Vendredi, 19 Octobre 2012

La gestuelle a tout expliqué sur ce que François Hollande et Joseph Kabila pense l'un de l'autre.
Au delà, il y a eu un grave un incident lors du tête à tête entre les deux chefs d'Etat, selon des sources dignes de foi. Le Français s'est permis de demander des comptes à son hôte sur l'affaire Floribert Chebeya et celui-ci lui a rétorqué séchement que cette question ne faisait pas l'objet de leurs discussions.
«Joseph Kabila a expliqué à Hollande que déontologiquement, il ne pouvait pas interférer dans une affaire qui suit son cours normal au niveau de la justice», ont rapporté des membres de l'entourage présidentiel. Comme pour rappel au «Président normal» l'indépendance de la justice sur laquelle les Occidentaux eux-mêmes ne transigent pas du tout.
Mais ici, y a-t-il indépendance de la magistrature lorsque le jugement avant dire droit sur le statut du Général John Numbi est renvoyé au 23 octobre, question d'éviter le pression d'avant-Francophonie.
A partir du Palais de la nation, le décor était planté pour la suite des événements dans la salle de congrès du Palais du peuple. Assis l'un à côté de l'autre, Hollande et Kabila se sont à peine regardés dans les yeux. Quand le second descend de la tribune après avoir prononcé son discours, son voisin ne se donne pas la peine de le congratuler, selon les us et coutumes en la matière.
Le président congolais le lui rendra bien aux termes d'une allocution où Hollande a dit a demi mot que les dernières élections n'ont pas permis aux Congolais d'exercer pleinement leurs droits de se choisir leurs dirigeants. D'autres Chefs d'Etat abonderont dans le même sens comme s'il s'étaient distribués les rôles avec Hollande.
A commencer par le Tunisien qui a exhorté a entreprendre des réformes avant de mettre en garde que si cela n'est pas fait, le peuple le fera lui-même.
Le Sénégalais Maki Sall, à son tour, a fustigé la logique de tout ou rien. Logique qu'applique Kabila au point qu'il multiple des stratagèmes, via son bras armé Aubin Minaku, pour empêcher les opposants de se choisir leur porte-parole.
Le Premier ministre canadien a enfoncé le clou avec une rengaine instante sur le respect des droits de l'homme. Dans la matinée, il avait été plus dur, dans une interview accordée à RFI, affirmant qu'il allait saluer Kabila mais par le rencontrer. Position relayée par la Premier ministre du Québec, Pauline Marois.
Les droits de l'homme sur lesquels Hollande a ajouté une touche particulière avec l'inauguration d'une médiathèque, au Centre culturel français, en mémoire de Floribert Chebeya. Allez-y demander aux diplomates la portée d'un tel geste, posé par un Chef d'Etat étranger sur le sol d'un autre Etat.
Tous ces discours et gestes mis en ensemble, le 14ème sommet de la Francophonie aura été l'occasion pour les hôtes de Joseph Kabila de venir lui dire la vérité chez lui, dans sa propre maison. Kinshasa avait voulu en faire le moment d'une restauration internationale, elle en est sortie avec une image davantage écornée.
Même son trompe-l'oeil de quelques artères réhabilitées et repeintes pour les besoins de la cause n'a pas résisté à la curiosité des médias francophones qui a ramené à la surface les réalités kinoises profondes. Réalités faites d'une existence sans eau ni électricité pour la majeure partie de Kinois et des Congolais.
Sur le boulevard du 30 juin, les caméras des confrères ont eu le temps de s'arrêter sur la façade de l'immeuble ex-Regina pour constater que derrière cette bâtisse recouvertes des vinyl aux couleurs de la Francophonie gît un chantier abandonné depuis des années dont le rez-de-chaussée sert de décharge publique.
La fête francophone passée, la tension n'a pas pourtant baissé. Bien au contraire. Retour chez lui, Alpha Condé a carrément fait état d'une dictature à Kinshasa. Kabila, de son côté, s'est vu renforcer avec les critiques de Blaise Campaoré contre Hollande en même qu'il a nargué celui-ci avec la visite d'Idriss Deby Itno au lendemain même de la clôture de la grande messe du Palais du peuple.
Deby a évité Hollande à Kinshasa, fâché que Paris lui ait demandé des explications sur le sort d'un opposant tchadien. Il a trouvé un allié objectif en Kabila qui porte le procès Chebeya comme une épine dans le pied. Alliance circonstancielle qui ne pourra pas peser face à la détermination de François Hollande qui a promis aux opposants de faire tout ce qui est à son pouvoir pour ...

MTN
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