Ivorian.Net-19/5/2011
I – Quand un grand malheur doit frapper un pays, il commence d’abord par tuer la pensée créatrice de sa classe politique en l’empêchant d’aller vers la raison de manière à permettre aux dirigeants politiques d’ouvrir grandement les portes du malheur à travers le sang, la mort et les cadavres d’innocents qui seront les victimes de inconscience en politique.
Le pharaon devant Moïse n’éprouvait que mépris pour celui qui était devant lui et les gens de son espèce, qu’il considérait comme des inférieurs et bons pour n’être que des serviteurs. Tout près de nous aucun argument de bon sens ne pouvait amener les dirigeants de troisième Reich à la raison et éviter la guerre qui avait embrassé le monde en provoquant une montagne de cadavres.
La France, patrie des lumières, pleine de raison et de toute l’ingéniosité qui faisaient sa force et sa fierté fut le pays de la capitulation et de la collaboration, car ses élites politiques avaient trouvé que la plus belle chose à faire en temps de guerre étaient de collaborer avec l’occupant Allemand.
Dans la crise ivoirienne ceux qui comme nous avaient appelé a la retenue et à un dialogue constructif pour une issue pacifique de la crise poste électorale étaient qualifiés de pro-Gbagbo ou de pro RHDP. Pour certains il y avait une logique. Pro-Gbagbo ou pro Ouattara entre les deux il n’y avait aucune place pour le libre arbitre, pour la pensée constructive devant le drame qui se profilait à l’horizon.
Nous sommes allés jusqu’à publier une simulation de ce qui arrivera quand l’assaut sera donné sur Abidjan et le palais présidentiel. Nos écrits témoignent pour nous. Nous évoquions en son temps, le chiffre de 75 000 morts dans tout le pays dont 25 000 à l’intérieur de la Côte d’Ivoire et 50 000 morts dans la seule ville d’Abidjan. Nous avons dit que les patriotes abidjanais paieront le plus lourd tribu car 15 000 d’entre eux y perdront la vie. Personne ne voulait nous croire.
Aujourd’hui les organisations des droits de l’homme nous parlent de plus d’un million de déplacés de guerre. Près de 90 000 morts, des cadavres à ne plus en finir dans les rues d’Abidjan. Les chiens errants sont aujourd’hui repus par la chair humaine dont-ils se nourrissent depuis quelques jours. Ne parlons même pas du pillage du palais présidentiel et des archives de l’Etat ivoirien, dans une ville d’Abidjan en flamme. Tous les ordinateurs des services publics ont été emportés par les pillards.
Les milices s’affronteront nous l’avions prédit à l’avance pour prendre le contrôle des quartiers, maison par maison. Pendant que les pillages des villas luxueuses de la Rivera, d’Angré et des Deux Plateaux, feront rage dans Abidjan en folie.
La violence, comme une explosion de puissance qui s’attaque au bien être des autres composantes de la société dans le but de les contraindre à la soumission, à la domination et à l’asservissement est-elle le but de la coalition qui entoure le Dr Allassane Ouattara ?
L’image qui circule sur le net, présentant l’ancien gouverneur de la BCEAO, Philippe-Henri Dacoury Tabley, battu, violenté dévêtu par les rebelles pro-Ouattara, reste une des images fortes que le monde gardera de l’avènement d’Allassane Ouattara, au pouvoir.
Car elle montre ce que les autres doivent faire s’ils reviennent à leur tour un jour au pouvoir. Tous ceux qui sont silencieux aujourd’hui doivent se rappeler les images des membres du gouvernement du président William Tolbert du Liberia, en petite culotte fusillés en public sur la plage de Monrovia le 12 avril 1980. maltraiter les vaincus porte malheur, nous dit l’adage populaire. Mais nous sommes persuadés encore une fois que personne ne nous écoutera.
Dans l’assaut final, nous l’avons déjà dit que dans une société qui se veut solidaire et égalitaire, le meurtre et le pillage inutile, conduisent les autres à cultiver une vengeance, une barbarie aveugle et une violence sans nom dont les pillages et les razzias décrits plus haut en seront demain les manifestations les plus extrêmes. Personne ne voulait nous croire.
Aujourd’hui, on nous dit que c’est la faute de Laurent Gbagbo, car c’est lui qui voulait s’accrocher au pouvoir et refusait les résultats du scrutin. Encore une fois il faut sortir de ce schéma maléfique qui a fait de la Côte d’Ivoire un pays maudit. Celui qui écrit ces lignes n’est pas un Malinké, ni un bété. L’ethnie comme étendard n’a jamais été notre tasse de thé.
L’ethnie, sincèrement ne peut jamais être un refuge pour ceux qui veulent voir loin en commençant par voir ce qui est sur leur nez. C’est dans cet esprit que nous avons combattus hier le cancer de l’ivoirité, pourtant il est difficile de nous taire aujourd’hui sur les tueries inutiles de personnes innocentes sur la simple base de leur groupe ethno tribales ou religieuse.
La violation des domiciles de nuit et le vol des biens des ivoiriens par l’armée des vainqueurs du jours sera une complication de plus dans la recomposition de la Côte d’Ivoire nouvelle. Tout cela nous fait dire que ce pays, est entrain d’avancer dangereusement vers une faillite totale de l’Etat par le meurtre comme forme de gouvernance.
C’est un grand danger pour les gouvernants et les gouvernés, avec la peur de part et d’autre comme pathologie mortelle pour la nation à moyen terme. Il s’agit ici d’arrêter cette dérive mortelle pour tous les ivoiriens. Car le risque à moyens terme, est de voir les groupes ethniques menacés s’armer pour se défendre et survivre dans la jungle qu’est devenue la Côte d’Ivoire. Il ne s’agit plus ici de pro Ouattara ou de pro-Gbagbo. Il s’agit de la survie de plusieurs millions d’ivoiriens.
II – Concernant l’avenir de Laurent Gbagbo
Le meurtre gratuit a tellement pris de l’ampleur que le sort d’un individu, n’est pas le plus important. Un ami Italien nous disait hier encore qu’il a été choqué par l’image de Laurent Gbagbo, le visage tuméfié et sa femme les cheveux arrachés, battus, violentés tous les deux et présentés sur les chaînes de télévisions du monde entier comme des trophées de guerre.
Nous n’avons jamais été dans le rang des courtisans du gbagboïsme triomphant, mais nous acceptons difficilement de leçons venant de ceux qui par amnésie oublient leurs comportements d’hier.
Nous rappelons aux Italiens et aux français qu’après avoir tuer le Duce, Benitto Mussolini et sa maîtresse, Clara Petacci, le 28 avril 1945, dans une ferme sur les hauteurs de Côme dans le village de Mezzegra, leur corps furent transportés à Milan sur la piazza Loretto où ils furent pendus par les pieds et exposés au regards de tous, pour que tous ceux qui le souhaitent puissent aller cracher sur leur visage.
