A moins de vingt-quatre heures de l’ouverture officielle du Sommet de la Francophonie prévu du 12 au 14 octobre à Kinshasa, le président François Hollande a accordé une interview à trois journalistes français.
Le chef d’Etat français a dénoncé l’agression dont le territoire congolais est victime au Nord Kivu et a clamé sa volonté de «faire progresser la démocratie» dans les pays africains qu’il aura à visiter. Pour lui, la visite à Kinshasa, est une occasion, pour la France, d’écrire une «nouvelle page de l’Histoire» avec l’Afrique.
Le Sommet de la Francophonie s’ouvre officiellement ce vendredi 12 octobre. Soixante-quinze délégations venues d’Afrique, d’Amérique, d’Asie et d’Europe doivent y prendre part dont une trentaine de chefs d’Etat et de gouvernement. Le Président français entend prononcer une allocution annonciatrice de sa vision des relations entre la France et les pays africains locuteurs de la langue de Molière. Des relations sans doute "décomplexées".
«Le principal opposant historique»
A Kinshasa, François Hollande va s’entretenir avec des officiels congolais mais aussi avec des représentants des forces politiques de l’opposition et ceux des organisations non gouvernementales. Sauf imprévu, samedi 13 octobre à 10 heures, le dirigeant hexagonal recevra à la résidence de l’ambassadeur de France une délégation composée de cinq représentants de l’opposition. Il s’agit de : Samy Badibanga Ntita (Union pour la démocratie et le progrès social/FAC) ; Jean-Lucien Bussa (Mouvement de libération du Congo) ; Martin Fayulu Madidi (Engagement pour la citoyenneté et le développement), coordonnateur des «Forces acquises au changement» (FAC) ; Vital Kamerhe, président de l’Union pour la Nation Congolaise et Anatole Matusila du groupe des libéraux sociaux démocrates. Selon certaines indiscrétions, ces personnalités entendent entretenir le chef d’Etat français sur trois sujets. A savoir : la guerre à l’Est, le déficit démocratique et la crise de légitimité. "Nous attendons que la France s’implique pour permettre aux Congolais de sortir de cette situation", a confié à l’auteur de ces lignes un parlementaire de l’opposition joint au téléphone jeudi 11 octobre à Kinshasa.
Dans l’après-midi de ce samedi 13, Hollande a prévu de recevoir le président de l’UDPS, Etienne Tshisekedi wa Mulumba, qu’il a qualifié de «principal opposant historique» au cours de l’interview précitée qui a porté non seulement sur la situation au Congo mais aussi au Mali et en Syrie.
S’agissant du Congo démocratique, le président français a été interrogé successivement sur sa déclaration du mardi 9 octobre qualifiant d’"inacceptable" la situation, au Congo démocratique, des droits humains, de la démocratie et la reconnaissance de l’opposition. Il a été interrogé également sur la situation au Nord Kivu, l’état de la démocratie et des droits de l’homme ainsi que le contenu des entretiens qu’il devrait avoir non seulement avec «Joseph Kabila» mais aussi avec les représentants de l’opposition et ceux des forces sociales.
Hollande de déclarer en liminaire que le Congo «est agressé à ses frontières». Aussi se propose-t-il de dire à Kinshasa ce qu’il a déjà déclaré dans son discours prononcé à l’Assemblée générale de l’Onu. «Je n’accepte pas que les frontières de ce grand pays soient mises en cause par des agresseurs venus de l’extérieur», a-t-il précisé sans toutefois esquisser l’action que la France pourrait mener pour permettre à l’ex-Zaïre de rétablir sa compétence exclusive sur son territoire.
Après avoir rappelé les dysfonctionnements ayant émaillés les élections présidentielle et législatives du 28 novembre 2011, Hollande a «souligné» que les gouvernants congolais ont accompli néanmoins "des progrès". Et ce, selon lui, à travers les réformes en cours sur la Ceni (Commission électorale nationale indépendante) et l’érection d’une Commission nationale des droits de l’Homme. Pour lui, il entend contribuer au progrès de la démocratie dans tous les pays qu’il va visiter.
En tous cas, les observateurs avertis restent sceptiques sur la capacité du pouvoir kabiliste à embrasser une "vocation démocratique et droitdelhommiste" en abandonnant les «vieilles mauvaises habitudes» faites de brutalité et de violence. Pour ces observateurs, la pérennité du pouvoir kabiliste découle justement de la terreur exercée sur la population. Une terreur qui est devenue le véritable pilier du régime en place.
