dimanche 5 décembre 2010

Côte d’Ivoire : la crise persiste, Ouattara nomme son gouvernement

 

Alassane Dramane Ouattara, le 4 décembre 2010 dans un hôtel à Abidjan ©AFP








ABIDJAN (AFP)

Malgré la médiation de l’ex-chef d’Etat sud-africain Thabo Mbeki, la crise politique persistait dimanche en Côte d’Ivoire après l’annonce d’un gouvernement d’Alassane Ouattara, qui revendique la présidence comme son rival Laurent Gbagbo.

Premier ministre de M. Gbagbo depuis l’accord de paix de 2007, Guillaume Soro, chef de l’ex-rébellion des Forces nouvelles (FN) qui contrôle le nord du pays depuis le putsch raté de 2002, dirige cette équipe et détient aussi le portefeuille de la Défense.

Les autres ministères sont confiés à des membres du Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP), coalition d’opposition qui avait soutenu M. Ouattara avant le second tour de la présidentielle le 28 novembre.

Cette annonce-surprise survient le jour même d’une visite de Thabo Mbeki, dépêché en urgence par l’Union africaine pour trouver une issue à la crise née de la présidentielle du 28 novembre.

Après un bref échange d’une trentaine de minutes avec l’ex-président sud-africain, l’ex-Premier ministre Ouattara s’est montré ferme : "je lui demande de demander à M. Laurent Gbagbo de ne pas s’accrocher au pouvoir".

Déjà médiateur dans la crise ivoirienne par le passé, M. Mbeki avait rencontré auparavant le représentant spécial de l’ONU dans le pays, Youn-jin Choi, puis le président sortant Gbagbo, qui l’a reçu pendant environ 1H30 à sa résidence à Abidjan.

La situation "est évidemment très grave", a reconnu l’émissaire, jugeant "important d’éviter les violences, de ne pas revenir à la guerre" et de "trouver une solution pacifique".

Le pays est en pleine tourmente depuis que M. Gbagbo a été proclamé vendredi vainqueur de la présidentielle avec 51,45% des suffrages par un Conseil constitutionnel acquis à sa cause, qui avait invalidé les résultats de la Commission électorale indépendante (CEI) donnant son rival en tête avec 54,1%.

Mais les deux hommes ont prêté serment successivement samedi, M. Gbagbo lors d’une cérémonie au palais présidentiel et M. Ouattara par un courrier adressé au Conseil constitutionnel.

L’opposant s’appuie sur un très large soutien international.

L’ONU, les Etats-Unis, la France, l’Union européenne, la Grande-Bretagne, la Francophonie mais aussi l’Union africaine et la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) ont avalisé les résultats de la CEI et reconnu sa victoire.

La Cédéao doit tenir un sommet mardi à Abuja consacré à cette crise.

Il y a urgence à trouver une solution alors que le pays, coupé en deux depuis huit ans, se retrouve avec deux présidents et que leurs partisans pourraient être tentés de se radicaliser, plongeant le pays dans le chaos.

Déjà, des violences ont fait samedi au moins deux morts à Abidjan, mais des bilans non confirmés de source indépendante font état de victimes plus nombreuses.

Dans la capitale économique, des centaines de sympathisants d’Alassane Dramane Ouattara ont crié samedi leur colère de ne pas voir "ADO" président, comme ils le surnomment, dressant des barricades et incendiant des pneus.

Cependant dimanche, les quartiers populaires étaient calmes et, premier signe de détente depuis plusieurs jours, l’armée a annoncé pour lundi la réouverture des frontières, fermées depuis jeudi dans la partie sud qu’elle contrôle.

Signe de l’inquiétude que la crise inspire à l’étranger, les Etats-Unis et la Belgique ont déconseillé à leurs ressortissants de se rendre en Côte d’Ivoire.

Le président français Nicolas Sarkozy, qui "suit heure par heure l’évolution de la situation" en Côte d’Ivoire pendant sa visite en Inde, a demandé à son ministre de la Défense Alain Juppé de "rester en France" pour suivre les développements dans ce pays.Environ 15.000 Français y vivent et Paris y déploie la force militaire Licorne (900 hommes).

Le Liberia voisin commence à subir les contrecoups de la crise actuelle.

Selon une source officielle à Monrovia, quelque 300 Ivoiriens s’y sont réfugiés en dépit de la fermeture des frontières par les autorités ivoiriennes, par crainte de violences.

Fpi et Rdr : venez en stage auprès du Rpt au Togo !


Laurent Gbagbo(D) et Alassane Ouattara (G). Au milieu : le président du Conseil constitutionnel Paul Yao Ndre(H) et le président de la Cei Youssouf Bakayoko (B) - Ph : D.R.
( AfriSCOOP) — Des fraudes “lourdes” ont entaché le scrutin présidentiel du 30 novembre dernier en Côte d’Ivoire, contrairement aux déclarations de divers observateurs internationaux qui ont minimisé l’ampleur des irrégularités durant cette joute présidentielle. Des faits et gestes illégaux qui ont de toute vraisemblance été mal ficelés et qui sont en train de précipiter la Rci au bord de la fracture ethnique…

Le Fpi et le Rdr se sont rendus coupables, manifestement, de graves irrégularités durant le dernier jamboree électoral au pays du cacao et de l’ananas. Quand le Rdr accuse le Fpi d’avoir fait annuler des votes dans le nord du pays, le Fpi indique que le Rdr a empêché ses militants d’accomplir leur devoir civique dans les zones pros Ouattara. Aucune des écuries des finalistes du scrutin du 30 novembre n’est arrivée, jusqu’à l’heure actuelle, à apporter des arguments et des preuves irréfutables pour dénuer de valeur les accusations que lui jette le camp adverse !

Quelle mouche a bien piqué les partisans du Rdr pour empêcher des pros Gbagbo d’accomplir leur devoir civique dans le Nord du territoire ivoirien ? Quel mauvais dieu a pu inspirer le couple présidentiel ivoirien de faire invalider tous les votes dans les zones où elle estime avoir essuyé de patentes injustices électorales ? Nul besoin d’être un expert des questions des élections pour se rendre compte que les fraudeurs du Rdr et du Fpi sont des amateurs criards. Ils auraient pu s’inspirer, de manière machiavélique, des prouesses du Rpt (au Togo), en la matière.

Quand on est amateur, on s’inspire des pros !

En avril 2005, le vol d’une urne par un militaire togolais a fait le tour de la planète ! Les représentants du Fpi au sein de la Commission électorale auraient pu éviter d’être la risée du monde en arrachant comme des quidams les papiers qui devaient servir à la proclamation des résultats provisoires partiels. En se souvenant justement de l’image précitée du militaire togolais, d’autant plus qu’ils se savaient filmer par des caméras du monde entier. L’amateurisme s’est dans la même logique invité dans les agissements des inconditionnels du Rdr. Des instincts grégaires ont pris de toute évidence le pas sur les démarches du fraudeur… Pourtant, dans ces deux contextes précités, il fallait encore, tout simplement, jeter un coup d’œil aux fraudes avilissantes mais professionnelles du Rpt.

En 2007, à la faveur des élections législatives, le parti de Faure Gnassingbé (Rpt) s’est rendu coupable d’achats massifs de consciences tout en se débrouillant pour vicier des bulletins de vote. Du coup, quand des électeurs de l’opposition n’ont pas voté (malgré eux) pour le pouvoir de Lomé, leurs bulletins de vote ont tout simplement été annulés durant les décomptes. Les nombreux observateurs (nationaux et internationaux) déployés sur le terrain n’y ont vu que du feu ! Pour la première fois, le Togo venait d’organiser des élections sans violences. Les chancelleries occidentales ont applaudi à se rompre les doigts.