En France, la libération ne fut pas du gâteau caramélisé pour les femmes qui avaient eu des relations intimes avec les soldats allemands. Ne parlons même pas des serviteurs du régime de Vichy. Les chiffres venants des français eux-mêmes nous parlent d’exécutions extrajudiciaires de plus de 10 000 personnes. Tout près de nous la Roumanie qui n’est pas un pays d’Afrique noire avait fusillée le Conducator Nicolae Ceausescu et sa femme Elena, après un procès plus que sommaire.
Aux philippines les chaussures, les robes et les petites culottes de l’Ex première dame Ilmelda Marcos, furent exposées au public dans Manille en folie après la fuite du Couple présidentiel le 25 février 1986. l’exercice du pouvoir politique doit être un service au profit du peuple qu’on veut servir toutes les dérives visant à utiliser le pouvoir pour s’enrichir, pour comploter ou pour tuer et faire du mal aux autres se paieront cash et au prix fort. Les restes mortuaires de Samuel Kanon Doé, du Liberia ne démentiront pas cette affirmation
Cela étant dit, tous ceux qui animent la vie politique de nos malheureux pays africains doivent savoir à l’avance que la folie meurtrière de leurs adversaires peu faire d’eux des victimes d’une tragédie sans nom. Cela doit donner à nos gouvernant moins d’arrogance et surtout une capacité d’écoute pour éviter l’irréparable pour eux même, pour leur famille et leur pays.
Une fois ce constat fait. Il faut dire à Laurent Gbagbo que les déçus de la refondation gbagboïste sont nombreux. Le FPI est décapité, la plupart de ses dirigeants sont aux arrêts ou en fuites, beaucoup ont été égorgés par la coalition politico militaro rebelles d’Allassane Ouattara. Examinons ici ce qui sera leur sort dans les prochains mois.
Il n’ont pas pour la plupart cherché à fuir certains se sont même fait cueillir à leur domicile, certains se sont mis sous protection de l’ONU, en oubliant les précédents de ce genre de démarche. A la chute de Kabul au main des talibans, Le président Afghans le Dr Mohamed Najibullah, n’avait-il pas trouvé refuge au siège des casques bleus de l’ONU à Kabul
C’est pourtant là qu’il fut capturé par les talibans et pendu à un lampadaire dans le centre ville de Kabul en folie le 27 septembre 1996. Tous ceux qui se croient en sécurité sous la protection de l’ONU CI sont des cadavres en sursis.
Pascal Affi Nguessan, ancien premier ministre de Côte d’Ivoire qui fut capturé, bastonné devant les soldats de l’ONU CI, à l’hôtel Pergola et transféré à l’hôtel du Golf comme prisonnier ne nous démentira pas, s’il respire encore. Dans le même registre, La résidence de notre frère le président du mouvement national congolais et premier ministre Patrice Emery Lumumba, à Léopoldville aujourd’hui Kinshasa n’était-elle pas sous protection des casques bleus en novembre 1960 ?
Nous sommes donc au regret de dire aux gbagboïstes et autres refondateurs ou ce qui en reste du FPI, qu’ils peuvent porter déjà le deuil de Laurent et Simone Gbagbo. Car ils ne reviendront pas vivant du Katanga dans lequel ils ont été expédiés. Ils peuvent prier ou lire la bible 24 heures sur 24, ni Moïse ni le Christ ne feront quoi que ce soit pour eux. On dit qu’Allah en personne a donné le pouvoir au Dr Allassane Ouattara à Abidjan, toutes les pétitions et autres gesticulations ne sont que du vent.
Avec un peu de lucidité, les frontistes doivent comprendre tous qu’Allassane Ouattara, ne va pas gouverner la Côte d’Ivoire avec un Gbagbo en prison sur le territoire national ainsi que ses réseaux patriotiques endormis qui n’attendent qu’un mot de lui pour mettre le pays en branle à leur tour.
Avec un peu de lucidité, les frontistes doivent comprendre tous qu’Allassane Ouattara, ne va pas gouverner la Côte d’Ivoire avec un Gbagbo en prison sur le territoire national ainsi que ses réseaux patriotiques endormis qui n’attendent qu’un mot de lui pour mettre le pays en branle à leur tour.
Le couple Gbagbo a été transféré séparément loin d’Abidjan pour permettre aux services secrets Français de les interroger et de bien les cuisiner pour mieux comprendre la nature de leurs liens avec les pays comme la Chine, la Russie, leurs biens à l’étranger et ce qui les opposent aux intérêts Français en Côte d’Ivoire.
Il ne faut pas se leurrer quand on est en face des égorgeurs. C’est donc la fin politique de Laurent Gbagbo et de son épouse Simone. En ce qui concerne le FPI, certains disent qu’il est en hibernation, en réalité il est liquéfié. C’est-à-dire qu’il est passé d’un état solide à l’état liquide. ses dirigeants seront condamnés à de longue peine de prison de manière à les tenir loin du pouvoir et de la vie politique du pays.
Beaucoup d’entre eux ne reviendront pas vivants, ils ne reverront donc plus leurs familles. Ceux qui survivront, sortiront grabataires, les femmes qui sont parmi eux atteindront la ménopause à leur sortie de prison, si ce n’est pas déjà fait pour certaines. Ensemble ils ne représenteront plus rien. Tous leurs comptes bancaires sont bloqués. Ils n’auront même pas de maison pour dormir, c’est ce qui explique le pillage, l’incendie et la destruction totale de leur domicile.
Le Gbagboïsme et sa refondation sont donc à bout de souffle et ont achevés leurs courses dans la mare boueuse de sang qui borde la lagune ébrié d’Abidjan. C’est aux refondateurs et à eux seuls de tirer les leçons de cette tragédie shakespearienne, burlesque et dantesque, digne d’un roman de Frantz Kafka. Car personne ne pourra mieux le faire à la place de ceux qui voulaient refonder la Côte d’Ivoire pour le situer dans les temps nouveaux.
Il sera difficile et même très difficile au FPI de se relever pour présenter des candidats aux prochaines élections législatives, communales et régionales. Le risque de se faire égorger est tel que nous verrons vraiment le courage dans toute sa grandeur de la part de ceux qui auront encore des couilles entre leurs jambes pour aller faire campagne face à la coalition, politico militaro affairistes et rebelles que dirige le Dr Allassane Ouattara.
III – Et ce fût le temps des égorgeurs et des pillards
Le pillage est un acte de guerre que nous trouvons barbare, parce qu’il ouvre la porte à des vols massifs, à des destructions de biens, accompagnés de violes. Les plus célèbre pillards du haut moyen âge sont les vandales, les huns, durant leurs conquêtes les peuples germaniques mirent à sac Rome à trois reprises durant les grandes invasions. La chute de Constantinople, le 29 mai 1453, provoqua trois jours de meurtres, de saccages, de pillages, de vols et de viols des populations vaincues par les ottomans.
Les français qui sont si friands à donner des leçons de civilités aux autres et qui par amnésie ont oubliés qu’ils ont favorisés et encouragés le génocide des tutsis du Rwanda, doivent se rappeler que pendant la révolution française, plusieurs monuments historiques et cathédrales ont été pillés par les insurgés causant des pertes de reliques ancestrales de l’église de France.
