jeudi 16 juin 2011

Elections 2011 : La Ceni accusée d’enrôler des mineurs à Kinshasa


Une électrice lors des consultations politiques de 2006.Une électrice lors des consultations politiques de 2006.
Selon l’organisation non gouvernementale "La Fondation Bill Clinton pour la Paix" (FBCP), la Commission électorale nationale indépendante a procédé à l’enrôlement des mineurs devant atteindre l’âge de la majorité en novembre prochain. Contactés, des agents de la Ceni rejettent la responsabilité aux autorités municipales.

 Dans un communiqué publié à Kinshasa, cette organisation exhorte les autorités municipales de la capitale à "arrêter la délivrance des attestations de perte des pièces aux mineurs." Après enquête, la "FBCP" est arrivée à la conclusion selon laquelle "bon nombre d’enfants âgés de moins de 18 ans se font enrôler pour voter lors des élections de novembre 2011 ". A quel niveau se situe la responsabilité? Est-ce au niveau de la Ceni? Est-ce au niveau des autorités municipales actuelles qui ont été cooptées par l’Etat-PPRD? Quel est le but de cette fraude? Est-ce pour gonfler le nombre des votants potentiels favorables à un "candidat"?

Depuis quatorze ans, les Zaîrois, redevenus Congolais, n’ont plus de carte d’identité certifiant leur citoyenneté. Cette situation pour le moins absurde est un des lourds héritages de la "libération" du 17 mai 1997. Dès le lendemain de la prise du pouvoir, les "libérateurs", dans un moment d’euphorie, se sont empressés d’invalider la "Carte d’identité pour citoyen" délivrée sous la Deuxième République. Le problème? La population attend toujours la délivrance de la nouvelle pièce d’identité. En attendant, pour prouver sa qualité de citoyen, la population congolaise recourt généralement à la "fameuse attestation de perte des pièces". Là où le bat blesse est que ce précieux document est délivré contre des espèces sonnantes et trébuchantes. Sans discernement ni vérification dans les registres de l’état-civil.

Interrogés au sujet de ce dysfonctionnement, des agents de la Ceni commis à l’enrôlement au centre Ango-Ango, dans la commune de Bandalungwa, ont déclaré avoir fait le même constat. Pour eux, ils se sentent en rien concernés dans la mesure où leur mission se limite "à enrôler toute personne, homme ou femme, de nationalité congolaise âgée de 18 ans ou plus". L’épicentre du tripatouillage ne pourrait se trouver, dès lors, selon eux, qu’au niveau des municipalités. Celles-ci jouissent de la compétence exclusive dans la délivrance de ce type d’acte officiel. Après les élections présidentielle et législatives de 2006, "Joseph Kabila", devenu l’unique "maître" du pays, n’a pas jugé utile d’organiser les élections locales. Les autorités locales en place ont été cooptés par le président sortant.

En marge de cette enquête, la "Fondation Bill Clinton" a pu prendre connaissance d’autres problèmes auxquels les agents de la Ceni à Bandalungwa feraient face. C’est le cas notamment du manque des kits électoraux. Depuis dimanche 12 juin, un nombre important des personnes à enrôler attendent d’accomplir cette formalité. Ce n’est pas tout. Les agents contactés soutiennent n’avoir jamais vu la couleur de leurs salaires "depuis le début de l’enrôlement jusqu’à présent".

Pour cette Fondation, "les autorités municipales doivent mettre un terme à la délivrance des attestations de perte des pièces aux mineurs" et "demande à la CENI de tout faire pour que les enfants mineurs en possession des cartes d’électeur puissent être empêchés de voter par un contrôle strict". Il faut espérer que cette association sera entendue...

 B.A.W (avec APA)
© Congoindépendant 2003-2011

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