mardi 28 juin 2011

Cri d'alarme de Chérubin Okende : LAC mises à mort par l'Etat congolais!

C'est un diagnostic cinglant des dirigeants des LAC (Lignes Aériennes Congolaises) auquel la presse a assisté, hier lundi 27 juin !
C'était au cours de la conférence de presse organisée par les gestionnaires des LAC, à l'occasion du cinquantenaire de la compagnie aérienne nationale de la République Démocratique du Congo.

C'est le PCA Chérubin Okende qui a animé ce point de presse, au nom du staff dirigeant des Lac.

Sa communication était subdivisée en quatre parties, à savoir : la rétrospective d'un passé cinquantenaire, les états des lieux cinquante ans après, la vision managériale, les perspectives d'avenir.

Concernant la rétrospective, le Pca Okende a rappelé que la compagnie aérienne nationale congolaise avait été créée le 29juin 1961, soit une année après l'accession du pays à l'indépendance.

Ayant vu le jour sous la dénomination d'AIR CONGO, la compagnie avait changé de nom. Elle a été successivement AIRCONGO, AIR-ZAIRE, LIGNES AERIENNES CONGOLAISES.

Deux phases ont marqué l'histoire: la première va de 1961 aux années 70.

C'est une phase glorieuse pendant laquelle la compagnie fut 'dotée d'une flotte de plus de 30 aéronefs ainsi que des infrastructures d'exploitation adéquates, d'un personnel qualifié.

La deuxième phase qui commence à l'aube des années 80, s'étend jusqu'à ces jours. C'est celle qui est marquée par la descente aux enfers de la compagnie jusqu'à son agonie actuelle.

L'assassinat programmé

C'est durant cette phase que l'Etat propriétaire s'est mis à tuer petit à petit son enfant” comme l'a démontré l'orateur.

Tout a commencé en 1976 lorsque l'Etat libéralise l'exploitation du réseau domestique, en spoliant l'outil de travail de la compagnie nationale au profit des privés, sans contrepartie.

Il laisse pourrir la situation sociale du personnel et refuse de payer les services à sa charge lui rendus par l'entreprise.

Acte II : sur injonction du gouvernement, Air Zaïre cède 13 appareils DC3, 4 DC4 et 1 DC6 à l'armée nationale. Sans contrepartie.

Acte III : toujours sur injonction gouvernementale, la compagnie nationale cède 14 petits porteurs à la société privée dénommée COGEAIR. Pendant cette période, la compagnie perd 2 Fokker à 27 places en soutien à l'action des Forces armées zaïroises durant la guerre d'Angola.

Acte IV : le gouvernement instruit Air Zaïre, dans les années 80, de céder sa commande de 4 Fokker 27 à la société privée SCIBE ZAIRE, sans contrepartie ni remboursement de l'acompte de 4.016.000 dollars américains versés, à Boeing.

Acte V : le gouvernement vend un avion long courrier (DC 10-30 9Q-CLT) d'Air Zaïre à plus de 25 millions de dollars en vue de faire face à ses engagements vis-à-vis de la Banque mondiale. Cela sans contrepartie en faveur de l'entreprise.

D'autres causes sont aussi venues porter préjudice à la vie de la compagnie aérienne nationale. C'est le cas des pillages de triste mémoire. Tout comme des parodies de justice dont LAC sont souvent et constamment victimes de la part des tiers.

Quelque 70 dossiers judiciaires, avec plus de 15 condamnations à charge de Lac sont enregistrés.

Pour ce qui est des états des lieux, ceux-ci s'illustrent par un crise multiforme qui touche à la fis la flotte, les équipements, les infrastructures d'exploitation, les ressources humaines ainsi que lés finances.

Les activités de Lac sont actuellement en arrêt systématique, sinon en quasi-arrêt, déclare Chérubin Okende.

Avant de renseigner que appareil Boeing 737, l'unique constituant sa flotte actuelle et acquis sur fonds propre, est cloué au sol, faute de fonds de roulement. Les ressources humaines jugées pléthoriques au regard du tassement quasi- total des activités, sont dépassées en âge avec plus de 75% éligibles à la retraite.

“Avec un cumul de plus de 200 mois d'arriérés de salaires pour le personnel et plus de 30 mois d'arriérés d'émoluments pour les mandataires actuels, la dette sociale consolidée se situe à environs 90.000.000 USD. Les revenus générés par des accords commerciaux portant sur l'exploitation des droits de trafic s'élèvent, en moyenne, à 350.000 USD.

Les, charges de fonctionnement mensuelles incompressibles, sont estimées à plus de 120.000 USD, alors que les revenus disponibles déduits de divers nantissement ne dépassent pas 50.000 USD, en moyenne.

Le niveau de l'endettement global dépasse les 145.000.000 USD

Plus de soixante-dix dossiers judiciaires sont en cours et la compagnie a succombé devant plus de 15 jugements coulés en force de la chose jugée.

Les Lac enregistrent environs cinq saisies judiciaires tous les trois mois “.

Voilà comment l'Etat congolais qui était censé veiller à la bonne marche de sa compagnie, l'a lui-même assassinée.

Comme on peut le constater, cette situation part du régime Mobutu jusqu'à celui issu des urnes, en passant par le régime de Laurent Désiré Kabila, Kabila let 1+4:

Conscients de la gravité de la situation, les actuels gestionnaires ne s'avouent pas convaincus pour déclarer la faillite. Ils croient toujours en la relance des activités de Lac, pourvu que la volonté politique soit manifestée. Chose qui manque depuis .des décennies, en dépit de plusieurs régimes politiques qui se sont succédé.

La situation est grave, bien sûr. Mais, ce n'est pas une fatalité “, dixit Chérubin Okende Senga.

Dom 

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