L’histoire se répète constamment pour ceux qui refusent de regarder le passé des peuples en face.
L’histoire se répète constamment pour ceux qui refusent de regarder le passé des peuples en face.
La crise ivoirienne a fait apparaître une nouvelle race de criminels. Les pilleurs et surtout les égorgeurs. Ils connaissaient déjà les domiciles de leurs victimes. Ils entrent chez vous avec fracas en détruisant à la hache ou à la dynamite votre portail. Ils visitent toutes les pièces de votre maison avant de réunir tous les occupants dans la cour ou le salon principal, là le père de famille identifié comme un pro-gbagbo, est bastonné sans ménagement devant sa femme et ses enfants.
Ensuite pendant que le reste de la famille en pleure est tenue enjoue par les armes. Le père de famille est jeté face contre terre. Un homme monte sur son dos, deux autres le tiennent par les bras en le tirant en arrière pour relever son torse. C’est en ce moment là que le troisième homme qui est debout sur lui relève sa tête et tranche sa gorge avec un couteau de boucher, en criant Gnamougôdé ( bâtard ) Allah Akbar, Allah Akbar.
Tue t-on ici au nom de Dieu ? De la religion ? De l’ethnie ou parce que la victime avait soutenue Gbagbo Laurent ? Nous ne savons quoi dire de ce spectacle macabre qui va continuer pendant des mois en Côte d’Ivoire. Les ivoiriens livrés à eux même pensent que des voix s’élèveront dans la sous région ou de par le monde pour que cela cesse.
Quelle naïveté de leur part ? Nous avons fait le pari hier que personne dans la sous région Ouest africaine ne viendra à leur secours avec un seul mot de compassion, c’est l’exacte vérité aujourd’hui. En réalité tous les voisins de la Côte d’Ivoire se réjouissent des malheurs des ivoiriens et de la souffrance des groupes ethniques non transfrontaliers. Ils se disent intérieurement que : c’est bien fait pour les ivoiriens.
La victime de l’égorgement lui s’agite, se débat, un mugissement rauque sort de sa gorge, il suffoque et se vide de son sang, c’est en ce moment que les pillards entrent alors en scène pour vider la maison de tout ce qu’elle contient. La femme et ses filles sont parfois violées avant d’être chassées des lieux cela se termine parfois dans les flammes car plusieurs maisons sont parties en fumer.
Pourquoi Allassane Ouattara n’a t-il pas jusqu’ici pas lancé un appel ferme pour arrêter tous ces crimes inutiles ? Une fois Gbagbo capturé, pourquoi s’en prendre à ses partisans ou tuer des artistes à la petite semaine qui avaient fait le choix de soutenir Gbagbo ? Tous ces questionnements doivent trouver des réponses convaincantes pour reconstruire le corps social de la nation ivoirienne.
Nous avons été déçus par la déclaration d’Allassane Ouattara, disant que ses soldats qui seront reconnus coupables d’exactions seront radiés. Mais non il ne s’agit pas du tout de radiation il faut les juger et les condamner pour ce qu’ils ont fait. Des villages entiers ont été rayés de la carte, on coure le risque de retourner aux impunités qu’il dénonçait hier et cela fera plus de mal encore au pays.
Voilà pourquoi il faut rétablir l’Etat de droit, maintenant et tout de suite, pour que la barbarie s’arrête. Comment peut-on imaginer gouverner un pays sans police, sans justice, sans gendarmerie ou la loi du fusil est la meilleure. Qui ira investir dans un tel pays ? comment réconcilier la paix et la vie dans une république du meurtre et de la violence par les armes ?
IV – Le complot contre la sûreté de l’Etat
Pour l’instant ce n’est qu’une rumeur. Mais nous la prenons très au sérieux, après tout ce que la côte d’Ivoire a connu. Dans quelques mois entre Décembre et janvier 2012, pour être précis, une vague de chasse à l’homme aura lieu dans les grandes villes du pays.
De nombreuses personnalités civiles et militaires proches du PDCI et ce qui reste du FPI ainsi que de sa galaxie patriotique seront arrêtés pour complot contre la sûreté de l’Etat. Ceux qui sont sortis de leurs cachettes en croyant avoir échappé au pire se trompent lourdement.
La plupart de ceux qui sont sortis de leur cachette, Tous les généraux et officiers supérieurs qui se sont ralliés à la 25èm heure au camp Ouattara, seront passés par les armes, de nombreux civiles seront retrouvés dans des caniveaux la gorge tranchée. Ceux qui pensent que nous exagérons seront surpris par le prochain bain de sang qui se profil à l’horizon.
Les organisations des droits de l’homme ne lèveront pas le petit doigt pour eux. C’est une affaire entre africains qu’ils s’arrangent. François Mitterrand, le président socialiste français ne disait-il pas en 1994, à propos du génocide Rwandais : << dans ces pays-là, un génocide, ce n’est pas trop important >>.
À force de jouer avec le feu, les ivoiriens sont aujourd’hui dans un marécage où ils ont perdus leur âme, l’honneur de leur pays et le peu de dignité qui leur reste. Quitter le pays avant cette prochaine vague d’arrestation, est la solution pour tous ceux qui ont la souveraineté et l’indépendance de la Côte d’Ivoire comme une trompette sur la bouche, car le nettoyage se fera au karcher et sans pitié.
V – Situer les responsabilités
Bien sûr que chacun rejettera la responsabilité du drame sur l’autre pour se blanchir et se donner bonne conscience devant l’histoire. En situant les responsabilités de la nuit noire qui s’est abattue sur la Côte d’Ivoire, nous en voyons cinq. Et nous ne manquerons pas de dire que c’est d’abord et avant tout l’incapacité des ivoiriens à résoudre leurs querelles de clocher qui a plongé le pays dans cette crise qui a durée presque une décennie.
La classe politique ivoirienne a été d’une inconscience, pitoyable et lamentable. De nombreux pays africains ont eu des contentieux électoraux sans recourir à la guerre comme solution. Pourquoi malgré tous nos avertissements les politiciens et leurs nombreux courtisans n’ont pas vue le danger de désintégration du pays et de l’Etat qui se profilait à l’horizon ? À quoi servent donc les partis politiques, si la vie et le bien commun n’est pas leur finalité ?
Tout cela nous conforte dans notre choix de ne jamais militer dans un parti politique en Afrique. Car ils sont sclérosés et surtout frappés d’une sorte d’infertilité avancée, qui fait qu’ils ne pourront jamais fonder le bonheur commun. Exactement comme un homme stérile n’arrivera jamais à fonder une famille avec ses propres enfants. Ce qui est arrivé en Côte d’Ivoire est un cas d’école pour toute l’Afrique.
Être responsable en politique, c’est assumer les conséquences des actes qu’on pose ainsi que les dérives de ses propres partisans. C’est aussi être capable de répondre devant la justice et l’opinion publique des malheurs qui s’abattent sur le pays par la faute de votre décision.
