Par Le Potentiel
De deux. Un pas vient d’être franchi dans la concrétisation du projet de relecture des assises tenues en 1885 à Berlin sur le partage de l’Afrique. Il s’agit des résultats du référendum populaire tenu du 9 au 15 janvier 2011 au Sud-Soudan. Plus de 98 % des Sud-Soudanais se sont prononcés sur l’indépendance de leur espace vital. En clair, le Soudan a été scindé en deux : le Nord, essentiellement musulman et arabe et le Sud réputé chrétien et noir.
Le géant au Sud du Sahara disparaîtra bientôt de la carte du continent noir à l’issue de la procédure de formalités administratives y relatives.
Faut-il en rire ou en pleurer ? Les avis sont partagés. Toutefois, des observateurs avisés s’empressent de qualifier les résultats du référendum sud-soudanais de pas de géant relativement au plan d’émiettement des pays africains réputés trop vastes et difficiles à gouverner.
Ce cas de figure va faire tache d’huile. C’est le début d’une série noire qui va ronger toute l’Afrique, mais particulièrement tous les pays qui regorgent des ressources naturelles dont les grandes puissances et multinationales ont besoin.
La prochaine cible serait probablement la RDC, taxée d’étouffer ses voisins par ses richesses et son espace. Beaucoup de puissances occidentales se sont déclarées ouvertement sur l’exigence de l’ouverture du Congo à un « nécessaire partage de richesses » avec ses voisins.
Il est vrai que les raisons qui ont milité en faveur de la balkanisation du Soudan prévaudraient sans nul doute pour l’éclatement de l’ex-Colonie belge à qui l’on reproche d’être la source de conflits qui déstabilisent la région des Grands Lacs. Cela en logeant presque tous les groupes armés rebelles aux régimes voisins, les FDLR (Rwanda), la LRA et les ADF-Nalu (Ouganda) les FNL (Burundi).
Il s’en est suivi un commerce de minerais de sang que l’on combat à force de slogans, de discours, de conférences et colloques internationaux. En même temps, l’on encourage les populations locales congolaises dans l’Est à s’autodéterminer à travers la création des provinces autonomes afin d’éviter l’égocentrisme du gouvernement central.
Ce message de faiseurs de guerre et de seigneurs en Afrique est-il bien capté en RDC, particulièrement à Kinshasa ? Difficile à dire tant le secondaire prend la place du primordial. A tout prendre, le cas sud-soudanais est une jurisprudence dont les fossoyeurs de la RDC se prévaudront un jour. C’est un syndrome qui indique le plan de la balkanisation est en marche et, tel un acide, il corrodera tout sur son passage.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire