samedi 5 février 2011

Monsengwo suspend l’abbé Coco pour homélie pro-régime




Le cardinal Laurent Monsengwo a suspendu le curé de la Cathédrale Notre Dame du Congo -Sainte Marie- l’abbé Yves Coco. Selon le communiqué officiel du Centre Lindonge, le siège de l’archevêché, l’abbé est suspendu ad divinis, à la discrétion du chef, selon l’explication qu’en a donné à «CONGONEWS» un membre du clergé. Suspension pour une durée de six mois pendant laquelle Coco ne pourra plus se mettre devant l’altar. Son intérim sera assuré par son vicaire, l’abbé Jean-Paul Lwanga.
Dans les milieux des fidèles catholiques, cela n’étonne presque personne depuis que le très excentrique abbé avait pris le contre-pied de son archevêque. Mgr Laurent Monsengwo s’était montré très critique sur la révision constitutionnelle et avait profité d’une conférence de presse pour déverser sa bile sur le régime. Quelques jours plus tard, soit le 17 janvier 2011, Joseph Kabila venait, en personne, assister au Ted Deum donné en mémoire de Patrice Emery Lumumba et Laurent-Désiré Kabila à la Cathédrale Notre Dame du Congo. Selon les usages, c’est l’archevêque lui-même -la cathédrale était sa paroisse- qui officie une messe aussi symbolique et qui plus est marquée par la présence du Chef de l’Etat. Monsengwo a préféré se faire représenter par Mgr Kisonga qui, à son tour, a laissé l’office à l’abbé Coco. Dommage pour l’officiant de n’avoir pas capté tous ces signaux et de s’être lancé ans des dithyrambes sur ce qu’il considère comme les réalisations dans le cadre de cinq chantiers. Le curé a évoqué le boulevard Triomphal, se flattant que les Congolais peuvent désormais inviter des amis étrangers sans se gêner. Il a également épinglé le boulevard du 30 juin, notamment ses scintillants réverbères. Il a rapporté qu’il avait été tellement émerveillé, une nuit, par ce boulevard qu’il s’est trompé de chemin. L’auditoire avait frénétiquement applaudi. Encore des applaudissements quand le curé a frédonné quelques airs de la musique mondaine. C’est la caractéristique de cet abbé très fréquent dans les milieux de Papa Wemba, Nyoka Longo et autres de chatonner toujours un ancien succès quand il dit la messe. Il ne dit jamais la première messe dominicale. Toujours la troisième à laquelle assiste habituellement Didi Kinuani à qui il sert souvent des partitions de chansons dédiées à ce diamantaire connu pour sa prodigalité envers les musiciens. Qui avait dit que les abbés ne sont pas aussi à la recherche d’un «epakolami».    

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