Devant le tribunal de Nuremberg, le commandant en chef de la Luftwaffe, le Maréchal, Hermann Goering, sans se démonter avait dit clairement dans sa déposition spectaculaire du 12 mars 1946, qu’il assumait en personne les conséquences des actes et décisions du IIIèm Reich.
A) – Ils sont nombreux aujourd’hui dans la Côte d’Ivoire en ruine, ceux qui se disent que si Gbagbo avait accepté les résultats de la CEI, on n’en serait pas là. Les partisans de Laurent Gbagbo auront dans ce sens le temps de méditer sur leurs propres responsabilités et surtout de tirer les leçons du Gbagboïsme et de sa refondation politique qui fait appel au patriotisme et à sa jonction avec la conscience nationale ivoirienne.
Ils se rendront très vite compte que cette idéologie est aujourd’hui au bout de la course politique. Qu’elle a conduit un pays à la ruine, à l’humiliation et au dénuement complet. Celui qui incarnait ce courant de pensée politique, transformé en idéologie, c’est-à-dire son leader Laurent Gbagbo, avait mal évalué les rapports de force de la vie politique africaine dans ce siècle de mondialisation.
Si tu as un cerveau qui fonctionne normalement, tu ne peux pas aujourd’hui faire face à une rébellion coalisée avec des forces politiques et affairistes dans ton pays, avoir une bonne partie de la sous région sur le dos, être en conflit ouvert avec la France qui gère ta monnaie et qui est propriétaire de la plupart des Banques qui opèrent dans ton pays.
Avoir l’union Européenne et les Etats Unis contre toi et gagner au nom du patriotisme et de la souveraineté de ton pays, c’est un leurre. La Côte d’Ivoire dans son entier à payer au prix d’un bain de sang inutile cette grave erreur d’appréciation du Gbagboïsme et de sa refondation incarné par son leader Laurent Gbagbo. Ne jamais déclencher une épreuve de force si on n’est pas sûr de la gagner à terme. C’est un conseil pour éviter les impasses en politique.
Le président Houphouët-Boigny, disait de son vivant que << la politique, c’est la seine appréciation des réalités>>. A se niveau de responsabilité, ne pas avoir une juste lisibilité de la capacité de nuisance de ses adversaires et foncer tête baissée comme un taureau dans une confrontation qui sera à ta défaveur, c’est de la stupidité et même de la médiocrité d’aller complètement isolé dans un tel bras de fer, quand des millions de vies humaines dépendent de ta décision.
Le gbagboïsme n’a pas pris en compte l’environnement sous régional, la géopolitique et la géostratégie mondiale ainsi que la capacité de nuisance de la France et cela est impardonnable aux refondateurs qui portaient le Gbagboïme dans le but de gouverner autrement. Ils ont tout simplement fait de la Côte d’Ivoire un immense champ de ruines. Cette guerre inutile est aussi leurs responsabilités.
Laurent Gbagbo, qui est historien doit rappeler aux patriotes d’hier et d’aujourd’hui, cette simple leçon de l’histoire électorale du monde, qui nous enseigne qu’organiser un vote en plein milieu des désastres de la guerre, ne peut que déboucher sur un plébiscite pour ou contre cette guerre.
B) – En ce qui concerne le PDCI-RDA, s’il continue par passivité à garder le silence dans cette période ou les ivoiriens se font égorger gratuitement dans leur propre pays. Il se met dans une position délicate de collaboration qui lui rendra plus difficile demain de solliciter les suffrages des ivoiriens pour exercer le pouvoir politique en Côte d’Ivoire. Le PDCI est dans une posture indécente de lâcheté digne de Ponce Pilate.
Plus de 65 ans après sa création, la section ivoirienne du rassemblement démocratique africain, est totalement absente là où les ivoiriens ont besoins que sa voix les protèges et les rassures. Il est aujourd’hui la roue de secours du RDR et bien sûr ses dirigeants diront demain comme certains criminels nazis de Nuremberg, qu’ils ne savaient rien et n’étaient pas au courant des pillages et de la vague d’assassinats qui soufflait sur le pays, depuis la chute de Gbagbo jusqu’à nos jours.
Par son silence le PDCI, est responsable de la situation chaotique actuelle et des pertes énormes de vies humaines, dans un pays qui se voulait solidaire.
Cette position sera moralement difficile pour le PDCI dans les années avenirs, s’il se maintien en spectateur des temps présents.
Cette position sera moralement difficile pour le PDCI dans les années avenirs, s’il se maintien en spectateur des temps présents.
Car dans la réalité le parti qui a conduit la Côte d’Ivoire à l’indépendance a fait le choix d’être aveugle et sourd-muet, le jour ou la survie de millions d’ivoiriens étaient sur le bûcher de l’histoire, cela est une forme d’aveuglement impardonnable, qui sera sanctionné par l’histoire électorale future de la Côte d’Ivoire.
Soutenir Allassane Ouattara, pour survivre semble être le choix de la direction du PDCI RDA. Cette position de lâcheté pèsera de tout son poids dans la recomposition moral, sociale et politique de la Côte d’Ivoire. C’est dans ce sens qu’il faut se poser la question de savoir si le PDCI-RDA, aujourd’hui, est encore un parti politique ou un groupement d’intérêts politico affairistes au profit d’une élite ?
C) – En ce qui concerne Guillaume Kigbafori Soro et ses rebelles
Ceux qui en connivence avec l’étranger ont pris les armes pour tuer des innocents au nom de leurs revendications ethniques et politico religieuses sont sur le plan des responsabilités les premiers responsables de la tragédie et du désastre ivoirien. Car la Côte d’Ivoire ne se relèvera pas de sitôt de cette guerre sanglante dont le but depuis le 19 septembre 2002 était de porter Allassane Ouattara au pouvoir.
Faire couler le sang des autres pour arriver au pouvoir n’a jamais été un facteur de paix aussi bien pour le pays, ses habitants et ceux qui prétendent exercer le pouvoir qu’ils ont obtenu par le fusil. Des exemples en grandeur nature sont sous nos yeux. De Mobutu à Hissène Habré, en passant par Idi Amin Dada et autre Samuel Doé. Le sang appelle le sang et il s’emble qu’en Côte d’Ivoire, nous ne sommes qu’au début d’un cycle infernal et sans fin de violences.
Dans ce sens, ceux qui ont fait le choix des armes au début de la crise ivoirienne ont eu tort. La rébellion politico-militaire ivoirienne, est une forfaiture. Il ne faut pas hésiter à dire qu’elle est condamnable et indigne de l’Etat de droit qu’elle prétend instaurer en Côte d’Ivoire.
Elle a instauré un climat de peur entre ivoiriens, elle a dépossédé d’autres ivoiriens de leurs biens et de leur vie parce qu’ils étaient du mauvais groupe ethnique. Elle a introduite le meurtre en politique. Elle a crée des injustices et des frustrations immenses et inutiles pour instaurer l’anarchie et le chaos comme finalité de son combat.
La Côte d’Ivoire ne méritait pas cela et il faut le dire aujourd’hui pour que d’autres rebellions ne naissent pas demain pour perpétuer la culture du meurtre et du sang comme voies de l’alternance politique en Côte d’Ivoire. Il s’agit ici d’une posture éthique qui rejette la violence, la force brutale, le crime gratuit et l’égorgement sanguinaire des innocents dans la vie politique.
Le plus grave est que Soro Guillaume et ses rebelles n’éprouvent aucune culpabilité vis-à-vis de leurs innocentes victimes. Eventrer une femme enceinte parce qu’elle est Bété ou ébrié est tout simplement criminel et indigne d’humanité. C’est une forfaiture que cette rébellion a infligée à toute la Côte d’Ivoire, et cela est fondamentalement inacceptable.
D) – Allassane Ouattara
Le Dr Allassane Ouattara a déclaré lors de sa récente visite à Ouagadougou au Burkina Faso, que : << tout burkinabé qui arrive en Côte d’Ivoire est chez lui>> il faut simplement savoir si tout ivoirien qui arrive au Burkina Faso est vraiment chez lui ? Car pendant cette guerre, il y a eu des ivoiriens qui se sont réfugiés au Burkina Faso et ils se souviendront toute leur vie de l’humiliation et de la manière dont-ils furent traités ? tout cela n’est pas rassurant aux yeux de beaucoup d’ivoiriens.
Accéder à la direction d’un pays dans un climat de violence est comme une malédiction qui fait que le règne se termine dans le sang. Les francs maçons ne nous démentiront pas sur ce point. Il y a une loi non écrite de la nature qui fait que tout ce qui commence mal se termine mal. Il ne s’agit pas ici d’être pro Ouattara ou pro Gbgbo, RHDP ou LMP. Se sont ces observations simplistes de très courte vue qui ont tués le débat démocratique et empêchés durablement l’alternance politique pacifique en Côte d’Ivoire.
Celui qui écrit ces lignes n’a jamais rencontré Allassane Ouattara et son rival politique Laurent Gbagbo. Nous ne sommes pas non plus de ceux qui avancent dans la vie avec leur militantisme politique sur le front dans le but de se faire une place dans la vie ou à la table du pouvoir si non des dirigeants politiques.
Nous ne l’avons pas fait pendant l’houphouëtisme triomphant et ce n’est pas aujourd’hui que nous allons courir pour manger le pain moisi de la courtisanerie éphémère dont les victimes sont sous nos yeux, après avoir perdus toutes leurs illusions, il sont aujourd’hui désabusés et dénudés, assis à même le sol, ils se demandent parfois avec une grande dose de naïveté ce qui leur arrive ?
Allassane Ouattara pouvait gouverner la Côte d’Ivoire sans le chiffre effarant de 90 000 morts, publié par les organisations de la société civile ivoirienne. Le pouvoir s’il s’exerce dans ces conditions peut-il être un service au bénéfice de la Côte d’Ivoire et des ivoiriens ?
Voilà des interrogations qui s’ils restent sans réponse sèmeront le doute dans les esprits et se transformeront en un cancer dont les métastases finiront par emporter le pouvoir actuel. Nous sommes de ceux qui ont combattus l’ivoirité avec virulence au point de nous faire des ennemis mortels dans le bédïésme triomphant.
C’est cela qui nous rend plus exigeant avec le Dr Allassane Ouattara, plus que tous les autres acteurs de la vie politique ivoirienne. Car contrairement aux courtisans, il n’y a que l’avenir de la Côte d’ivoire et le bien être des ivoiriens qui nous préoccupe nous ne sommes pas dans les rangs de ceux qui recherchent des contrats, des prébendes affairistes ou une place dans la fonction publique ivoirienne.
Ne pas être capable d’avertir le Dr Allassane Ouattara, des dangers qui se profilent déjà à l’horizon de son mandat né dans le sang, n’est pas lui rendre service. Et surtout c’est placer la Côte d’Ivoire au chapitre comptable des pertes et profits de la vie politique. Il est responsable par son intransigeance, du choix de la force destructrice qui a fait de la Côte d’Ivoire un pays de morts-vivants.
E) – La France et les ivoiriens
L’inacceptable pour beaucoup d’africains aujourd’hui. Et c’est malheureux de l’exprimer en public. Mais c’est une réalité de la coopération franco-africaine que nous ne pouvons taire. C’est qu’il y a aujourd’hui en 2011 des gouvernements africains. Qui remettent chaque lundi matin l’ordre du jour du prochain conseil des ministres de leur pays à l’ambassadeur de France dans leur pays pour que celui-ci sous instruction de son pays décide de ce qui mérite de figurer aux préoccupations du gouvernement du malheureux pays africains en question.
C’est cela qui fait des ambassadeurs de France en Afrique noire de véritables proconsuls dans nos pays. Cela fait d’eux des équivalents de Douglas MC Arthur au japon entre le 2 septembre 1945 et la mi avril 1951. Voilà ce que plusieurs générations d’africains ne veulent plus voir dans nos pays. Et cela n’est pas de l’antifrançais, car être libre et indépendant chez soit aujourd’hui a un sens pour tous les êtres humains.
Si la France avait aidée à repousser la rébellion en septembre 2002, il n’y aurait jamais eu de crise ivoirienne aussi coûteuse en vies humaines. Elle aurait eu plus de poids au plan morale et politique pour imposer une solution juste, durable et acceptable par tous.
De ce fait la crise ivoirienne est en partie le résultat de son incapacité à voir loin et la manifestation patente de sa propre cécité morale ainsi que le résultat d’une inconséquence qui rappelle la chute du Dr Mossadegh en Iran et l’avènement avec l’aide de la CIA, de Mohammed Reza Pahlavi, au pouvoir en août 1953 avec la fin que l’on sait. Dans tous les cas, un ressentiment durable est né entre une partie de l’opinion ivoirienne et la France. Il va falloir le gérer et nous souhaitons bonne chance à la France dans cette aventure.
L’embargo inutile sur l’importation des médicaments, alors que les armes entraient en grandes quantités dans le pays pour alimenter une guerre sanglante et fratricide. Les bombardements intensifs et l’attaque en règle du domicile présidentiel à Cocody par les forces françaises.
L’usage de bombes incendiaires, de bombes à fragmentation et de gaz asphyxiant contre Gbagbo et les membres de sa famille dans le sous sol du domicile présidentiel, reste pour beaucoup d’ivoiriens des moyens totalement disproportionnés pour régler un contentieux électoral.
C’est cela qui fait dire à une bonne partie de l’opinion ivoirienne qu’Allassane Ouattara, est un sherpa voir même un mercenaire en mission commandé pour gouverner la Côte d’Ivoire au profit de la France. Ce sentiment est confirmé nous dit-on par la partialité de la diplomatie française en faveur du camp du Dr Ouattara, dans la crise ivoirienne.
Nous refusons jusqu’à preuve du contraire Qu’Allassane Ouattara, soit de cette nature. Car si cela est vrai, comment expliquer la mort de milliers d’ivoiriens ?
Gouverner la Côte d’Ivoire non pas au profit des ivoiriens, mais pour favoriser la prospérité des groupes d’intérêts français, serait une autre forfaiture, voir même de la haute trahison et nous refusons en toute bonne foi de croire qu’avec lui le patrimoine de l’Etat ivoirien sera bradé sans compensation aux grands groupes d’intérêts publics et privés français par le nouveau gouvernement ivoirien post-crise.
C’est parce que nous sommes de bonne foi envers le Dr Ouattara que nous serions très attentifs à la nature des contrats que le nouveau président et son gouvernement signeront avec les puissants groupes français. En cette période de mondialisation, il faut définitivement tourner le dos aux amitiés mafieuses, aux contrats réservés et attribués sans appel d’offre.
Les ivoiriens dans leur grande majorité ne sont pas opposés à la France. Ils refusent tous l’immixtion de la France dans les choix politiques, économiques et diplomatique de leur pays. L’aplatissement de nos malheureux pays africains devant les intérêts étrangers est l’une des causes de notre retard économique et social.
Car il transforme nos dirigeants politiques en de vulgaires petits intermédiaires de contrats avec des commissions juteuses au passage, qui font de l’Etat nation un prédateur pour sa propre population. Les décombres du Zaïre de Mobutu, sont encore sous nos yeux pour nous le rappeler comme exemple concret à ne pas suivre. Dans tout les cas, un président de la république téléguidé de l’étranger n’a jamais fait le bonheur d’un seul africain sur cette terre. C’est une triste réalité de notre temps, qui nous rend méfiant envers ce type d’expérience politique.
En définitif, nous considérons d’une manière générale que la souveraineté d’un pays ne doit s’accommoder d’aucune allégeance quelle qu’elle soit, et que la coexistence des Etats a besoin, pour être durable et profitable à tous, doit être établie sur le respect et la considération réciproque et non sur des rapports entre tuteur et mineur. Elle doit être exempte de toute contrainte et laisser intacte, chez chacun, la capacité de choisir et de refuser.
La situation de monopole des entreprises françaises dans nos pays Africains, leurs tendances à la surfacturation et à l’ingérence dans nos affaires, leur volonté de vouloir décider pour nous sans notre avis et cela avec le soutien des gouvernants français dont les campagnes électorales sont financés par ces entreprises et les régimes fantoches d’Afrique, nous font dire ici :
Que la vraie coopération franco-africaine doit prendre à bras le corps la lutte contre la pauvreté, pour que nous puissions avoir chez nous aussi des routes praticables en toutes saisons, des hôpitaux pour nous soigner des écoles pour éduquer et former notre jeunesse, bref, faire en sorte que des choses simples comme se loger, mettre son fils à l’école et se nourrir convenablement ne soient plus un rêve pour notre génération.
Bref dépoussiérer les accords de coopération avec la France de ses séquelles coloniales et néo-coloniales hérité du gaullisme pour que naisse enfin une coopération franco-africaine, accoucheuse de la deuxième indépendance de nos pays africains de l’espace francophone. Voilà ce que la plupart des ivoiriens souhaitent de tout cœur dans la nouvelle relation avec la France.
L’intelligence commande que la France prenne elle-même les devants d’un tel changement de regards. C’est sa responsabilité, Il faut en effet changer de regards. Changer la nature des regards qui sont tournés vers la Côte d’Ivoire et l’Afrique mais aussi vers les français et la France. Pour évacuer le ressentiment croissant des ivoiriens envers l’ancien colonisateur.
Il ne s’agit pas ici d’être pour ou contre la France. Les ivoiriens veulent vivre librement chez eux dans un pays qui est le leur et non sous l’irresponsabilité d’un régime à plat ventre devant un pays tiers. C’est cette humiliation qui est fondamentalement inacceptable aujourd’hui. Ce constat n’est pas du pro Gbagbo ou du pro Ouattara, non c’est du pro ivoirien, point barre.
VI – La sauvagerie, la violence et la barbarie comme aveuglements
Les ivoiriens mettront du temps avant de se relever pour comprendre ce qui leur arrive. Comment leur pays a-t-il put basculer à ce point dans la violence inutile et dans une barbarie sans nom qui frôle la cécité mentale ? La crise ivoirienne était-elle un simple contentieux électoral ? Sincèrement n’y avait-il pas d’autres solutions que la guerre et la destruction des vies humaines, des biens publics et privés pour amener Allassane Ouattara au pouvoir ?
Si on empêche ces questionnements dans l’espace public la conscience collective nationale ne guérira pas du profond traumatisme psychique et psychologique dans lequel la Côte d’ivoire s’enfonce un peu plus chaque jour. Dans cette démarche nous devons être plus exigeant avec les vainqueurs d’aujourd’hui, si leurs buts sont de gouverner dans la paix, la justice et l’égalité de tous devant la loi. Ils doivent éviter des comportements qui pousseront les ivoiriens à regretter les précédents régimes.
Comment rétablir la justice et la morale humaine après tant de meurtres, de crimes et de mensonges dans un pays qui se voulait solidaire ? De la Shoah aux chambres à gaz de l’Allemagne nazie, des massacres d’Oradour-sur-glane en France en passant par les guerres du Vietnam et d’Algérie, aux Goulags staliniens. Des massacres de Sabra et Chatila au Liban, jusqu’au génocide Rwandais. Sans oublier les épurations ethniques dans l’ex Yougoslavie pour en arriver aux massacres de Duékoué en Côte d’Ivoire.
Celui qui écrit ces lignes ne recherche rien d’autre qu’à comprendre comment l’homme normal avec toute sa tendresse, son humanité et son respect pour la vie, peut-il du jour au lendemain égorger, éventrer et mutiler son voisin ou torturer et violer des femmes et des enfants qui ne lui ont rien fait ?
Cette question est depuis des années au cœur de notre travail de recherche, quand nous étudions la nature des conflits qui ensanglantent ce bas monde. Les français qui ont connus humiliation de l’occupation allemande ont utilisés la torture et le crime gratuit contre les indépendantistes algériens du 1er novembre 1958 au 3 juillet 1962.
La philosophie, la psychologique, la psychanalyse et la psychiatrie, ont essayés dans leurs différents domaines de nous donner des explications qui ne font que nous embrouiller et obscurcir notre compréhension. Quand on brûle un homme vivant ou quand on égorge quelqu’un non pas pour ce qu’il a fait, mais parce qu’il est Bété, Malinké ou Sénoufo, c’est comparable à la mort sans motif des millions de juifs des camps de concentration.
C’est exactement comme la situation tragique des 900 000 Tutsis massacrés gratuitement par le pouvoir génocidaire hutu du général d’opérette, Juvénal Habyarimana grand ami de la France. Deux congrès mondiaux de psychiatrie et de psychanalyse n’ont pas réussir à nous convaincre de cette folie barbare et meurtrière qui font basculer des peuples entier dans l’horreur.