Trois ans plus tard, c’est-à-dire le 04 mars 2010, dans le cadre de la présidentielle, le parti quarantenaire va remettre ça ! Cette fois-ci, non seulement des achats de voix ont encore été opérés, mais aussi les méthodes de proclamation de résultats, consensuellement arrêtées, ont été changées à la dernière minute. Habilement. Car les solutions de rechange n’ont pas frappé l’attention des observateurs. Une fois de plus, le Togo est sorti d’un processus électoral sans violences. La communauté internationale s’en est réjouie, et les puissances de la planète n’ont pas tardé à féliciter le président Faure. Fin du tour de magie. Qui veut l’apprendre pour se maintenir au pouvoir ?!

En gros, faire donc déplacer le président d’une Commission électorale dans un hôtel pour proclamer des résultats électoraux, ou laisser cette Commission proclamer une version des scores électoraux, et s’arranger à ce que le Conseil constitutionnel donne une autre lecture avec des invalidations curieuses sont des signes patents de débutants en fraudes électorales !

"L'armée seule n'est pas en mesure de maintenir Laurent Gbagbo au pouvoir"

Coupée en deux depuis près de dix ans, la Côte d'Ivoire s'est réveillée avec deux présidents, dimanche 5 décembre. La veille, le président sortant Laurent Gbagbo et son adversaire Alassane Ouattara ont chacun revendiqué la victoire et prêté serment. Jeudi, la commission électorale avait donné Ouattara vainqueur avec 54,1 % des voix contre 45,9 % à Gbagbo. Quelques heures plus tard, le Conseil constitutionnel invalidait ce résultat et donnait Gbagbo vainqueur avec plus de 51,45 % des voix. Plusieurs scénarios de sortie de crise se dessinent, expliquePhilippe Hugon, spécialiste de la Côte d'Ivoire, qui redoute un "troisième tour dans la rue".



Laurent Gbagbo a prêté serment samedi au palais présidentiel. Au même moment, son adversaire Alassane Ouattara prêtait serment par écrit. Dans quelle situation se retrouve le pays ?

On se retrouve dans une situation avec deux chefs d'Etat, qui ont chacun prêté serment. Sauf que dans le cas présent, la validité de l'élection de Laurent Gbagbo est extrêmement faible. Le Conseil constitutionnel, qui a renversé le résultat de l'élection pour donner Laurent Gbagbo vainqueur, n'a pas fourni d'argumentaire correspondant aux faits. Les irrégularités évoquées dans quelques bureaux de vote du nord du pays [fief d'Alassane Ouattara] sont réelles, mais il y en a eu également dans le sud. Et en tout état de cause, elles ne suffisent pas à faire passer le score de Laurent Gbagbo de 45 % des voix [selon les résultats de la commission électorale] à 51 %. Les observateurs présents sur place le confirment.

Cette décision n'est donc pas valide, d'autant que la commission électorale a été empêchée de communiquer les résultat dans les délais [mardi soir, des représentants du chef de l'Etat au sein de la commission électorale avaient empêché physiquement l'annonce de résultats partiels, contestant des votes"frauduleux" dans le Nord, tenu par l'ex-rebellion des "Forces nouvelles"]. Il s'agit d'un hold-up électoral. Gbagbo a tenté un coup de force en prêtant serment, auquel Ouattara a répondu par un autre coup de force en prêtant serment à son tour pour ne pas se laisser distancer.

Il y a déjà eu des précédents dans l'histoire africaine, notamment à Madagascar, au Zimbabwe ou au Kenya. Dans ces deux derniers cas, l'opposant s'était retrouvé premier ministre. Mais cette solution est totalement exclue en Côte d'Ivoire. Ouattara ne sera pas le premier ministre de Gbagbo.

Quels sont les scénarios possibles de sortie de crise ?


Il y a trois possibilités. Un compromis diplomatique avec une médiation de l'ancien président sud-africain Thabo Mbeki, qui vient d'être nommé médiateur de l'Union africaine en Côte d'Ivoire, et est arrivé dimanche à Abidjan. Mais il me semble difficile d'y croire. Laurent Gbagbo a réalisé un coup de force, et on ne voit pas pourquoi il reviendrait en arrière.

Sans compter que la précédente médiation de Thabo Mbeki en Côte d'Ivoire [de 2004 à 2006] s'était soldée par un échec. [L'ancien président sud-africain avait arraché un accord proclamant la "fin des hostilités" entre les "Forces nouvelles" et l'armée régulière, qui était resté lettre morte. Accusé par les rebelles du nord d'être un "partisan acharné" de Laurent Gbagbo, il s'était vu retirer le dossier en octobre 2006].

Une deuxième possibilité serait un embargo international qui déboucherait sur la mise au banc de la Côte d'Ivoire par la communauté internationale. Enfin, l'hypothèse que tout le monde redoute : un troisième tour dans la rue avec une nouvelle flambée de violence [plusieurs centaines d'Ivoiriens se sont déjà réfugiés au Liberia voisin par crainte que la situation dégénère].

Gbagbo bénéficie du soutien de l'armée, Ouattara de celui de la communauté international. De quel côté penche le rapport de force ?

Laurent Gbagbo n'a aucun soutien, il est totalement isolé [seuls deux pays étaient représentés à sa prestation de serment : l'Angola et le Liban]. Le soutien de la communauté internationale et de l'Union africaine à Alassane Ouattara est logique. L'écart de voix est tel [54,1 % pour Ouattara contre 45,9 % pour Gbagbo] qu'il n'y a aucun débat possible sur la validité de l'élection de Ouattara. Si l'écart avait été plus faible, l'union africaine aurait peut-être été plus prudente.

Certes, Laurent Gbagbo a reçu l'armée dès sa prestation de serment et celle-ci le soutient. Mais le pays est coupé en deux. L'ex-rebellion du nord du pays, les "Forces nouvelles" du premier minitre Guillaume Soro [qui a reconnu la victoire de Ouattara] peuvent intervenir à tout moment. On peut donc craindre des affrontements entre les forces armées du nord et du sud, que la communauté internationale tente justement d'éviter depuis bientôt dix ans (Lire : "Les ingrédients de la crise"). L'armée seule n'est pas en mesure de maintenir Gbagbo au pouvoir.

Propos récueillis par LEMONDE.FR

WikiLeaks : les Américains attentifs aux relations entre la France et l'Afrique


Le président Jacques Chirac (c) entouré de ses homologues (de gauche à droite) burkinabè Blaise Compaoré, gabonais Omar Bongo Ondimba, camerounais Paul Biya et congolais Denis Sassou Nguesso, lors du XXIVe Sommet franco-africain, à Cannes le 16 février 2007.
Le président Jacques Chirac (c) entouré de ses homologues (de gauche à droite) burkinabè Blaise Compaoré, gabonais Omar Bongo Ondimba, camerounais Paul Biya et congolais Denis Sassou Nguesso, lors du XXIVe Sommet franco-africain, à Cannes le 16 février 2007.
(Photo : AFP)
Par RFI
En France, le quotidien Le Mondecontinue de publier les télégrammes de la diplomatie américaine, en collaboration avec le site WikiLeaks. Les Américains se sont notamment intéressés aux relations entre l’Afrique et la France, saluant la politique de « rupture » annoncée par Nicolas Sarkozy, analysant aussi les raisons de la survivance de la Françafrique.
Ancien Monsieur Afrique de la présidence française, Bruno Joubert expliquait ceci l'an dernier aux diplomates américains : « Beaucoup de leaders africains comme Sassou Nguesso ont grandi avec la Françafrique. Quand ils rencontraient Chirac, ce n'était que tapes dans le dos, plaisanteries, longs repas. Ils commencent à s'apercevoir qu'avec Sarkozy, le temps des tapes dans le dos est révolu ».

Pourtant, les réseaux d'influence parallèles n'ont pas disparu du jour au lendemain. Ainsi, pour les Américains, le conseiller officieux pour l'Afrique de Nicolas Sarkozy, Robert Bourgi est la « quintessence de l'acteur de la Françafrique impliqué dans des intrigues n'importe où en Afrique ».
D'ailleurs, selon les télégrammes américains, les interventions de Robert Bourgi exaspèrent ses collègues africanistes officiels de l'Elysée. Ils admettent que l'homme fournit de précieux conseils sur le Sénégal, le Gabon ou le Congo-Brazzaville, mais ils le présentent comme un « mercenaire seulement préoccupé par son bien être », un « opportuniste » dont le premier objectif est de faire sa promotion en vue de son enrichissement personnel.
L'homme de l'ombre n'en pas moins été très actif sur les dossiers malgaches et mauritaniens ces deux derniers années. Les diplomates qui le critiquaient auprès des Américains eux ne sont plus en poste à l'Elysée.
Washington intéressé par la « rupture » avec la vieille Françafrique promise par Nicolas Sarkozy
C'est un télégramme de 2008. En une phrase, il résume l'intérêt américain pour la rupture promise par Nicolas Sarkozy dans les relations franco-africaines. « Cette nouvelle politique peut donner aux Etats-Unis des occasions d'étendre leur influence en Afrique sans rencontrer de résistance de la France ».
Les diplomates américains analysent les choses ainsi : les Français veulent « partager le fardeau africain », et cela les rend plus ouverts aux initiatives américaines sur le continent, d'Africom à la lutte anti-terroriste dans le Sahara. En plus, laisser les Etats-Unis étendre leur influence en Afrique permet aux Français d'y contrer la percée chinoise.
Autant dire que la diplomatie américaine a donc suivi de près la réorganisation des bases militaires françaises en Afrique, qui a abouti à la concentration des forces à Djibouti et Libreville.
Réalistes, les diplomates américains constatent toutefois que « tuer la Françafrique est plus facile à dire qu'à faire ». Ils soulignent que certains leaders africains eux mêmes sont réticents au changement, notamment ceux qui tiraient des avantages du système, ceux qui, comme le rappelle l'ambassade américaine à Paris, « ont pu amasser des fortunes privées parfois transformées en un vaste patrimoine immobilier et autre, en France et en Europe ».

Bandundu : reconstruire les écoles sans attendre l'aide de l'État


SAMEDI, 04 DÉCEMBRE 2010 11:16
(Syfia Grands Lacs/RD Congo) Les habitants de Gungu, au sud-est de Bandundu, n’ont pas attendu l’aide de l’État pour reconstruire les écoles de leurs enfants. Ils ont remplacé le chaume par des tôles et remonté les murs avec des briques d'argile. Dix ans d'effort, aujourd'hui couronnés de succès, qui leur ont même valu les félicitations des autorités.
Dans la contrée de Gungu, territoire du sud-est de la province de Bandundu, les écoles ont changé d'aspect. Toitures et murs ont été reconstruits. Les salles de classe sont plus spacieuses depuis que les habitants ont compris qu’ils ne devaient pas tout attendre de l’État et retroussé leurs manches. Jean Kasanza, préfet de l’Institut Ngambun de Gungu, retrace ces années d'effort aujourd'hui récompensées. "Nous avons commencé par chasser les chaumes en les remplaçant par les tôles pour bien protéger les murs, construits en briques d'adobe deux ans plus tard avec les efforts de la population", explique-t-il, visiblement satisfait.
Près de la moitié des écoles de ce territoire présente aujourd'hui un tout autre visage. Il y a une dizaine d’années, le diocèse catholique de Kikwit, interpellé par les mauvaises conditions de scolarité des enfants, a lancé une opération dans la région pour amener les habitants à "supprimer petit à petit les écoles construites en bois et couvertes de chaume en les remplaçant par celles faites en pierres ou en briques d'adobe, couvertes de tôles." Un pari qui n’était pas gagné d’avance.

Savoir compter sur soi-même
L’effort a donc d’abord été mis sur la sensibilisation pour faire changer les mentalités. "Pendant deux ans, nous avons sillonné les paroisses, villages, institutions scolaires de Gungu afin d’éveiller la conscience des gens et leur faire comprendre qu’ils peuvent faire changer leur milieu de vie par leurs propres efforts", raconte Novele Erasme, un des coordonnateurs du projet intitulé "Chassons les sticks et les chaumes dans nos écoles". Les anciennes toitures ne résistaient pas aux intempéries. À la première forte pluie ou coup de vent, les murs et les toits cédaient, obligeant la population à les reconstruire sans cesse.
Convaincu par le message du diocèse, tout le monde a mis la main à la pâte pour changer les choses, chacun apportant des matériaux selon ses moyens : chevrons, madriers, clous…, bref tout ce qui peut être utile pour construire une maison. Pour obtenir plus d'aide, les prêtres ont même instauré une quête spéciale pour les écoles lors des messes du dimanche. À défaut d’argent, les fidèles apportent des produits des champs ou d’élevage : cossettes de manioc, maïs, poules, etc. que la coordination du projet centralise pour les vendre. L’appel du diocèse a eu des échos même à l’étranger. Les Amis musiciens de Madrid, une Ong espagnole, a ainsi fait don de tôles aux écoles de Gungu.
Les initiateurs du projet ont aussi enseigné aux habitants une nouvelle technique de fabrication des briques, appelée gusopa (transformer en pende, une langue locale, ndlr). Un jeune du village de Mbithambele, Sasa Ngambun, 25 ans, maçon, explique en quoi consiste cette "transformation" : "Pour que les briques d'adobe soient très solides et durables, nous mélangeons l’argile avec de la cendre et de la paille coupée en petits morceaux."

Un travail de fourmi
Ce projet collectif s’est exécuté petit à petit comme au sein d'une colonie de fourmis. "Tôt le matin, deux à trois fois par semaine, raconte Madinga Séverine, une paysanne, qui vient de décharger sa bassine d’argile, un groupe de mamans transporte de la terre rouge, récupérée en creusent au bord des rivières, vers les hangars où sont fabriquées les briques. Là, les hommes se mettent à l’ouvrage." Faute de moyen pour les transporter, "les jeunes élèves acheminent sur leur tête les briques cuites vers les différentes écoles en chantier, tandis que d’autres portent des pierres cassées par des adultes."
Tous ces efforts ont payé pour le grand bien de tous : 23 institutions scolaires sur les 54 que compte cette contrée sont aujourd’hui couvertes de tôles et leurs murs sont soit en briques, soit en pierre. Lors de la cérémonie d’évaluation des activités de dix ans du projet à Gungu, Mafuta Ntantu Joachim, chef des services généraux de la Division provinciale de l'Enseignement primaire, secondaire et professionnel Bandundu 2, n’a pas caché sa grande satisfaction. "La vision de ce projet a eu un pas d’avance sur le programme national de développement du gouvernement. Plus de 10 000 élèves, futurs cadres, étudient dorénavant dans de meilleures conditions. Nous ne pouvons qu’applaudir", reconnaît-il, ajoutant qu’il est possible de résoudre localement des problèmes sans toujours attendre de l’aide de l'extérieur.
Fort de ce succès, Monseigneur Bertin Kipanza Tumwaka, vicaire général de Kikwit estime que "cette expérience doit s’étendre dans tout le diocèse pour que l’élite de demain puisse étudier décemment…"

Côte d'Ivoire: fraude ou pas fraude par BONGOS


Halte aux ingérences étrangères en Afrique !

par Calixthe Beyala, samedi 4 décembre 2010, 23:11

En ce cinquantième anniversaire des indépendances africaines, force est de constater que les Etats-africains ne sont toujours pas libres. Il suffit pour cela de regarder qu'il appartient à l’Occident de décider de l’avenir du continent en choisissant sans en avoir l’air, ses dirigeants. Et pour atteindre cet objectif, il est prêt à organiser des élections sous Haute surveillance afin de faire élire le candidat de son choix ; quant aux candidats qui ne correspondent pas à ses critères ils sont menacés, critiqués, charriés et si d‘aventure ces derniers gagnent les élections, ils sont taxés de fraudeurs voir de dictateur.

Il est à noter que les dirigeants des pays africains les plus prisés des occidentaux sont ceux qui sont à la tête des Etats riches, extrêmement riches mais qui curieusement n’arrivent pas à veiller au bien être de leurs populations, à subvenir à leurs besoins vitaux. C’est à se demander s’il s’agit bien de Chefs d‘Etats ou de vassaux mis en place pour enrichir l’Occident. Aujourd’hui, au-delà du faite que je ne sois pas partie prenante dans le processus électoral de la Côte d’Ivoire, je suis extrêmement choquée de constater que la souveraineté de ce pays n’est pas respectée. J’ignore ce qui s’est passé sur le terrain, mais l’on ne saurait remettre en question (comme ont pu le faire avec légèreté certains pays occidentaux) la légitimité du Conseil Constitutionnel d‘un pays, seule institution habilitée à valider ou à invalider une élection. C’est pour moi une question d’éthique, de morale et de démocratie auquel l’on ne saurait déroger quelque soit l’estime que nous portons ou pas à tel ou untel candidat.

Autant que l’occident nous dise tout de manière claire, que les pays africains ne sont que des colonies, des colonies de l’Occident. Dans ce cas, ils y ont tous les droits, notamment celui de nommer des gouverneurs !

Enfin je me demande dans quelle mesure ces pays africains devraient encore faire partie de l’ONU - ils n'y ont même pas le droit de Veto- il me semble qu’il s’agit là d’une organisation neutre et je découvre avec horreur qu’elle peut organiser des élections et décider de qui en est le vainqueur. Il ne s’agit là que de principe et des réflexions d’une intellectuelle.

Mémorandum des Africains Organisés contre les Manipulations et Manigances de la Françafrique



A l'Attention de

de Monsieur Nicolas Sarkozy, Président de la République française ;

de l’Assemblée nationale et du Sénat français ; des partis politiques français ; des dictateurs et rois nègres africains inféodés à la mafia françafricaine ; de l’Organisation des Nations Unies, de l’Union Africaine et de l’Union Européenne, garants des droits universels des peuples ; du peuple français épris d’humanisme et de liberté ; des peuples d’Europe, d’Asie, d’Amérique du Nord et du Sud, pris à témoin ; et des peuples d’Afrique, en lutte pour la justice et les libertés, dont celles de culte, d’opinion, de presse et d’association, et le droit de choisir librement ses dirigeants.

Le drame persistant que vit l’Afrique anciennement colonisée par la France, près de 66 ans après la Conférence de Brazzaville de 1944, et plus de 50 ans après la proclamation de ses indépendances, a atteint des proportions insoutenables. Il ne peut plus être ignoré.

Pourtant, ce drame fut pressenti par un Africain visionnaire quand il regarda dans les yeux le Général Charles de Gaulle et déclara, dans son discours du 25 août 1958 : « … il n’y a pas de dignité sans Liberté, car tout assujettissement, toute contrainte imposée et subie dégrade celui sur qui elle pèse, lui retire une part de sa qualité d’Homme et en fait arbitrairement un être inférieur. Nous préférons la pauvreté dans la liberté à l’opulence dans l’esclavage ».

Ce discours du 25 août 1958, qui constitua un prélude au « NON » du peuple guinéen au référendum du 28 septembre de la même année, référendum par lequel le Général Charles de Gaulle voulut, une fois de trop, sacrifier les destinées africaines à l’autel des intérêts de la « Plus Grande France », contenait des paroles prophétiques qui, 52 ans plus tard, demeureraient d’une douloureuse actualité.

Sékou Touré, en sa qualité de Président de la Confédération Générale des Travailleurs d’Afrique Noire, refusa l’entrée de la Guinée dans la « Communauté française » et fit accéder son pays à l’indépendance en 1958. Malgré les dérives dictatoriales qui entachèrent son pouvoir en tant que Président de la République de Guinée, et ce dans un contexte de représailles françaises, l’on peut aujourd’hui dire que Sékou Touré avait vu juste. Il avait vu se dessiner, dans l’ombre des préparatifs référendaires qui devaient entériner la Constitution de la Ve République et donner naissance à la « Communauté française », des drames qui perpétueraient l’assujettissement du Noir sur ses propres terres.

Avec le peuple de Guinée, il avait vu de Gaulle ourdir, depuis la Conférence de Brazzaville de 1944, le complot contre la dignité humaine qui, sous le nom de « Françafrique », devait organiser la prise en otage des destinées africaines.

Les peuples africains qui, il y a 50 ans, votèrent « OUI » au référendum du 28 septembre 1958 avaient, comme le craignait Sékou Touré, choisi l’illusion d’opulence que le système françafricain leur fit miroiter, ne se doutant pas qu’à la place, ils recevraient l’esclavage, la misère et les traumatismes.

Et cela fait 50 ans que dure cette forme d’asservissement. Ce sont 50 années de trop !

Faut-il ici rappeler les misères du Code Noir, du Code de l’Indigénat, des travaux forcés, des brimades, de la répression, de la torture, véritables outils de génocide du peuple nègre qui sévirent en Afrique et dans les Caraïbes pendant plus de 400 ans d’esclavage et de colonialisme, au mépris de toute dignité humaine et des réalités socioculturelles de l’Afrique ?

Faut-il rappeler les stratagèmes exprimés dans le cadre de l’Afrique Occidentale Française (A.O.F), de l’Afrique Équatoriale Française (A.E.F), de l’Union et de la Communauté, stratagèmes dont le but était de faire des colonies, non point des partenaires de la métropole, égaux en droits et devoirs, solidaires sur les plans économique, culturel et en matière de politique étrangère, et dont les ressortissants jouiraient sur toute l’étendue de l’Afrique française de privilèges de citoyens participant librement au débat national, mais des territoires définitivement conquis, acquis et soumis, où la Métropole puiserait à volonté les richesses et les forces de travail corvéables dont elle avait besoin, disposerait de tous les droits, sans aucun compte à rendre aux peuples et territoires occupés ?