Interrogé sur le procès relatif à l’assassinat de Floribert Chebeya et de Fidèle Bazana qui a été reporté sine die, le dirigeant français a promis d’en parler avec son homologue congolais. «Je dirai à Kinshasa ce que je dis partout où je suis passé, a-t-il dit. Je n’ai pas plusieurs langages selon les interlocuteurs. Ce militant des droits de l’Homme a été assassiné. Sa famille, ses proches et amis attendent de connaître la vérité. J’aurai l’occasion de m’entretenir avec le président Kabila».
«Ecrire une nouvelle page d’Histoire avec l’Afrique»
Selon Hollande, il dira à «Joseph Kabila» que «les temps ont changé». Et que «la France est désireuse de respecter tous ses interlocuteurs tout en leur disant la vérité». «Cette vérité n’est pas celle de la France. C’est celle des droits fondamentaux, des libertés essentielles et de démocratie». Selon lui, l’entretien avec le numéro un Congolais sera aussi l’occasion de souligner "l’aspiration" de la population congolaise "à la démocratie".
Que va-t-il dire à Etienne Tshisekedi wa Mulumba? «J’ai souhaité avoir des entretiens avec l’opposition ainsi qu’avec le principal opposant historique et des organisations non gouvernementales nullement pour m’immiscer dans les affaires congolaises en m’érigeant en arbitre ou juge», fait-il remarquer.
Et de pousuivre que les entrevues avec les personnalités congolaises sera une occasion privilégiée pour parler de la
«nouvelle politique qui est entrain de se définir» à Paris en matière des relations avec le continent africain.
«Nous avons du respect, nous avons de la considération mais nous entendons continuer à nous parler en toute franchise». François Hollande dit espérer que sa visite au Congo contribuera à la relance du «processus démocratique qui a été engagé» afin que celui-ci «aille jusqu’au bout».
Interrogé si la rencontre avec Tshisekedi était un «message» adressé aux gouvernants congolais, le président Holland s’est empressé de souligner que «c’est un message envoyé à tous les chefs d’Etat africains». Et de préciser : « Je suis conscient qu’ils ont été élus par un processus démocratique et qu’ils représentent pleinement leurs pays.
Lorsqu’ils n’ont pas été élus par cette procédure, je fais en sorte d’avoir de bonnes relations d’Etat à Etat». Et de conclure : «Je reconnais aussi les opposants dès lors qu’ils s’inscrivent dans la démocratie et dès lors qu’ils veulent concourir sans violence à ce que les urnes parlent en Afrique comme partout ailleurs».
Pour lui, la visite au Congo-Kinshasa est une occasion d’«écrire une nouvelle page de l’Histoire avec l’Afrique».
En 2007, Nicolas Sarkozy avait annoncé la «mort» de la «Françafrique», c’est-à-dire la France des réseaux. Sans succès. Hollande pourra-t-il réussir là où son prédécesseur a failli? C’est à voir.
«Le principal opposant historique»
A Kinshasa, François Hollande va s’entretenir avec des officiels congolais mais aussi avec des représentants des forces politiques de l’opposition et ceux des organisations non gouvernementales. Sauf imprévu, samedi 13 octobre à 10 heures, le dirigeant hexagonal recevra à la résidence de l’ambassadeur de France une délégation composée de cinq représentants de l’opposition. Il s’agit de : Samy Badibanga Ntita (Union pour la démocratie et le progrès social/FAC) ; Jean-Lucien Bussa (Mouvement de libération du Congo) ; Martin Fayulu Madidi (Engagement pour la citoyenneté et le développement), coordonnateur des «Forces acquises au changement» (FAC) ; Vital Kamerhe, président de l’Union pour la Nation Congolaise et Anatole Matusila du groupe des libéraux sociaux démocrates. Selon certaines indiscrétions, ces personnalités entendent entretenir le chef d’Etat français sur trois sujets. A savoir : la guerre à l’Est, le déficit démocratique et la crise de légitimité. "Nous attendons que la France s’implique pour permettre aux Congolais de sortir de cette situation", a confié à l’auteur de ces lignes un parlementaire de l’opposition joint au téléphone jeudi 11 octobre à Kinshasa.
Dans l’après-midi de ce samedi 13, Hollande a prévu de recevoir le président de l’UDPS, Etienne Tshisekedi wa Mulumba, qu’il a qualifié de «principal opposant historique» au cours de l’interview précitée qui a porté non seulement sur la situation au Congo mais aussi au Mali et en Syrie.
S’agissant du Congo démocratique, le président français a été interrogé successivement sur sa déclaration du mardi 9 octobre qualifiant d’"inacceptable" la situation, au Congo démocratique, des droits humains, de la démocratie et la reconnaissance de l’opposition. Il a été interrogé également sur la situation au Nord Kivu, l’état de la démocratie et des droits de l’homme ainsi que le contenu des entretiens qu’il devrait avoir non seulement avec «Joseph Kabila» mais aussi avec les représentants de l’opposition et ceux des forces sociales.
Hollande de déclarer en liminaire que le Congo «est agressé à ses frontières». Aussi se propose-t-il de dire à Kinshasa ce qu’il a déjà déclaré dans son discours prononcé à l’Assemblée générale de l’Onu. «Je n’accepte pas que les frontières de ce grand pays soient mises en cause par des agresseurs venus de l’extérieur», a-t-il précisé sans toutefois esquisser l’action que la France pourrait mener pour permettre à l’ex-Zaïre de rétablir sa compétence exclusive sur son territoire.
Après avoir rappelé les dysfonctionnements ayant émaillés les élections présidentielle et législatives du 28 novembre 2011, Hollande a «souligné» que les gouvernants congolais ont accompli néanmoins "des progrès". Et ce, selon lui, à travers les réformes en cours sur la Ceni (Commission électorale nationale indépendante) et l’érection d’une Commission nationale des droits de l’Homme. Pour lui, il entend contribuer au progrès de la démocratie dans tous les pays qu’il va visiter.
En tous cas, les observateurs avertis restent sceptiques sur la capacité du pouvoir kabiliste à embrasser une "vocation démocratique et droitdelhommiste" en abandonnant les «vieilles mauvaises habitudes» faites de brutalité et de violence. Pour ces observateurs, la pérennité du pouvoir kabiliste découle justement de la terreur exercée sur la population. Une terreur qui est devenue le véritable pilier du régime en place.
Interrogé sur le procès relatif à l’assassinat de Floribert Chebeya et de Fidèle Bazana qui a été reporté sine die, le dirigeant français a promis d’en parler avec son homologue congolais. «Je dirai à Kinshasa ce que je dis partout où je suis passé, a-t-il dit. Je n’ai pas plusieurs langages selon les interlocuteurs. Ce militant des droits de l’Homme a été assassiné. Sa famille, ses proches et amis attendent de connaître la vérité. J’aurai l’occasion de m’entretenir avec le président Kabila».
«Ecrire une nouvelle page d’Histoire avec l’Afrique»
Selon Hollande, il dira à «Joseph Kabila» que «les temps ont changé». Et que «la France est désireuse de respecter tous ses interlocuteurs tout en leur disant la vérité». «Cette vérité n’est pas celle de la France. C’est celle des droits fondamentaux, des libertés essentielles et de démocratie». Selon lui, l’entretien avec le numéro un Congolais sera aussi l’occasion de souligner "l’aspiration" de la population congolaise "à la démocratie".
Que va-t-il dire à Etienne Tshisekedi wa Mulumba? «J’ai souhaité avoir des entretiens avec l’opposition ainsi qu’avec le principal opposant historique et des organisations non gouvernementales nullement pour m’immiscer dans les affaires congolaises en m’érigeant en arbitre ou juge», fait-il remarquer.
Et de pousuivre que les entrevues avec les personnalités congolaises sera une occasion privilégiée pour parler de la
«nouvelle politique qui est entrain de se définir» à Paris en matière des relations avec le continent africain.
«Nous avons du respect, nous avons de la considération mais nous entendons continuer à nous parler en toute franchise». François Hollande dit espérer que sa visite au Congo contribuera à la relance du «processus démocratique qui a été engagé» afin que celui-ci «aille jusqu’au bout».
Interrogé si la rencontre avec Tshisekedi était un «message» adressé aux gouvernants congolais, le président Holland s’est empressé de souligner que «c’est un message envoyé à tous les chefs d’Etat africains». Et de préciser : « Je suis conscient qu’ils ont été élus par un processus démocratique et qu’ils représentent pleinement leurs pays.
Lorsqu’ils n’ont pas été élus par cette procédure, je fais en sorte d’avoir de bonnes relations d’Etat à Etat». Et de conclure : «Je reconnais aussi les opposants dès lors qu’ils s’inscrivent dans la démocratie et dès lors qu’ils veulent concourir sans violence à ce que les urnes parlent en Afrique comme partout ailleurs».
Pour lui, la visite au Congo-Kinshasa est une occasion d’«écrire une nouvelle page de l’Histoire avec l’Afrique».
En 2007, Nicolas Sarkozy avait annoncé la «mort» de la «Françafrique», c’est-à-dire la France des réseaux. Sans succès. Hollande pourra-t-il réussir là où son prédécesseur a failli? C’est à voir.
Baudouin Amba Wetshi
© Congoindépendant
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