La place Tahrir, épicentre de la révolte au Caire. La mobilisation ne montre aucun signe d'essoufflement, le 8 février 2011.
REUTERS/Asmaa Waguih
L'opposition égyptienne a démontré une nouvelle fois sa capacité à mobiliser les foules alors que le mouvement pour exiger le départ du président Hosni Moubarak est entré dans sa troisième semaine. Des dizaines de milliers de manifestants ont afflué le 8 février vers la place Tahrir du Caire, où campent depuis quinze jours un noyau d'irréductibles. Après avoir annoncé pour le 1er avril, une augmentation des retraites et des salaires pour les fonctionnaires et fait libérer 34 prisonniers politiques, le président égyptien lui, a décidé aussi la création d'une commission chargée d'amender la Constitution, dans le cadre du dialogue national entamé dimanche avec l'opposition y compris les Frères musulmans. Des mesures reçues plutôt fraichement par les manifestants.
Avec notre envoyée spéciale au Caire,
Toute une série de messages rassurants sont également envoyés aux milieux des affaires qui s’inquiètent sûrement aussi des conséquences de l’ouverture en justice de plusieurs dossiers de corruption contre certains d’entre eux qui ont ces dernières années un peu trop mélangé affaires et politique, argent public et fortune personnelle.
Enfin, les banquiers assurent que le pays ne manque ni de liquidités ni de sécurité financière. Ce qui reste à prouver.
Pour sa part, Omar Souleimane, le vice-président égyptien, a indiqué qu'une feuille de route claire a été mise en place avec un calendrier pour un transfert pacifique et ordonné du pouvoir. En attendant, Washington et Paris appellent à « l'émergence des forces démocratiques » en Egypte au cours d'une transition qui doit se dérouler « sans violence et aussi rapidement que possible », a déclaré mardi le ministre français de la Défense Alain Juppé lors d'un déplacement à Washington.
Les deux capitales ont réitéré leur appel à une transition démocratique en Egypte, après une rencontre le 8 février au Pentagone, entre le secrétaire américain à la Défense, Robert Gates et son homologue français Alain Juppé.
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Avec notre correspondant au Caire, Alexandre Buccianti Moubarak est toujours aux commandes Le président Moubarak est toujours aux commandes. C’est lui qui a signé le 8 février, les décrets de création d’un comité constitutionnel chargé d’amender les articles contestés par l’opposition et le comité chargé d’enquêter sur les incidents de la place Tahrir. Ces incidents remontent à mercredi dernier, quand les partisans de Hosni Moubarak ont attaqué les protestataires faisant une dizaine de morts et des centaines de blessés, majoritairement des manifestants. Les résultats de l’enquête seront déférés au parquet général pour engager les poursuites a annoncé le vice-président, Omar Souleimane. Il a aussi indiqué avoir transmis au raïs un rapport sur le dialogue qu’il a entamé avec l’opposition et des jeunes protestataires ainsi que les résultats atteints. Le raïs a bien accueilli ces données qu’il a jugées être un bon début et a demandé la poursuite du dialogue pour parvenir à une feuille de route. Un calendrier clair afin de faire avancer l’Egypte sur la voie d’une transition pacifique du pouvoir sous l’égide de la Constitution a précisé le vice-président. Le général Souleimane a enfin indiqué que le raïs avait donné ces directives pour que les jeunes protestataires ne soient pas poursuivis et continuent à jouir du droit et de la liberté d’expression. |




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