Faut-il rappeler les 16 années de tergiversations du Général de Gaulle qui, de la Conférence de Brazzaville en 1944 jusqu’à la fin des années 1950, ne manqua point d’exprimer son hésitation à accorder d’emblée les indépendances et autonomies tant souhaitées par les colonies car, argua-t-il dans son discours du 30 juin 1955 à l’Hôtel Intercontinental de Paris, ces États et territoires que la France avait « ouverts à la civilisation », une fois séparés de la Métropole, ne sauraient se gouverner et deviendraient immédiatement la proie de régimes totalitaires ?

Quelle ironie, alors, que ce soit ce même de Gaulle qui, avec Jacques Foccart, installa partout en Afrique francophone des régimes totalitaires devenus de simples extensions de la mainmise française sur le continent, régimes qui, par la suite, pratiquèrent la répression, les détournements de biens publics et la corruption, ne laissant à leurs peuples que les misères de la pauvreté et de la paupérisation généralisée !

Et depuis, cette tradition gaulliste n’a pas changé d’un seul pouce sous la Ve République : de Georges Pompidou à Valéry Giscard d’Estaing, puis de François Mitterrand à Jacques Chirac et aujourd’hui Nicolas Sarkozy, la tradition a été méticuleusement préservée, et ce malgré les multiples déclarations d’intention de « nouveaux partenariats », de « réaménagement », de « rupture » ou encore de « co-développement ». Une cellule occulte et opaque, la Cellule africaine de l’Élysée, conduit sans discontinuer cette politique d’exception vis-à-vis des pays Africains depuis les années 1950 et 1960, en toute impunité et échappant à tout contrôle démocratique. Dans ce monde empreint de criminalité, à chaque président français ses réseaux occultes et ses « Messieurs Afrique », à l’instar de Jacques Foccart, Charles Pasqua, Jean-Christophe Mitterrand, Robert Bourgi, parmi tant d’autres chantres, champions et promoteurs de la Françafrique la plus odieuse.

Le Bilan de cette Françafrique plus que jamais débridée est lourd car la Françafrique, ce sont :

Depuis les années 40, l’élimination de leaders nationalistes tels Aline Sitoé Diatta (1943), Ruben Um Nyobé (1958), Barthélémy Boganda (1959), Félix Moumié (1960), Mahamoud Harbi Farah (1960), Patrice Lumumba (1961), Sylvanus Olympio (1963), Germain Mba (1971), Outel Bono (1973), Modibo Kéita (1977), Marien N’Gouabi (1977), Ali Soilih (1978), Thomas Sankara (1987), etc., tous assassinés ou morts dans les geôles de la Françafrique. Des parodies électorales par lesquelles les dirigeants français, de gauche comme de droite, ont continué à dicter aux Africains qui doit diriger leurs pays, faisant et défaisant les prétendus chefs d’Etat africains, les choisissant en fonction de leur caractère docile, de leur fidélité à la France, de leurs aptitudes à servir ses intérêts au détriment de ceux des peuples africains, organisant ou favorisant leur accession au pouvoir par la force ou par le moyen d’élections frauduleuses, et adoubant par des visites à répétition, et dans les deux sens, ceux-là mêmes qui, non contents de leur renonciation à veiller aux intérêts de leurs nations, ont continué à meurtrir leurs peuples sous le joug de régimes militaires fabriqués et financés par la France. Plus récemment, une nouvelle trouvaille a consisté à transformer les régimes africains en pseudo monarchies dans lesquelles on organise des successions de père en fils telles qu’expérimentées au Togo depuis 2005 et au Gabon en 2009. Des bases militaires françaises, ces véritables armées d’occupation qui, de Djibouti à Dakar en passant par N’djamena, Libreville et Abidjan, quadrillent le continent, toujours prêtes à patrouiller les rues poussiéreuses des capitales africaines à chaque élection volée aux fins de protéger les dictateurs fraudeurs de l’ire des peuples traumatisés, privant ainsi ces peuples du droit de régler en toute souveraineté leurs comptes avec leurs despotes et présidents à vie, et se bâtir en toute autonomie des démocraties conformes à leurs aspirations. Pendant ce temps, les Droits de l’Homme continuent à être systématiquement bafoués par les prétendus dirigeants adoubés et installés par la Françafrique tandis qu’une écrasante majorité de la population croupit dans la misère en dessous du seuil de pauvreté. Les cultures africaines sont à l’abandon tandis qu’en import, ce sont les plus grands vices comme la corruption et la dépravation des mœurs qui l’emportent sur les valeurs positives qui élèvent l’Homme. Des ponctions économiques à n’en plus finir par lesquelles des multinationales françaises telles Areva, Bolloré, Total saignent à blanc le continent, s’accaparant des ressources africaines ainsi consacrées à leur bénéfice exclusif, tandis que la monnaie, le Franc des Colonies Françaises d’Afrique, savamment rebaptisé « Franc de la Communauté Financière Africaine » (CFA), continue à traduire dans les faits une dépendance économique des satellites néocoloniaux commanditée depuis Paris.

Voilà le bilan de la Françafrique sur notre continent au cours des 50 dernières années d’indépendances tronquées.

La Françafrique est un véritable fléau qui ronge l’Afrique sur tous les plans - politique, économique, social et culturel – et aujourd’hui, c’est à visage découvert que Nicolas Sarkozy et Robert Bourgi ont instauré une nouvelle ère de Françafrique débridée, arrogante et encore plus méprisante pour la femme et l’homme africains, comme en témoigne le discours insultant, voire humiliant, de Sarkozy en juillet 2007 à Dakar. S’étonnera-t-on alors que l’Africain, ou le Français d’ascendance africaine, indexé, stigmatisé, discriminé, tracassé par la police en France, animalisé et brutalisé chez lui en Afrique par les dictatures y instaurées par cette même Françafrique, veuille se détourner de la France et renier la part d’héritage culturel en lui instillée par plus de 400 années d’interactions traumatiques ? La Françafrique, n’est-ce pas aussi ces Français embourgeoisés installés en Afrique qui instruisent l’Elysée sur la conduite à tenir dans ses rapports avec ses anciennes colonies, et qui se sont accaparés de pans entiers de nos économies par l’entremise de compagnies investies dans les jeux d’argent, l’exploitation forestière, minière, pétrolière et gazière, le transport aérien, les banques, les assurances, etc., sans pour autant contribuer au développement économique de nos pays ?

Cela ne peut plus continuer.

C’est tout cela que Sékou Touré et les Guinéens avaient compris et exprimé le 28 septembre 1958 par un « NON » retentissant au référendum du Général de Gaulle. Les indépendances nominales octroyées de manière paternaliste aux Africains furent une fourberie, la Françafrique un piège, l’amitié franco-africaine une effronterie et les accords de coopération militaire un traquenard.

Voilà pourquoi aujourd’hui, en cette date anniversaire du 28 septembre 2010, Nous, Africains Organisés contre les Manipulations et les Manigances de la Françafrique, marquons le point de départ d’un nouveau front du refus et :

1°) Proclamons solennellement la date du 28 septembre, date anniversaire du « NON » historique du peuple guinéen à de Gaulle, Journée des Indépendances des Peuples Africains et demandons que cette journée soit désormais célébrée partout en Afrique et au sein de la Diaspora africaine dans le monde.

