vendredi 19 octobre 2012

Depuis quarante-huit heures, le Rwanda fait partie du Conseil de sécurité des Nations unies. Pour un mandat de deux ans. Incroyable consécration de l’impunité.
- Le Potentiel
Malgré les tueries, les massacres et le pillage des ressources naturelles de la RDC

Depuis quarante-huit heures, le Rwanda fait partie du Conseil de sécurité des Nations unies. Pour un mandat de deux ans. Incroyable consécration de l’impunité.
Pour avoir allumé du feu en RDC et participé activement à la
violation des droits de l’Homme et au pillage systématique des
ressources naturelles du Congo, le pyromane se trouve aujourd’hui
récompensé par les puissances occidentales qui l’élèvent au rang des
sapeurs-pompiers appelés à maintenir la paix sur la planète.
Massacres à répétition ayant causé plus
de 6 millions de morts et des centaines de milliers de déplacés ;
absence d’autorité de l’Etat dans l’Est de la RDC occupé par des
seigneurs de guerre à la solde de Kigali et de Kampala, instabilité
permanente et généralisée, etc.
Cette addition n’était pas suffisamment
salée pour émouvoir les puissances occidentales. Au point où elles
viennent d’accorder une prime à l’un des agresseurs de la RDC, à savoir
le Rwanda, en l’acceptant comme membre non permanent du Conseil de
sécurité pour un mandat de deux ans.
La représentante de la RDC à l’ONU a
tenté, vainement d’infléchir la tendance. Sans succès, les accusations
sur le rôle déstabilisateur joué par le régime de Kigali dans l’Est de
la RD Congo n’ont pas apporté le résultat contraire. Les dés étaient
jetés d’avance. Par ailleurs, et c’est cela le plus curieux, la
candidature rwandaise était l’unique du continent.
C’est dire que déjà
en amont, la diplomatie rwandaise avait rallié à sa cause des pays du
continent africain, avant d’aller à l’assaut des autres membres de
l’organisation mondiale.
La preuve éloquente que l’axe du mal est
établi par des puissants de notre planète vient d’être une nouvelle
fois administrée à travers le choix porté sur le Rwanda. Celui-ci étant
désigné membre du Conseil de sécurité suivant des critères flous et
difficilement acceptables.
L’opposition de certains membres permanents
du Conseil de sécurité n’est pas allée jusqu’au bout, à savoir l’usage
du droit de veto. Des pays, notamment la France ont tenté de s’opposer à
cette désignation, suite aux preuves éloquentes cumulées et documentées
par des experts chargés d’enquêter sur l’instabilité récurrente dans
l’Est de la RDC.
Du coup, le droit international en prend
un sérieux coup et l’injustice fait son entrée par la grande porte dans
le concert des Nations. La démonstration de l’injustice à ciel ouvert
est un fâcheux précédent. Car, ne devrait siéger au sein du Conseil de
sécurité que des Etats qui ont une conscience légère et non des Etats
criminels et voyous pour reprendre le terme consacré.
Le Conseil de sécurité est l’organe
onusien à qui échoit la plus grande responsabilité de maintenir la paix
et la sécurité internationales. A travers des résolutions, cet organe
prend des mesures pour l’accomplissement de cette mission essentielle à
l’équilibre des rapports entre Etats.
Le Rwanda, l'Argentine et
l'Australie ont été élus jeudi membres non permanents du Conseil de
sécurité de l'ONU pour un mandat de deux ans à partir du 1er janvier
2013.
Sur les 193 pays membres de l'ONU, le Rwanda a obtenu 148
suffrages, l'Australie 140 et l'Argentine 182. Il fallait rassembler 129
voix, soit une majorité de deux tiers, pour être élu. Le Conseil, qui
compte 15 membres, renouvelle chaque année cinq de ses dix sièges de
membres non permanents, sur une base régionale.
Prise en charge par les Anglo-Saxons
Prise en charge par les Anglo-Saxons
Dans cette bataille, Kigali a reçu le
soutien des pays anglo-saxons. Les Etats-Unis et la Grande-Bretagne ont
exercé des pressions considérables afin que l’unique candidature
rwandaise soit entérinée par l’assemblée générale des Nations unies.
Chose faite depuis le jeudi 18 octobre 2012. 44 Etats votants se sont
opposés au choix, pour ne pas cautionner les pratiques criminelles
constatées dans l’Est de la RDC.
Cette prise en charge diplomatique du
régime de Kigali n’est pas une surprise pour des observateurs avertis.
Kigali a toujours reçu la bénédiction de
certaines capitales occidentales bien identifiées dans sa sale besogne
de déstabilisation de la République démocratique du Congo. Des timides
sanctions ont duré l’espace d’un matin, avant d’être carrément levées,
sans autre forme de procès. Pour des raisons géostratégiques, Washington
et Londres ont jeté leur dévolu sur Kigali et Kampala, comme à l’époque
de la Guerre froide avec Mobutu.
Pour toutes les sales besognes, ces deux
régimes ont accepté de jouer le rôle de sous-traitance. D’ailleurs, on
comprend pourquoi les militaires de ces deux pays ont été déployés à
travers le monde pour des missions de maintien de la paix.
C’était à
l‘instigation de ces deux puissances, membres permanents du Conseil de
sécurité des Nations unies. Aujourd’hui, ils en tirent le meilleur parti
contre toute bonne conscience.