La guerre entraîne-t-elle une régression de l’individu civilisé au point de faire de lui un sauvage et un barbare qui égorge et éventre ses semblables sans le moindre remord ? Il nous semble après avoir observé la guerre au Liberia, au Rwanda, en Sierra Leone et en Côte d’Ivoire, que par nature l’homme est guidé par sa tendance à sortir des exigences morales imposées par la société, de lever toutes les inhibitions.
La guerre offre cette possibilité et procure un pouvoir extraordinaire à l’être civilisé étriqué dans ses lois. Les enfants soldats de 14 ou 15 ans, qui ne savent même pas lire et écrire, étaient maîtres de la rue hier encore à Monrovia. Sans parler du snaper tirant au hasard sur tout ce qui bouge dans les rues de Beyrouth, depuis le toit d’un immeuble. Et cela entre deux bouffées de marijuana, il se croit le roi du monde.
Freud, dans ce sens constatait que : << Les hommes deviennent névrotiques par privation. Leurs symptômes remplacent chez eux la satisfaction qui leur est refusée. >> En temps de guerre, la privation n’existe plus. Tout étant permis, l’homme retourne à son état instinctuel. Certes l’homme hésite à abattre les lois séculaires garantissant la convivialité. Mais dès que l’obstacle est franchi, tout va très vite.
Plus rien ne le retient. Plus rien ne le censure. Le processus de régression vers la sauvagerie et la barbarie se met alors en marche, c’est la chute des conventions morales et sociales, on passe alors du pacifisme à la folie meurtrière. Cette observation nous amène a dire que le désire de la mort de l’ennemi reste enfoui dans l’inconscience de beaucoup d’êtres humains.
C’est pourquoi quelque soit les horreurs les français ne se sentent pas coupables de la torture à l’époque de la guerre d’Algérie. Sarkozy nous avait dit que la repentance est une forme de haine de soit. Les américains ne se sentent pas coupables des atrocités de leurs soldats pendant la guerre du Vietnam. Le peuple autrichien n’avait-il pas élut Kurt Waldheim, président de la république le 8 juin 1986, malgré les soupçons de son passé Nazi ?
Y a t-il une différence fondamentale entre les bombardements au Napalm contre un petit village des montagnes algériens, ou de la jungle vietnamienne, du massacre d’Oradour-sur-glane aux massacres des tutsis du Rwanda ou des Wès de Duékoué en Côte d’Ivoire ?
En Côte d’ivoire, la guerre n’est pas considérée comme un scandale. Le guerrier dozo illettré de la rébellion, n’a pas honte de ses actes. Au contraire, il agit au nom de son parti politique, de sa communauté dont-il défend l’identité et les intérêts fondamentaux. Voilà pourquoi il sera absout par le pouvoir politique qui est lui-même dans le même état d’esprit au plan pathologique, psychique et psychologique. Voilà pourquoi, il n’y aura pas un brin de repentance envers les victimes innocentes de la crise ivoirienne.
C’est ce qui justifie le fait que, la violence, le crime gratuit, la chasse à l’homme, les viols et les pillages vont continuer pendant des mois et des mois en Côte d’Ivoire. Aucun homme politique n’arrêtera ces massacres, car il semble que gouverner dans le silence d’un cimetière est la nouvelle règle de vie du temps des égorgeurs en Côte d’Ivoire.
VII – Postulat de conclusion générale
Hier en Afrique du sud, notre frère, Nelson Mandela avait rassuré la communauté blanche et a eu l’idée de ne pas engager la chasse aux sorcières d’une race contre une autre. En Côte d’Ivoire les premières nominations font déjà peur à une grande partie de l’opinion ivoirienne.
Ils sont nombreux ceux qui avouent leur peur d’une dioulatisation de la Côte d’Ivoire et de ses institutions comme aux temps de l’Akanité sous les régimes corrompus de Félix Houphouët-Boigny et surtout d’Henri Konan Bédié, le père de l’ivoirité en politique. Cette période fut triste pour tous les ivoiriens, car ce fût la cause du coup d’Etat du jeudi 24 décembre 1999.
La plupart des ambassadeurs, sous ces deux régimes, des préfets, des ministères de souveraineté, les entreprises d’Etat et les services publics étaient à cette époque des Akans pour la plupart. C’est l’akanité, qui donnera naissance à l’ivoirité. Comme si la Côte d’ivoire était une république Akan. Exactement comme la prééminence des turques dans l’empire Ottoman entre 1299 et 1922, soit 623 ans d’existence, c’est ahurissant et inacceptable aujourd’hui.
Celui qui écrit ces lignes est un Akan, et nous le disons haut et fort que la Côte d’Ivoire n’est pas une république Akan et surtout les membres de ce groupe ethnique n’ont aucune prééminence sur le pouvoir d’Etat et sur les autres ivoiriens. Comment se comporteraient les autres espagnols si les Catalans s’accaparent du jour au lendemain tous les postes de responsabilités de la haute administration publique du royaume d’Espagne ?
Cette simple hypothèse fait frémir nos amis européens et pourtant la plupart de nos pays africains ont eu le courage de l’expérimenter en grandeur nature. Félix Houphouët-Boigny en Côte d’Ivoire et Joseph Désiré Mobutu du Zaïre, furent les champions dans ce domaine. L’idée selon laquelle l’ethnie est plus loyale est passée par là.
Manifestement des petits malins avaient pensés dans leur petite tête, que la fidélité de l’ethnie est essentiel dans la stabilité, la longévité et la survie de l’Etat et du régime qui gouverne. Ce fut une erreur catastrophique. Sambwa Pida Nbangui, qui fut gouverneur de la Banque nationale du Zäire, était un Ngbandi. Le commandant de la garde nationale, le général Kpara Baramoto, était l’oncle de Mobutu.
Le dernier premier ministre de Mobutu, le général Likulia Bolongo et le chef d’Etat major interarmes le général Donatien Mahélé Liéko Bongo, appartenaient tous au groupe ethnique des NGbandis de la région équatoriale du Zaïre.
Le commandant de la fameuse division spéciale présidentielle, le général Etienne Nzimbi, était le neveu de Mobutu, c’est-à-dire le fils de sa sœur. Et pourtant cela n’a pas empêché la chute de Mobutu et sa clique. Parier sur l’ethnie en politique, c’est lier son destin à des feuilles mortes.
