jeudi 3 février 2011

Hosni Moubarak prêt à démissioner mais craint le chaos

Capture d'écran de la chaîne américaine ABC dont la correspondante Christiane Amanpour interroge le président egyptien Hosni Moubarak au palais présidentiel au Caire, le 3 février 2011.
Capture d'écran de la chaîne américaine ABC dont la correspondante Christiane Amanpour interroge le président egyptien Hosni Moubarak au palais présidentiel au Caire, le 3 février 2011.
REUTERS/Courtesy of ABC News
Par RFI
Dans une interview accordée à la chaîne de télévision américaine ABC, le président Hosni Moubarak a déclaré ce jeudi 3 février 2011 qu'il était prêt à quitter le pouvoir, mais qu'il ne pouvait s'y résoudre dans l'immédiat, car il craignait que le chaos ne s'installe en Egypte.

NOTRE DOSSIER SPÉCIAL
Interrogé par la journaliste américaine Christiane Amanpour, Hosni Moubarak aurait également affirmé ne pas vouloir voir «les Egyptiens se battre entre eux », après les affrontements violents qui ont opposé ses partisans aux manifestants réclamant son départ.
« J'ai été très mécontent de ce qui s'est passé hier », a encore déclaré le président égyptien, pour qui l'implication du mouvement islamiste des Frères musulmans dans les violences sur la place Tahrir du Caire ne fait pas de doute.
Hosni Moubarak s'est dit soulagé d'avoir promis qu'il ne se présenterait pas à la présidentielle de septembre. Il a également déclaré devant son fils Gamal, présent lors de l'entretien, qu'il n'avait jamais eu l'intention que ce dernier lui succède. En revanche, il a aussi déclaré qu'il n'entendait pas quitter le pays et souhaitait mourir en terre égyptienne.
A propos des risques d'intervention armée contre les manifestants, Christiane Amanpour dit avoir posé la question à plusieurs reprises et obtenu à chaque fois la même réponse : « nous n'autoriserons jamais un recours à la force contre le peuple ».

Omar Souleimane, vice-président égyptien
Le président a dit qu'il ne se présentera pas comme candidat et personne de sa famille ne sera candidat ...
 

03/02/2011 par Sarah Tisseyre
HOSNI MOUBARAK SUR LE DÉPART ?
Avec notre correspondant au CaireAlexandre Buccianti
« Je demanderai aux services de sécurité (…) nous rassemblons des informations (…) nous leur ferons rendre des comptes ». Dans l’interview qu’il a accordé à la télévision égyptienne, le général Omar Souleimane s’est exprimé à plusieurs reprises à la première personne. Or, selon la tradition égyptienne, le vice-président ne prend de décisions que quand le président ne remplit plus ses fonctions. Cela a été le cas d’Anouar el Sadate à la mort du président Nasser et de Hosni Moubarak après l’assassinat du président Sadate.
Parallèlement, dans son interview accordée à la chaîne américaine ABC, le président Moubarak a affirmé qu'il aimerait quitter le pouvoir mais qu'il ne pouvait le faire par crainte du chaos. Le raïs qui se trouve, avec sa famille, au palais présidentiel d’Héliopolis aurait-il déjà délégué une plus ou moins grande partie de ses prérogatives ?
Le général Souleimane affirme : « Nous devons réaliser les amendements constitutionnels garantissant une alternance du pouvoir ». Serait-il, avec le Premier ministre Ahmad Chafic, lui aussi général, en train de chercher une formule faisant du raïs un président honorifique jusque la fin de son mandat ? C’est ce que proposait dans la matinée un comité de sages.

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