2°) Réaffirmons, dans notre lutte pour la libération du continent, notre identification aux héros de la vraie indépendance des peuples africains tels Ruben Um Nyobé, Barthélémy Boganda, Félix Moumié, Patrice Lumumba, Sylvanus Olympio, Outel Bono, Modibo Kéita, Marien N’Gouabi, Ali Soilih, Mahamoud Harbi Farah, Germain Mba, Aline Sitoé Diatta, Thomas Sankara, parmi tant d’autres.

3°) Déclarons, au nom des peuples africains, et fidèles à la mémoire de ces héros, notre rejet immédiat de toutes les relations mafieuses des Etats africains avec la France basées sur l’asservissement économique et humain de l’Afrique et notre ferme engagement à user de tous les moyens nécessaires en vue de la reprise en mains de la destinée du continent et l’exercice effectif de la souveraineté de ses Etats. Les nouvelles générations d’Africains veulent désormais orienter elles-mêmes les destinées africaines afin que le prochain cinquantenaire soit différent du cinquantenaire de servitudes et de traumatismes que le continent vient de traverser.

4°) Soutenons tous les mouvements de libération dont le combat vise à redonner à nos peuples le droit de décider de leur propre destin, notamment par la voie royale d’élections réellement démocratiques.

5°) Condamnons fermement les actes avilissants, humiliants et infantilisants dans lesquels les dirigeants africains inféodés à la Françafrique entraînent leurs populations, leurs armées, leurs institutions, et rejetons catégoriquement le défilé du 14 juillet 2010 à Paris où des soldats africains, tels les fameux « tirailleurs sénégalais » de l’époque coloniale, ont été parader dans un événement dont le caractère n’est pas sans rappeler les expositions coloniales d’antan où on exposait le Nègre comme un animal de cirque.

6°) Demandons la révision transparente et publique des Accords et Traités passés entre la France et les États africains qui doivent désormais s’inscrire dans une optique nouvelle de parfaites égalité et réciprocité, y compris dans la politique d’immigration. Il n’y a pas de raison que les Français continuent à venir librement s’installer dans nos pays, et que l’Africain soit traité comme un animal dans les ambassades françaises à chaque fois qu’il y demande réciprocité.

7°) Et proclamons, dès ce 28 septembre 2010, notre détermination à instaurer la fin du néocolonialisme et l’ouverture d’une ère de démocratie et de progrès en vue de l’éclosion d’une Afrique nouvelle.

Par ce mémorandum, donc, nous exigeons la fin immédiate de l’engagement néocolonialiste de la France en Afrique et la mise en place de relations adultes, respectueuses et profitables mutuellement, et ce dans un cadre renégocié en toute transparence avec les peuples africains et leurs élites intègres, responsables et libres de toute sujétion. Et comme mesures immédiates, nous demandons, en particulier, à la France, et spécifiquement à Monsieur Nicolas Sarkozy, président de la République française, de : 1)Rapatrier toutes les armées françaises actuellement pré-positionnées en Afrique dans le cadre des ingérences unilatérales de la France, ingérences qui en font des armées d’occupation illégale de nos pays, c’est-à-dire ces instruments de terrorisme qui n’ont servi qu’à la protection et à la restauration des régimes dictatoriaux mis en difficulté par des révoltes citoyennes ; 2)Laisser les Africains défaire eux-mêmes, et par tous les moyens appropriés, les dictatures réfractaires et ériger à leur place, des institutions plus adaptées aux besoins démocratiques de chacun de nos pays selon un esprit bien africain ; ceci suppose la cessation immédiate de tout soutien politique, économique et militaire aux dictateurs africains ; 3)Respecter la souveraineté des peuples, leur droit inaliénable à désigner leurs propres dirigeants et leur capacité à décider pour eux-mêmes leur destinée, et ne plus apporter de soutien quelconque aux hommes politiques africains en période électorale. La France est connue pour déclarer et, donc, valider, la victoire des dictateurs africains immédiatement après des élections truquées alors même que de tels résultats ne passeraient pas le test de la démocratie en France. Pourquoi accepter pour l’Afrique ce que la France serait incapable d’accepter pour elle-même ? 4)Décréter l’embargo diplomatique et économique contre tout régime africain au pouvoir qui aurait à sa tête un président élu dans des conditions douteuses et qui se refuserait à la transparence électorale. Vous en avez une pléthore : Djibouti, Gabon, Togo, Cameroun, Congo Brazza, Burkina Faso, Tchad, etc. Ceci suppose également la nécessité de rompre sans délai toute relation diplomatique et économique avec tout régime africain avec à sa tête un chef d’État ayant passé plus de 10 ans au pouvoir et qui se refuserait à le quitter immédiatement et sans conditions, surtout quand son maintien au pouvoir se ferait à la faveur de manipulations de constitution et/ou de code électoral. 5)Geler les fonds et investissements que les dictateurs ont détournés de leur pays et déposés dans des banques françaises et étrangères. Cet argent appartient aux Africains et il doit être retourné aux gouvernements respectifs de ces pays dès lors que l’alternance démocratique s’y sera avérée. 6)Nier la légitimité aux fils de présidents arrivés au pouvoir dans le cadre de successions dynastiques, comme ce fut le cas au Gabon et au Togo. Par ce mémorandum également, nous affirmons révolus les temps où les Africains, suite à des marches ou manifestations, attendaient passivement que les bourreaux du continent décident du moment où ils voudront bien leur accorder une dose d’humanité.

Dès cette date du 28 septembre 2010, nous demandons aux responsables politiques français de mettre fin sans délai à ce système démoniaque qui vampirise nos peuples. Si d’aventure ils devaient poursuivre la fuite en avant, s’ils devaient demeurer insensibles aux souffrances africaines et à notre appel, ils exposeraient alors la France à des : sanctions économiques, par lesquelles les Africains et Amis de l’Afrique boycotteront les produits et services français (Air France, Peugeot, Elf-Total-Fina, etc.) et s’attacheront à promouvoir d’autres partenariats économiques plus équitables avec, entre autres, des pays comme les États-Unis, la Chine, l’Inde, le Brésil, l’Afrique du Sud, l’Allemagne, la Russie et le Japon, avec en toile de fond la promotion du détachement des économies africaines de la zone franc ;

sanctions politiques, par lesquelles les Africains et Amis de l’Afrique s’activeront, d’une part, à encourager les situations d’ingouvernabilité contre les régimes antidémocratiques (Djibouti, Gabon, Congo, Cameroun, Tchad, Togo, Burkina Faso, etc.) explicitement ou implicitement installés et soutenus par la France, aux fins de rendre impossible la poursuite du pillage impuni des richesses africaines au détriment des peuples, et d’autre part, sur le plan international, à déposer de multiples plaintes contre l’État français et ses agents en France comme en Afrique pour violations du droit international, atteintes à la sécurité intérieure des nations africaines et flagrantes ingérences remettant fondamentalement et délibérément en cause les droits humains des peuples africains ; sanctions culturelles, par lesquelles les Africains et Amis de l’Afrique mettront tout en œuvre pour promouvoir le détachement des pays africains de la France et du français en faveur de l’anglais et des sphères culturelles et économiques anglophones avec, en perspective, des politiques culturelles nationales, régionales et continentales en vue d’un développement résolument endogène de l’Afrique.

