

La Résolution du Conseil de sécurité de l’ONU n’a pas beaucoup de différence avec le Rapport Mapping qui passe en revue la situation sécuritaire en Rdc, de 1993 à 2003. Ici comme là, il ne décèle nulle part l’implication des puissances d’argent qui se retrouvent toutes dans les pays occidentaux. A telle enseigne que les observateurs des relations internationales se posent toujours la question de savoir si vraiment il y a eu embargo sur les armes en Rdc ; et depuis 7 ans, où les différents groupes armés se ravitaillent-ils en armes ?
La réponse est que ces armes sophistiquées dont ils disposent proviennent des pays occidentaux bien connus, que la communauté internationale se garde de dénoncer dans les arènes internationales. Sans ce commerce juteux, ils ne sauront pas faire fonctionner leurs industries d’armement. Pour ces dernières, la guerre ou les situations conflictuelles en République démocratique du Congo sont une aubaine pour elles. L’expression anglaise « No war no job no benefit » (pas de guerre, pas de travail et donc pas de bénéfice) utilisée souvent par des médias occidentaux parle d’elle-même. Ces pays n’ont jamais souhaité que la paix revienne totalement dans ces régions car cette paix signifierait le chômage de leurs industries. L’hypocrisie de la communauté internationale saute aux yeux.

L’échéance du 30 novembre 2011

Il y a lieu de souligner que le même embargo en armes jamais été prononcé contre le Rwanda qui, à l’époque de ses relations troubles avec la Rdc, approvisionnait les groupes rebelles dont le Rcd. Heureusement que les dirigeants rwandais ont été rattrapés par le bon sens et la logique en normalisant ses relations avec le voisin congolais. Revenons à la résolution du Conseil de sécurité pour dire qu’il n’est même pas sûr que cet embargo sera levé à la date promise, c’est-à-dire le 30 novembre 2011.
Le pays à cette date, à moins d’un changement, sera encore dans la fièvre des élections qui doivent avoir lieu déjà trois jours plus tôt. Ce sera là un autre prétexte pour différer une fois de plus la levée de cet embargo. Mais, entre-temps, on aimerait à ce que la communauté internationale soit aussi regardante pour que cette mesure soit appliquée de façon impersonnelle et intégrale.
par Denis Lubindi

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