Une prime à l’impunité
Une prime à l’impunité
En optant pour un soutien aveugle en
direction de ces deux capitales, les Anglo-Saxons octroient une prime
aux dirigeants de ces deux régimes pour qui le droit à la vie et à une
coexistence pacifique ne serait qu’un leurre.
Ceux-ci voudraient nous
donner une leçon, selon laquelle, il faut chercher à rester sous leurs
bonnes grâces si on ne veut pas se retrouver du mauvais côté, même en
cas de flagrance. Les 148 votes en faveur de Kigali sont obtenus loin de
la transparence et du bon sens qui guident les rapports entre Etats.
Le
mot d’ordre des puissances du Conseil de sécurité a eu raison de toutes
ces considérations dont la noblesse n’a pas échappé à certains autres
Etats qui ont tenté de s’opposer à ce triomphe de l’impunité et de la
barbarie.
Toutefois, les morts congolais ne
resteront pas impunis, ils crient justice. Personne ne quémande des
faveurs pour ces victimes. Les coupables qui portent l’immense
responsabilité de ce sang qui a coulé à floculation en répondront un
jour. Tout comme leurs commanditaires tapis dans l’ombre.
La justice les
rattrapera et ils répondront de leurs crimes. Pendant ce temps, il se
constate qu’à Kinshasa, on traine à tirer les conséquences de cette
cinglante défaite diplomatique. Le changement de stratégies est devenu
plus qu’une affaire urgente.
Il s’impose comme une affaire de vie ou de
mort pour la République. Le spectre de la balkanisation se précise de
plus en plus. Tant les puissances occidentales n’arrêtent d’en donner le
signal.
Attributions et missions du Conseil de sécurité
Le Conseil de sécurité est l'institution
la plus puissante de l'Organisation des Nations unies (ONU). C'est à
lui qu'échoit la « responsabilité principale du maintien de la paix et
de la sécurité internationales ».
Agissant au nom des États membres, le
Conseil prend des décisions obligatoires (par exemple, des sanctions)
pour que la paix et la sécurité internationales soient maintenues. Il
est appelé à œuvrer « par voie de négociation, d'enquête, de médiation,
de conciliation, d'arbitrage, de règlement judiciaire, de recours aux
organismes ou accords régionaux ».
Si le Conseil de sécurité constate
l'existence d'une menace contre la paix, d'une rupture de la paix ou
d'un acte d'agression, outre les recommandations classiques, il est
autorisé à prendre des mesures de deux types : l'interruption complète
ou partielle des relations économiques et de tout moyen de
communication, ainsi que la rupture des relations diplomatiques. Si ces
moyens échouent, ou se révèlent inadéquats, des mesures d'ordre
militaire peuvent être déclenchées.
Le Conseil est en effet habilité à
entreprendre – au moyen de forces aériennes, navales ou terrestres –
toute action qu'il jugera nécessaire au maintien ou au rétablissement de
la paix. Ces démonstrations de force, mesures de blocus et autres
opérations de degrés divers, sont mises en œuvre grâce aux contingents
nationaux de forces armées que chaque État membre s'engage à mettre à la
disposition de l'ONU.
À la différence de l'Assemblée générale
(principal organe de délibération de l'ONU, composée des représentants
de tous les États membres), qui se contente d'émettre de simples
recommandations, le Conseil de sécurité se voit donc reconnaître un
pouvoir de décision sur les questions fondamentales.
Composition et fonctionnement
Le Conseil de sécurité se compose de 15
membres, dont 5 ont la qualité de membres permanents : la Chine, les
États-Unis, la France, le Royaume-Uni et la Russie (qui a remplacé
l'Union soviétique).
Les 10 membres non permanents sont élus pour une
période de deux ans par l'Assemblée générale, qui tient compte de la
contribution des membres de l'Organisation au maintien de la paix et de
la sécurité internationale, ainsi que d'une volonté de répartition
géographique équitable.
Chaque membre disposant d'une voix, les
décisions du Conseil sur les questions dites de procédure nécessitent un
vote affirmatif de 9 membres. Quant aux autres « questions de fond »,
elles requièrent une majorité de 9 voix également, comprenant celles des
5 membres permanents.
Par conséquent, en cas de refus de l'un de ces
derniers, la décision se trouve paralysée : c'est le droit de veto.
Ainsi, aucune action ne peut être entreprise sans le concours d'un
membre permanent ou contre lui.
Deux procédures permettent de limiter
cette obstruction. D'une part, l'abstention ou l'absence d'un membre
permanent n'équivalent pas à un vote négatif. D'autre part, en
application de la résolution 377, dite « Union pour le maintien de la
paix » (résolution Acheson, votée lors de la guerre de Corée, en 1950),
l'Assemblée générale peut être saisie d'une question touchant à la paix
et à la sécurité internationale si le Conseil de sécurité se trouve dans
l'impossibilité de s'acquitter de sa « responsabilité principale »,
notamment du fait du droit de veto.
L'Assemblée, si une majorité des deux
tiers est atteinte, peut en ce cas se substituer momentanément au
Conseil, jugé défaillant, comme lors des crises de Hongrie (1956), de
Suez (1956) ou de l'ancien Congo belge (1960).
Après la décolonisation,
puis la disparition de l'Union soviétique (1991), les questions de veto
ne semblent cependant plus se poser avec la même acuité. Il règne un
certain consensus, comme l'illustrent les résolutions du Conseil prises
au sujet des événements dans l'ex-Yougoslavie (1992) ou de
l'intervention en Somalie (1992).
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