Autrement dit, toute indifférence vis-à-vis de nos revendications telles qu’exprimées dans ce mémorandum mènera à une situation par laquelle nous prendrons sur nous d’organiser et préparer non seulement les peuples d’Afrique, mais aussi les Amis de l’Afrique en France et partout dans le monde, à faire échec à la Françafrique par un boycott systématique. Nous nous attacherons à faire comprendre à nos peuples qu’ils jouissent, à titre individuel et collectif, d’un pouvoir de pression et de dissuasion jamais utilisé auparavant ; que ce pouvoir réside dans leur capacité non seulement à se détourner des produits et services français, mais également à organiser cette capacité en vue de sanctions économiques, politiques et culturelles à l’encontre de la France, dès lors que cette France continuerait à se montrer réfractaire et insensible aux souffrances africaines pourtant si visibles et si choquantes.

Comme Barack Obama, président des États Unis d’Amérique, l’a si bien conseillé aux jeunes leaders Africains au mois d’août dernier, personne d’autre que les Africains eux-mêmes ne libérera l’Afrique de ses bourreaux, qu’ils soient français, américains, chinois ou africains. La génération d’Africains que nous sommes, celle-là même qui a produit ce mémorandum et manifesté ce 28 septembre dans les grandes villes d’Europe, d’Amérique du Nord et d’Afrique en hommage au « NON » des Guinéens de 1958, est prête à relever ce défi et à prendre en mains sa propre destinée.

Nous croyons que tous les êtres humains naissent libres et la liberté ne peut être le domaine réservé d’un seul continent, d’une seule race ou d’une poignée de privilégiés. En ce début du 21e siècle, à l’heure d’une nouvelle phase de grandes manoeuvres géopolitiques, la mission incontournable de notre génération est de libérer l’Afrique du néocolonialisme afin d’ouvrir des perspectives d’espérance pour le continent et pour un monde de paix dans lequel l’Afrique trouvera enfin son épanouissement.

Fait le 28 septembre 2010

à Washington, Paris, Ottawa, Berne, Vienne, Bruxelles, Lomé, Londres, Berlin, Djibouti, Ouagadougou, Montréal, Los Angeles, etc.

Ont signé :
Les Africains Organisés contre les Manipulations et Manigances de la Françafrique ( AfroManiF )

Pour la coordination générale d’Africains Organisés contre les Manipulations et Manigances de la Françafrique,

Jean-Paul OUMOLOU,
Coordinateur helvétique d’AfroManiF
Obergütschhalde 14,
CH- 6003 Lucerne
SUISSE
Téléphone : 0041(0) 78 314 6903. E-Mail : jeanpauloumolou@yahoo.fr

La communauté internationale, une mafia au service des intérêts impérialistes



Ce qui se passe en Côte d’ivoire doit éveiller notre conscience sur le double langage hypocrite, scélérat de la communauté internationale et sur leur fumeux concept de la démocratie en Afrique. Aussi doit –il nous éveiller sur la continuité de la domination programmée des pays africains par les anciennes puissances colonisatrices et sa nébuleuse communauté internationale avec la complicité des africains laquais et suppôts.
L’opposition togolaise marche depuis 10 mois contre la fraude électorale de Faure Gnassingbé qui s’est imposé par la force et la fraude électorale à deux reprises à la tête du Togo avec des milliers de morts à la clé et chose bizarre, silence radio de la part de la communauté internationale. Sarkozy ne dit rien. Obama silence radio. O.N.U a mit dans un placard le rapport qu’il a effectué, établissant 500 morts togolais sacrifiés froidement sur l’hôtel de l’ambition du prince.
Remarquez comment cette même communauté internationale se mobilise t-elle avec une rapidité sans précédent dans le cas de la Côte d’Ivoire ? La main invisible de la France qui ne veut pas de Gbagbo est magique et experte.
On nous parle de démocratie et de respect des institutions notamment la cour constitutionnelle. Dans le cas du Togo la communauté internationale demande à l’opposition de se soumettre aux décisions iniques de la cour constitutionnelle par contre dans le cas de la Côte d’Ivoire, elle ne reconnaît pas la décision de la cour, l’organe suprême du pays. Où se trouve la souveraineté de la Côte d’Ivoire ? Où se trouve la démocratie ? La communauté internationale n’a pas daigné désarmer les rebelles qu’elle, au demeurant, a armés. Comment peut-on parler de démocratie et de vote libre dans une zone contrôlée par des gens armés qui ne respectent ni la vie humaine, ni la loi ?
La sacrée communauté internationale n’a pas trouvé mieux comme médiateur dans la crise ivoirienne qu’un certain Blaise Comparé qui parle de démocratie et d’élection libre mais qui modifie la constitution à sa pointure s’octroie 80 % des suffrages dans son pays et cela n’émeut nullement personne. Ni Obama , ni Sarkozy, encore moins l’ONU qui d’ailleurs le félicite.
L’exemple de la Guinée où le candidat malheureux s’incline devant la décision de la haute juridiction du pays n’inspire pas la communauté internationale et son poulain Watara, fabrique de la FMI pour liquider la Côte d’Ivoire aux vautours de tout poil. La complicité des africains pour livrer l’Afrique aux voleurs et aux colons mérite d’être mis en relief.
Pourquoi souhaitent-ils tant la démocratie en Côte d’ivoire et non dans les autres pays africains ? La réponse est simple. La Côte d’Ivoire qui a été vendue par Houphouët Boigny à 1 franc cfa symbolique à la France doit revenir à tout prix à la France. Ce qu’elle n’a pas pu obtenir par les coups d’état, les tentatives d’assassinat, la rébellion ; elle doit coûte que coûte l’arracher par les élections où les logiciels de fraude sont mis à partie avec un black out total dans les zones contrôlées par la rébellion. C’est intéressant d’entendre le représentant de l’ONUCI déclarer sur RFI qu’ils ont trop investi en Côte d’Ivoire (plus de 3 milliard) pour perdre cette élection. On croyait qu’il est en Côte d’Ivoire pour aider les ivoiriens à retrouver la paix et la sécurité. On ignorait que c’est un négociant négrier qui est venu rentabiliser les intérêts et investissements de ses maîtres. L’Afrique doit se réveiller et s’éveiller à la conscience de la sauce dans laquelle elle est bien mangée.
Unis pour la même cause, la lutte continue !
Che Alphonse Lawson-Hellu

Côte d’Ivoire : Blaise, dites quelque chose !


De la gauche à la droite : Ouattara, Gbagbo, Compaoré, Bedié et Soro (Ph : ivoirebusiness)














(AfriSCOOP Paris) — Une fois n’est pas coutume. L’Union Africaine, très encline à rejeter toute ingérence des capitales non africaines dans les processus électoraux du Continent quitte à soutenir des autocrates de la trempe de Robert Mugabé, s’est cette fois-ci alignée sur la position de la communauté internationale. Dans la bataille de légitimité post-électorale en Côte d’Ivoire, l’institution dirigée par le Gabonais Jean Ping a donc pris fait et cause pour Alassane Ouattara déclaré vainqueur par la Commission Electorale Indépendante et dont la victoire est certifiée par l’ONU. Le président sortant, Laurent Gbagbo réélu, selon le Conseil Constitutionnel, est ainsi de plus en plus isolé.

L’UA va plus loin que l’ONU. Le président de la commission, Jean Ping, a chargé l’ex-président sud-africain Thabo Mbeki d’une "mission d’urgence" en Côte d’Ivoire. Autrement dit, il va reprendre service, comme il y a quelques années avant d’être écarté au profit d’un certain Blaise Compaoré. Celui-là même qui est le facilitateur désigné et qui s’est rendu avant le deuxième tour à Abidjan. Mais depuis le 28 Novembre, le camarade Blaise s’est emmuré dans un silence assourdissant.

