Mardi, 08 Février 2011 11:48

La Cour Militaire a longtemps cherché le sésame capable de lui ouvrir le mystère de la mort de Chebeya. Eh bien ! elle y est presque. Une révélation inattendue est tombée hier en pleine audience. Elle met en cause l’inspecteur principal Kanold des Services spéciaux de la Police nationale congolaise.
Vue la pertinence de la révélation, la Cour a décidé stante pede de faire venir l’officier supérieur à l’audience prochaine. Si jamais, après confrontation de Bila et de Kanold, il s’avérait que la première a raison, la Cour aura mis la main sur l’homme qui détient la vérité dans le meurtre de Chebeya.
Quand le ciel a tremblé à Makala !
Après la comparution du général Oleko, la Cours entendu, à titre de enseignante, la commissaire C. Bila qui a préféré comparaître en lingala pour une meilleure expression. En effet, elle a su faire régner un silence des morts quand l’assistance a appris que le colonel Kanold, l’une des autorités de l’inspection générale (IG); lui avait demandé d’arracher l’une des pages du cahier d’enregistrement des visites au niveau de la réception principale de l’lG.
En effet, C. Bila a travaillé la journée du 31 mai 2010. Le lendemain, soit le 1er juin, elle s’est signalée à l’IG de la Pnc pour une très courte durée: de 8 à 10 h. Le 2 juin, le colonel Kanold l’a fait rechercher très activement. Il a questionné partout à la ronde pour obtenir toutes les coordonnées de la commissaire (adresse, numéro téléphonique...). Ces données obtenues, l’inspecteur principal a joint Bila au téléphone exigeant une entrevue urgente avec qu’elle. C’est ainsi qu’il ira la chercher à l’église où elle priait Après l’avoir convaincu d’arracher la page sur laquelle les noms des visiteurs du 1er juin 2010 figuraient, le colonel lui remettra vingt dollars américains pour soi-disant recharger son téléphone et tenir son supérieur informé sur la suite de la mission lui confiée. Sans doute, restent convaincus les avocats de la partie civile, sur la page proposée à la disparition se trouvait certainement le nom de F. Chebeya! Mais n’ayant pas exécuté cet ordre embarrassant, C. Bila, qui avait appris que le colonel Kanold cherchait ses coordonnées auprès d’une tierce personne, a vite compris qu’il y avait bel et bien quelque chose de louche dans la démarche du colonel ! Interrogée par le Ministère public qui lui a demandé de bien voir ce cahier de registre que détient heureusement la Cour C. Bila a reconnu son écriture dans l’enregistrement des visiteurs du 31 mai 2010. Mais l’enregistrement du 1er juin avait été fait par la commissaire Kalunga!
L’une des questions de la Cour se rapportait à l’éventualité d’un réel arrachement de cette page effectué par une autre personne que C. Bila. C’est ainsi que la prochaine audience du jeudi 10 février 2010 est très attendue pour d’autres révélations, mais surtout pour la comparution du colonel Kanold.
Le piège de la routine
Rien, alors rien, n’a perturbé le programme d’audience publique d’hier fixé par la Cour militaire de Km! Gombe siégeant en chambre foraine à la Prison centrale de Makala (Pcm) dans l’affaire d’assassinat, le 1er juin 2010, du défenseur des droits de l’homme, Floribert Chebeya, directeur exécutif de l’Ong La Voix des Sans Voix pour la défense des droits de l’homme (VSV). Des temps forts de cette audience, il y a eu, comme nous l’avions annoncé récemment, la comparution à titre de renseignant de l’inspecteur divisionnaire de la Police nationale congolaise (Pnc)/ville de Kinshasa, le général Jean de Dieu Oleko, qui s répondu aux différentes questions et de la Cour et des avocats des parties civiles.
Mais comme déjà dit précédemment, la comparution de la commissaire Conne Bila Sungu, l’une des policières chargées de la réception à l’entrée principale de l’inspection générale de la Pnc, a constitué le point de mire du procès.
On s’y attendait d’ailleurs le moins parce que toute l’attention était focalisée sur la déposition du générai Oleko arrivé à l’audience à 12h28’. Sorti de la salle, 5 heures après, le général a drainé un monde qui a manqué d’écouter la commissaire C. Bila.
La comparution du général Oleko !
Deuxième à comparaître après le général Alunga en charge des opérations à la Direction des renseignements généraux des services spéciaux (Drgss) qui est de ceux qui avaient vu, le 1er juin 2010 à l’IG, l’Inspecteur Christian Ngoy, commandant du bataillon Simba, le général Oleko a effectivement répondu à l’appel de la Cour. Il était essentiellement question, pour lui, de répondre aux questions relatives au communiqué du 2juin 2010 annonçant la mort de Chebeya.
En effet, ce communiqué a fait l’objet de plusieurs analyses; le paragraphe qui traite de l’état du corps de Chebeya a constitué le noeud des divergences des vues. “ ... pas de signes visibles de violence. “, tel est le groupe de mots à problème, parce que le communiqué, à comprendre le général Oleko, s’est axé sur le constat fait par des agents de la Pnc commis aux postes proches du lieu du crime à Mitendi. A comparer aux cas similaires, ce groupe de mots signifie que le corps de Chebeya h’avait pas une lésion corporelle (une plaie par exemple).
Aux dires du général Oleko, qui n’était allait le 2 juin 2010 à l’lG que pour le communiqué, cette nouvelle du meurtre lui est parvenue par ses services dont le S2 du district de la Lukunga. La Cour et la partie civile Chebeya n’ont pas compris pourquoi ce communiqué est resté inchangé (...pas de traces visibles de violence ...) alors que le général Oleko a vu lès photos montrant bien les traces visibles de violence lui présentées par le colonel Van de la Police technique et scientifique!
Mais le générai Oleko, qui a tenu à ce que le communiqué soit analysé dans son contexte global de forme et de fond, a fait savoir que l’un des paragraphes du communiqué explique bien que des enquêtes devaient être poursuivies, pour plus d’exactitude. Son expérience professionnelle, mais sa maturité aussi, ont été perçues par plus d’une personne. Voilà qui l’a épargné, pour l’instant des soupçons comme quoi l’appréhension d’absence de traces visibles de violence n’était qu’une façon de ne pas permettre la manifestation de la vérité.
Audience décisive hier à Makala, la Cour a découvert l’homme qui détient la vérité dans la mort de Chebeya. L’audience du jeudi prochain s’annonce troublante en révélations. Comme à John Numbi, il a été demandé au général Oleko d’être à la disposition de la Cour.
Les experts des sociétés de téléphonie cellulaire Tigo, Vodacom et Airtel y sont attendus, même le colonel Alène. Que ce procès soit l’occasion d’honneur à la RDC !
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire