jeudi 18 octobre 2012

La RDC réclame des sanctions contre le Rwanda et l'Ouganda, accusés de soutenir la rébellion

18.10.2012

Des rebelles du M23, dans la jungle du Nord Kivu dans l'est de la RDC , en juillet.
Des rebelles du M23, dans la jungle du Nord Kivu dans l'est de la RDC , en juillet. | AFP/PHIL MOORE

 

La République démocratique du Congo a réclamé, mercredi 17 octobre, des sanctions à l'encontre du Rwanda et de l'Ouganda, deux pays voisins accusés par un groupe d'experts des Nations unies de soutenir les rebelles congolais du M23 au Nord-Kivu, dans l'est de la RDC.

D'après les conclusions d'un document confidentiel, chargé de vérifier le respect en RDC des sanctions et de l'embargo sur les armes décrété par les Nations unies, Kigali et Kampala continuent, malgré leur démenti, d'aider les rebelles tutsis congolais du M23.

Cette année, près d'un demi-million de personnes ont été déplacées à la suite des combats entre cette milice rebelle et l'armée congolaise.

Le rapport cible plus particulièrement le ministre rwandais de la défense, le général James Kabarebe, présenté comme coiffant de facto la chaîne de commandement du M23.

Or, d'après un article du Guardian, James Kabarebe est "l'un des plus proches alliés du président [du Rwanda] Paul Kagamé".

Il était notamment à ses côtés lors de la campagne militaire qui a abouti au génocide des Tutsis, qui a fait 800 000 morts en 1994.

Selon les experts de l'ONU, la rébellion congolaise est aujourd'hui contrôlée par le général Bosco Ntaganda et par Sultani Makenga, tous deux recevant leurs instructions du général de l'armée rwandaise (FRD) Charles Kayonga, lui-même sous les ordres du ministre de la défense.

James Kabarebe dirigerait donc "une milice rebelle congolaise accusée de meurtres, de viols et autres atrocités". Pour le Guardian, ces révélations exigent du Royaume-Uni, "le principal donateur du Rwanda, à reconsidérer son soutien de plus en plus controversé à Kagamé".

Dans une interview au quotidien belge Le Soir, en août, James Kabarebe démentait toutefois cette thèse. "Le Rwanda est puni car il n'a pas coopéré avec la Cour pénale internationale ; cela, c'est le fond du problème. Tout le monde sait que le Rwanda n'a pas un seul soldat au sein du M23, ne lui donne aucun soutien", affirmait-il alors.


DES "CRIMINELS OCCUPANT DES POSITIONS DE POUVOIR"


Le rapport de l'ONU affirme aussi que des responsables ougandais de haut rang ont fourni aux insurgés congolais "des renforts de troupes (...), des armes, de l'assistance technique, de la planification conjointe, des conseils politiques ainsi qu'une aide dans le domaine des relations extérieures".

Le porte-parole du gouvernement de Kinshasa, Lambert Mende, a demandé mercredi que les personnalités mentionnées dans le rapport de l'ONU comme soutenant la rébellion fassent l'objet de sanctions des Nations unies.

"C'est plus important que jamais, étant donné que nous disposons aujourd'hui des preuves que le drame qui se joue actuellement au Nord-Kivu est l'objet de manipulations de criminels occupant des positions de pouvoir", a-t-il dit à Reuters.

A Kampala, le porte-parole de l'état-major ougandais, Felix Kulayigye, a rejeté les conclusions des experts de l'ONU en parlant à leur sujet de "sottises totales".

Bien que la RDC accuse régulièrement son voisin ougandais de s'ingérer dans ses affaires intérieures, depuis qu'un rapport d'étape de l'ONU a mis au jour, en juin, des liens entre Kampala et le M23, l'Ouganda a récemment cherché à faciliter une solution négociée au conflit.

Un diplomate rwandais de haut rang, Olivier Nduhungirehe, a estimé de son côté que les experts de l'ONU avaient été "autorisés à suivre un ordre du jour politique".

Le Monde.fr avec Reuters

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