Le médiateur par excellence des conflits ouest-africains serait-il dépassé par les événements ? Lui qui n’a fait qu’une bouchée de ses adversaires au premier tour de la présidentielle du 21 novembre au Burkina Faso avec un score soviétique de 80% des suffrages. Excusez du peu. Eh oui, des scores pareils existent toujours. Mieux, les observateurs ont jugé le vote libre et transparent, sans pouvoir en dire autant de l’ensemble du processus électoral.

En résumé, au moment où grâce à la "magie" de Compaoré, des élections ouvertes, incertaines et de hauts risques se déroulent en Guinée et en Côte d’Ivoire, le tombeur de Thomas Sankara passe facilement sans attirer l’attention de la Communauté internationale. Le doyen des chefs d’Etat ouest-africains (au pouvoir depuis 1987), sauveur des pays aux lendemains incertains et des régimes en perdition (Côte d’Ivoire, Guinée et Togo) s’est sûrement rendu compte que l’Afrique de l’Ouest ne s’en sortira pas sans ses exploits en médiation.

Du coup, le maître de Ouaga envisagerait de modifier la constitution de son pays pour pouvoir se représenter en ... 2017. D’accord, l’Afrique ne s’en portera que mieux, on n’en disconvient pas camarade Blaise, mais en attendant, faîtes-nous sortir de ce bourbier ivoirien. Vous êtes le seul à détenir la potion magique que l’on attend avec impatience au bord de la Lagune Ebrié...

En afrique, la mode est à la peau...blanche



 octobre 2010

C'est un phénomène assez ancien car il remonte aux années 60, mais l'éclaircissement de la peau connaît un nouvel engouement en Afrique qui n'est pas sans danger pour la santé.

Vous, mesdames et aussi vous, messieurs qui attendez avec impatience la venue de l'été pour bronzer, qui dépensez des sommes astronomiques dans des instituts de beauté pour garder un teint hâlé, sachez qu'ailleurs, là ou le soleil brille toute l'année, c'est exactement le contraire qu'il se passe.

Sur les avenues principales des grandes villes africaines, les publicités pour les produits qui éclaircissent la peau fleurissent comme les flamboyants à la saison des pluies. ( source républicoftogo )

Pas une femme en afrique qui ne s'achète sa crème éclaircissante au prix parfois de grands sacrifices financiers. Il faut dire que la femme africaine, au sommet de sa splendeur, doit impérativement être claire de peau, au risque sinon, d'être has been.

Pour éclaircir la peau, il existe de nombreux laits corporels, crèmes et lotions qui contiennent en général des agents très agressifs comme les corticoïdes et l'hydroquinone.

Mais il y a pire, car le pouvoir d'achat étant faible dans nos contrées et la mode un besoin aussi impératif qu'en Europe, les femmes usent de produits contrefaits ou indigéna, contenants : Eau de javel, défrisant pour cheveux, formol, sel de mercure etc... dont l'application à des conséquences catastrophiques sur les utilisateurs.

Il est environ 14h00 et le soleil est à son zénith. Une jeune femme attend un taxi. Ses paupières sont gonflées, ses yeux rougis ne cessent de larmoyer. Ne pouvant supporter la luminosité, elle se protège les yeux de ses mains. On la croirait malade et c'est le cas, mais d'une maladie dont elle est la cause, due à l'utilisation excessive des produits blanchissants.

Cancers de la peau, mycoses, leucémies, cataractes, inflammation de la cornée, conjonctivite, abcès sont autant de maladies induites par des produits « cosmétiques » utilisés dans le processus de la décoloration de la peau.

Au Togo, on appelle ces accros du blanchiment de la peau, les "yovos forcés", Yovo signifiant blanc ( le blanc en référence à l'Européen ).

Désormais, les femmes ne sont plus les seules à vouloir se blanchir. Ce phénomène touche aussi de nombreux hommes pour qui avoir la peau claire est source de charme mais également, dans l'imaginaire collectif, source de richesse et de stabilité dans le travail.

Alors, va-t-on droit à un renversement de situation avec des européens à la peau foncée et des africains à la peau claire ? ce serait sacrément drôle !


Et vous, êtes vous aussi accro du bronzage ou de l'éclaircissement ?

Eric Fcd

Thabo Mbeki en mission pour sortir la Côte d'Ivoire de l'impasse


L'ex-président sud-africain Thabo  Mbeki, le 25 octobre 2010.
L'ex-président sud-africain Thabo Mbeki, le 25 octobre 2010.
AFP/Ashraf Shazly

Par RFI
L'ex-président sud-africain Thabo Mbeki, envoyé en « mission d'urgence » par l'Union africaine, pour « trouver une solution légitime et pacifique à la crise », est arrivé ce dimanche matin 5 décembre 2010 à Abidjan. Il a été accueilli par les services diplomatiques sud-africains, en l'absence d'officiels ivoiriens.
Avec nos correspondants et envoyés spéciaux,
Initialement, Thabo Mbeki devait arriver hier soir samedi mais un contretemps de dernière minute l’a empêché de se poser à Abidjan. En effet, l’espace aérien ivoirien étant fermé depuis plusieurs jours, l’aéroport ne fonctionne plus et le personnel technique n’était pas là. Il n’y avait donc personne capable d’éclairer la piste de l’aéroport Félix Houphouët-Boigny. L’avion le transportant a donc dû se dérouter sur une autre direction.
Quoi qu’il en soit, l’ex président sud-africain est arrivé ce dimanche matin 5 décembre pour une mission d’urgence qui s’annonce particulièrement compliquée. L’envoyé spécial de l’Union africaine doit s’entretenir ce dimanche avec Laurent Gbagbo, puis avec Alassane Ouattara, avec lesquels il s’est déjà entretenu au téléphone avant son arrivée. C’est avec leur accord qu’il débarque à Abidjan. L’ancien chef d’Etat est chargé de trouver une solution légitime et pacifique à la crise sur la base « des décisions et instruments pertinents de l’Union africaine ».
Marge de manoeuvre très étroite
Les bonnes relations de Thabo Mbeki avec Laurent Gbagbo sont connues et son implication dans le dossier ivoirien a été décisive en 2005, puisque c’est lui qui a permis à Alassane Ouattara de concourir à l’élection présidentielle. Pourtant, on imagine mal comment Thabo Mbeki pourra aujourd’hui convaincre l’actuel pensionnaire du palais de renoncer à son fauteuil. Pour l’heure, d’après plusieurs sources diplomatiques, la politique des petits pas n’a pas marché et Laurent Gbagbo peut désormais se prévaloir de l’investiture du Conseil constitutionnel.
Avec Alassane Ouattara, la tâche ne sera pas facile non plus. Le candidat du RHDP (Rassemblement des Houphouétistes pour la démocratie et la Paix) a pour lui le soutien de la quasi-totalité de la communauté internationale, et il a été proclamé vainqueur de la présidentielle par la Commission électorale et l’ONU. Dans son entourage, on explique déjà qu’il n’est pas question d’appliquer en Côte d’Ivoire les solutions trouvées au Kenya ou au Zimbabwe avec la formation d’un exécutif à deux têtes.
C'est donc une marge de manoeuvre très étroite qui se présente à Thabo Mbeki, tant il est vrai qu'une sortie de crise rapide et pacifique semble actuellement relever du miracle diplomatique.