Observons dans le cadre ethno tribal le sens les premières nominations du Président, Allassane Ouattara :
Ambassadeur aux USA : Daouda Diabaté
Ambassadeur aux nations unies à New york : Bamba Youssouf
Ambassadeur de Côte d’Ivoire à paris : Ali Coulibaly
Groupement de la sécurité présidentielle : Lieutenant Colonel, Vagondo Diomandé
Ambassadeur aux nations unies à New york : Bamba Youssouf
Ambassadeur de Côte d’Ivoire à paris : Ali Coulibaly
Groupement de la sécurité présidentielle : Lieutenant Colonel, Vagondo Diomandé
Directeurs des services publics et sociétés parapublics
DG de la Loterie nationale : Issiaka Koné
DG de la société Abidjanaise de transport ( sotra ) Bouaké Meité
DG de la filière Café Cacao Mme Massandjé Touré
DG des Douanes de Côte d’Ivoire : Col. Issa Coulibaly
DG de la société Abidjanaise de transport ( sotra ) Bouaké Meité
DG de la filière Café Cacao Mme Massandjé Touré
DG des Douanes de Côte d’Ivoire : Col. Issa Coulibaly
DG du trésor de Côte d’Ivoire : Adama Koné
DG de la caisse nationale d’épargne : Mamah Diabagaté
Agent comptable du trésor de Côte d’Ivoire : Kader Coulibaly
DG du port de San Pedro : Hilaire Lamizana
DG des postes de Côte d’Ivoire : Konaté Mamadou
DG de la Banque pour le développement Agricole : Lacina Coulibaly
DG de la caisse nationale d’épargne : Mamah Diabagaté
Agent comptable du trésor de Côte d’Ivoire : Kader Coulibaly
DG du port de San Pedro : Hilaire Lamizana
DG des postes de Côte d’Ivoire : Konaté Mamadou
DG de la Banque pour le développement Agricole : Lacina Coulibaly
Ne parlons même pas du gouvernement de Soro Guillaume. On a l’impression que c’est la revanche des groupes ethniques du nord de la Côte d’Ivoire, les malinkés les koyagas et les sénoufos, contre le reste des ivoiriens. Cette liste n’est pas exhaustive, et montre qu’on est entrain de répéter les mêmes erreurs qui ont provoquées la faillite de l’Etat un peu partout en Afrique.
Car ici ce n’est pas de la compétence qu’il s’agit. C’est l’ethnie et la région d’origine qui sont les critères de base de ces nominations.
Ces nominations sont-elles faites dans le sens de l’intérêt national ou pour l’immédiat de quelques uns, tous de la même région et du même groupe ethno tribal ?
Ces nominations sont-elles faites dans le sens de l’intérêt national ou pour l’immédiat de quelques uns, tous de la même région et du même groupe ethno tribal ?
Alors que nous attendons de notre frère le Dr Allassane Ouattara une rupture courageuse avec les combines ethno mafieuses du passé, nous voilà en plein cœur du tribalisme institutionnalisé. Cela nous rend triste car malgré les protestations de nos contradicteurs, nous voyons sans jumelles que nous nous acheminons inéluctablement sur le chemin d’un minable et lamentable nouveau fiasco.
- N’ayant jamais cherché à nous approcher de lui, ni à manger à sa table et surtout, n’attendant rien du Dr d’Allassane Dramane Ouattara, nous sommes à l’aise pour lui dire que le courage en politique, et nous le disons ici encore une fois sans aucune véhémence. C’est d’abord une attitude, celle qui consiste à couper court à un enthousiasme démesuré. À rompre avec les peurs du passé. Nous voulons dire les peurs collectives.
- À s’opposer à des rumeurs, à ramener les sujets au niveau qui doit être le leur, en calmant les ardeurs des excités de son propre camp. Car on ne remporte pas une victoire contre la nation, mais avec la nation qu’on veut gouverner.
- Comme vous le constatez les conditions d’émergence et de stabilisation de la paix et de la démocratie en Côte d’Ivoire sont donc loin d’être remplies. Il s’agit de les explorer, de les expérimenter dans le mouvement même qui porte les ivoiriens à s’initier à la citoyenneté ; à se délivrer des catégories politiques du bien et du mal.
- À se défaire des opinions définitives et des oppositions tranchées ; à faire l’apprentissage de la diversité et de la tolérance, de la nuance et du compromis sur quelques valeurs essentielles entre ivoiriens ; à vivre en respectant les différences, en acceptant les divergences, en recherchant le consensus sur les équilibres du vivre ensemble et en s’accommodant pour le reste de vérités contraires, d’incertitudes partagées, de majorités et de minorités provisoires, de victoire partielles et de défaites surmontables.
Dans une démocratie, il faut laisser s’exprimer et écouter aussi ceux qui ont des opinions contraires. Il parait même que la Côte d’Ivoire est encore une démocratie. Car on a fait la guerre nous dit-on pour que le verdict des urnes soit respecté. Nous avons donc ici voulu exprimer librement nos angoisses, notre réserve, nos craintes et notre lecture de la situation de ce pays depuis la capture de Laurent Gbagbo, le 11 avril 2011 dernier à 14 h 47pour être précis.
Nous avons dans ce sens évoqué la situation sécuritaire, les égorgements massifs des ivoiriens, les pillages, l’anarchie, l’avènement de la peur, du silence et du sang des ivoiriens dans la vie publique ivoirienne ainsi que de l’accession au pouvoir de notre frère le Dr Allassane Dramane Ouattara, dans les conditions que nous savons tous.
Merci de votre aimable attention.
Dr Serge-Nicolas NZI
Chercheur en Communication
Lugano ( Suisse)
Tel. 004179.246.53.53
E-mail : nzinicolas@yahoo.fr
- À s’opposer à des rumeurs, à ramener les sujets au niveau qui doit être le leur, en calmant les ardeurs des excités de son propre camp. Car on ne remporte pas une victoire contre la nation, mais avec la nation qu’on veut gouverner.
- Comme vous le constatez les conditions d’émergence et de stabilisation de la paix et de la démocratie en Côte d’Ivoire sont donc loin d’être remplies. Il s’agit de les explorer, de les expérimenter dans le mouvement même qui porte les ivoiriens à s’initier à la citoyenneté ; à se délivrer des catégories politiques du bien et du mal.
- À se défaire des opinions définitives et des oppositions tranchées ; à faire l’apprentissage de la diversité et de la tolérance, de la nuance et du compromis sur quelques valeurs essentielles entre ivoiriens ; à vivre en respectant les différences, en acceptant les divergences, en recherchant le consensus sur les équilibres du vivre ensemble et en s’accommodant pour le reste de vérités contraires, d’incertitudes partagées, de majorités et de minorités provisoires, de victoire partielles et de défaites surmontables.
Dans une démocratie, il faut laisser s’exprimer et écouter aussi ceux qui ont des opinions contraires. Il parait même que la Côte d’Ivoire est encore une démocratie. Car on a fait la guerre nous dit-on pour que le verdict des urnes soit respecté. Nous avons donc ici voulu exprimer librement nos angoisses, notre réserve, nos craintes et notre lecture de la situation de ce pays depuis la capture de Laurent Gbagbo, le 11 avril 2011 dernier à 14 h 47pour être précis.
Nous avons dans ce sens évoqué la situation sécuritaire, les égorgements massifs des ivoiriens, les pillages, l’anarchie, l’avènement de la peur, du silence et du sang des ivoiriens dans la vie publique ivoirienne ainsi que de l’accession au pouvoir de notre frère le Dr Allassane Dramane Ouattara, dans les conditions que nous savons tous.
Merci de votre aimable attention.
Dr Serge-Nicolas NZI
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