2 Février 2011
Kinshasa — Le feu Lieutenant-colonel Justin Kokolo a tous les mérites d'être compté parmi ceux qui ont versé de leur sang pour la souveraineté de la RD Congo. A ce titre, sa place devrait être, en tant qu'héros national, aux côtés de PE Lumumba et LD Kabila, à l'instar du Prophète Simon Kimbangu. C'est cet avis que partage Mgr Marini Bodho lorsqu'il déclare : « Parce qu'il est tombé au front en plein exercice, pour que la paix revienne au Congo.
Oui, parce que le temps n'était pas favorable à cette époque-là ». L'évêque a fait cette déclaration le 30 janvier dernier, lors de la commémoration du cinquantenaire de l'assassinat du feu Lieutenant-colonel Kokolo intervenu le 21 novembre 1960.
A cette occasion, L'Eglise du Christ au Congo (ECC) par le biais de l'Evêque Marini Bodho a remis un cadeau par excellence à la famille Kokolo. Tant d'autres personnes l'ont aussi fait.
Cependant, à part Mme le bourgmestre de la commune de Lingwala, les autres officiels invités, ont brillé par leur absence. Il n'est jamais trop tard pour faire du bien, dit-on. Enfin, depuis son assassinat, cela a fait 50 ans le 21 novembre 2010.
Lui, c'est le vaillant soldat du peuple, le Lieutenant-colonel Kokolo. Pour commémorer le cinquantenaire de sa mort, une messe d'action de grâce a été organisée en son sa mémoire, le 30 janvier dernier à 14 h 00', en la Cathédrale du Centenaire de l'Eglise du Christ au Congo (ECC).
A cette manifestation jubilaire de l'assassinat du Lieutenant-colonel Kokolo, plusieurs hommes de Dieu de l'Eglise Protestante, Madame le bourgmestre de Lingwala, Mwaluke, le Général Mulubi, membres de famille, militaires, sympathisants et quelques retraités de l'armée en ont pris part. Chose curieuse, aucun officiel n'a rehaussé de sa présence cette commémoration.
« Le mal serait si nous n'avons pas lancé des invitation à, presque, toutes les institutions : aux Ministères de la Défense Nationale, Justice, à la Présidence de la République, à l'Assemblée Nationale et au Sénat, etc.
Personne n'est venue, ni délégué un représentant. On ne sait pas pourquoi. Sauf, la bourgmestre de Lingwala. Alors qu'aujourd'hui, tout le monde jouit de la semence de tous ces victimes de l'avant et l'après indépendance », a gémi le Pasteur Kokolo.
Dans son exhortation, l'Evêque Marini Bodho, a rappelé à l'assistance, composée essentiellement des militaires, que le premier rôle d'un militaire, est de sécuriser la population, leurs biens ainsi que les frontières.
En outre, il a expliqué que, l'armée, c'est aussi, la souffrance de toute sorte. Il est question d'accepter de souffrir pour l'intérêt des autres.
« Pour cela, l'Etat congolais doit tout faire pour bien payer ses militaires en prenant aussi bien en charge les familles militaires. C'est très important et à n'est pas négliger. L'Etat doit revoir cela parce qu'il joue un rôle très capital », a ajouté l'Evêque Bodho.
Quid du Lieutenant-colonel Kokolo ? L'indépendance du Congo (Zaïre) fut acquise au prix de nombreux sacrifices.
Beaucoup de personnes en moururent. D'autres encore furent blessées ou dépossédées de leurs biens. L'un de ces héros de l'indépendance qui sacrifièrent leur vie pour la libération de cette nation, fut le citoyen Kokolo Justin.
Au fait, pendant son enfance, passée dans un village situé près de l'embouchure du fleuve Congo, Justin fut fort serviable.
Il est né en 1913, dans la province du Bas-Congo. Son père fut le Révérend pasteur Longo David, reconnu comme étant exceptionnellement aimable et obéissant.
Si d'autres enfants aimaient courir libres, d'après le témoignage reçu sur le lieu de la cérémonie de commémoration, de quelques membres de la famille Kokolo, le petit Justin, lui, préférait accompagner son père dans ses tournées de prédication à travers les villages.
Mais au moi de mai 1936, il s'enrôlera dans l'armée, alors qu'il avait encore 23 ans. Comment ce jeune homme pouvait-il devenir guerrier ? Et bien, la vie d'un soldat est âpre et violente.
D'après les propos recueillis, peu après son enrôlement, tous furent convaincus que Justin Kokolo serait un très bon soldat. Il a apprit rapidement à se servir du mitrailleur.
Dans une compétition avec d'autres soldats, il gagna le premier prix. Les officiers comprirent que, ils pouvaient compter sur Kokolo. Aussi fut-il souvent promu jusqu'à ce qu'il devint en 1960, Lieutenant-colonel, l'avant dernier grade de toute l'armée nationale.
Beaucoup d'histoires sont racontées sur sa bravoure et sa détermination à faire parfaitement ce qui devait être fait.
Quand il était au Katanga, un lion mangeur d'hommes avait dévoré plusieurs personnes dont les trois soldats qui avaient essayé de le tuer. Justin Kokolo se permettra de chasser le fauve.
Il vint seul dans la forêt, le traqua et l'abattit.
Cinq mois après l'indépendance du Congo, Kokolo reçut l'ordre de servir sa nation dans une situation dangereuse et y fut malheureusement abattu.
Il rejoignit son Seigneur, hautement honoré, héros décoré par son peuple. Ce fut le 21 novembre 1960. Il a laissé derrière lui une famille : dix enfants, dont quelques figures phares qui constituent le noyau de sa famille (Kokolo) : le Colonel David Kokolo, le Pasteur Jacques Kokolo, Dieudonné Kokolo, Isidore Kokolo, etc.
Une ONG sera bientôt lancé au nom de Kokolo. Pour l'actuel aumônier en Chef FARDC, le feu Lieutenant Colonel Kokolo, fut le pionnier de l'aumônerie protestante. « Il fut le premier à implanter les églises dans les camps militaires.
C'est avec lui et quelques personnes qu'il va naître l'histoire de l'aumônerie dans notre armée », a-il révélé. De son côté, le journaliste et historien, le Capitaine Nzungu Muanda, Kokolo est un monument pour l'armée, et le pays en général.
Il sied de souligner que, à part la dénomination Kokolo qui a été attribuée à l'ex-camp Léopold II, le bateau de l'Onatra, aujourd'hui déclassé, et son monument érigé au fin fond du Bas-Congo, le capitaine journaliste des FARDC, Nzungu Muanda, va lancer dans les jours à venir, sur le marché du livre, un ouvrage en hommage du feu Lieutenant Colonel Kokolo.
D'après lui tout est fin prêt, il n'y a que les moyens qui restent pour la publication.
Source: allAfrica
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